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Pourquoi Les Gens Ne Suivent-Ils Pas Leur Conscience Bien Qu'ils Sachent La Verite ?

La raison pour laquelle une personne ne se conforme pas à sa conscience réside dans la faiblesse de sa foi en Allah et en l'au-delà. Cette faiblesse mène à beaucoup de désordres psychiques, puisque l'on est alors moins enclin à écouter la voix de la conscience. Malgré la foi en l'existence d’Allah et Sa justice, cependant, pour des raisons diverses, on n'accomplit pas ce que l'on considère comme étant bon et juste. Dans le Coran, Allah nous informe que certains font du rejet sciemment bien qu'ils comprennent, et que leur conscience le leur rappellent :

Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore ; car il y a des pierres d'ou jaillissent les ruisseaux, d'autres se fendent pour qu'en surgisse l'eau, d'autres s'affaissent par crainte d’Allah. Et Allah n'est certainement jamais inattentif à ce que vous faites. (Sourate al-Baqarah, 74)

Voudriez-vous interroger votre Messager comme auparavant on interrogea Moïse ? Quiconque substitue la mécréance à la foi s'égare certes du droit chemin. (Sourate al-Baqarah, 108)

Ceux à qui Nous avons donné le livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d'entre eux cache la vérité, alors qu'ils la savent ! (Sourate al-Baqarah, 146)

Comment une personne peut-elle reconnaître la vérité et pourtant s'y opposer si fermement et intentionnellement ?

Nous avons cité les scientifiques évolutionnistes comme exemples de ceux qui refusent Allah bien qu'ils voient les preuves évidentes de Son existence de leurs propres yeux. D. M. S. Watson, fameux zoologiste et évolutionniste britannique, explique comment lui et ses collègues ont accepté l'évolution :

S'il en est ainsi, cela présentera un parallèle à la théorie de l'évolution elle-même, une théorie qui est universellement acceptée, non pas parce qu'elle peut être prouvée par des preuves logiques, cohérentes et donc vraies, mais parce que l'unique autre éventualité, la création spéciale, est totalement impensable. (Watson, D.M.S. (1929), Adaptation. Nature : 124, pp. 231-4)

Ce que Watson appelle "création spéciale" est bien évidemment la création d’Allah. Bien entendu, ce scientifique la considère "impensable", car il est conditionné pour nier l'existence du Tout Puissant. Tous les autres évolutionnistes adoptent la même position. Dans le Coran, de tels gens sont décrits de la façon suivante :

Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. Regarde donc ce qu'il est advenu des corrupteurs. (Sourate an-Naml, 14)

Parmi les raisons du rejet de la vérité, se trouvent la vanité et l'arrogance, qui sont les formes de ananiyyah (l'individualisme). Le terme ananiyyah vient de la racine ana, qui signifie "je". Il qualifie toute personne qui considère les hommes indépendants d’Allah et qui agit selon cet état d'esprit. Un tel individu pense alors qu'il est lui-même la source de toutes ses qualités. Cependant, tout ce qu'il possède appartient à Allah, qui peut les lui reprendre quand Il veut :

Il dit : "C'est par une science que je possède que ceci m'est venu. Ne savait-il pas qu'avant lui Allah avait fait périr des générations supérieures à lui en force et plus riches en biens ? Et les criminels ne seront pas interrogés sur leurs péchés!" (Sourate al-Qasas, 78)

La vanité empêche de voir clairement. Une personne vaniteuse se pense totalement autonome. Elle ne croit pas à sa faiblesse, et ne pense pas avoir besoin d’Allah. Aussi n'éprouvet-elle pas de sentiment de responsabilité envers autrui, ce qui augmente son arrogance. Cet orgueil l'empêche de reconnaître ce que sa conscience lui dicte et elle l'étouffe à chaque occasion que son intérêt est en jeu. Accepter l'existence d’Allah lui impliquerait d'accepter l'autorité d'un Etre supérieur, de se soumettre à Lui et d'être Son serviteur. Ce faisant, elle aura confirmé que rien ne vient d'elle-même et qu'elle a besoin de l'aide d’Allah en toutes circonstances.

Ce serait une grande erreur pour chacun de ne pas se sentir concerné par ce qui a été dit jusqu'ici. Il serait faux, par exemple, de supposer que le refus de la vérité malgré la voix de la conscience n'est propre qu'aux évolutionnistes. Il n'est là qu'un type de vanité. D'autres encore n'observent pas les commandements d’Allah bien qu'ils attestent de Son existence, car ils pensent que leurs propres pensées et leurs jugements sont plus corrects que les conseils d’Allah à l'humanité, qui pourtant sont destinés à toutes les époques. La vanité peut ainsi se révéler plus ouvertement chez certaines personnes et plus secrètement chez d'autres. Apparente ou cachée, elle se fonde sur la même logique : l'incapacité de saisir l'omnipotence (son pouvoir) d’Allah, Sa grandeur absolu et notre dépendance à son égard.

Ceux qui ne suivent pas leur conscience à cause de leur faiblesse

Nombre de gens ont une faible volonté. Puisqu'ils ne réfléchissent pas profondément et ne sentent pas le besoin de se servir de leur raison. Les gens faibles ne visent qu'à assouvir les besoins, les plaisirs et les passions éphémères. Peu sont ceux qui exercent profondément leur pensée ou qui essayent de s'améliorer. Faire preuve de moralité et vivre conformément à l'agrément d’Allah exige un sérieux effort de volonté. Il faut toujours se demander comment pouvoir faire mieux, comment pouvoir être plus humble, plus patient, plus tendre, plus concerné, plus préoccupé envers les croyants ; que faire pour davantage faire connaître la voie du salut de l'âme aux gens, les inviter à la sincérité et à l'honnêteté ; comment pouvoir les prévenir contre les croyances et les actions qui les égarent ; comment pouvoir se rapprocher davantage d’Allah. Il ne suffit pas uniquement de penser à ces questions. Il est important de faire des efforts pour mettre constamment en pratique ces principes. Celui qui ne se soucie que de son propre confort, qui ne fait pas de sacrifices et qui ne s'intéresse pas à la condition des gens autour de lui ne fera jamais l'effort nécessaire pour mettre en œuvre ce que sa conscience lui enjoint. Il est difficile pour ces personnes de faible volonté de faire un réel effort pour vivre l'Islam, donc ils l'ignorent ou le remettent indéfiniment à plus tard :

Et ceux qui recherchent l'au-delà et fournissent les efforts qui y mènent, tout en étant croyants… alors l'effort de ceux-là sera reconnu.(Sourate al-Isra, 19)

Ceux qui ne suivent pas leur conscience parce qu'ils ne sont pas constants

Ecouter sa conscience exige une fermeté profonde. Celui qui n'a pas fermement décidé de la suivre en toutes circonstances peut être facilement découragé après quelques essais ; il jugera que ses intérêts ont été lésés parce qu'il a fait des sacrifices et qu'il n'a pas pu obtenir les résultats qu'il pensait avoir mérités. Se conformer à la conscience lui paraît donc difficile et il y renonce.

Ecouter sa conscience demande certainement des sacrifices. Par exemple, c'est en vertu de sa conscience qu'un homme nécessiteux qui a faim ne vole pas, mais a recours à d'autres voies légitimes pour satisfaire son besoin, bien que cela puisse être peu aisé pour lui. Dans ces conditions apparemment difficiles, éviter de commettre un acte désapprouvé par Allah peut être considéré comme étant une entrave. Cependant, une personne qui écoute sa conscience agit pour gagner la vie future, plutôt que bénéficier des jours limités ici-bas et se comporte de la manière que Allah approuve.

Il est à noter que ce comportement doit être effectué purement pour Allah. Si un individu recherche, par son noble comportement, une compensation de la part des hommes, il sera souvent déçu. En revanche, un acte accompli avec l'espérance d'être récompensée par Allah, apporte un gain absolu à la personne. Dans le Coran, le caractère exemplaire du croyant est décrit en ces termes :

... et offrent la nourriture, malgré son amour [pour celle-ci], au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier, [disant]: "C'est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique." (Sourate al-Insan, 8-10)

Fonder sa vie sur l'Islam exige inévitablement certains sacrifices. Comme cela est peu commun dans une société où les individus ne craignent nullement Allah, la misère psychique et la détresse spirituelle y règnent. Notons que ceux qui suivent leur conscience en montrant une résolution ferme en raison de la crainte d’Allah constituent des sociétés très sûres et paisibles. Les autres n'auront comme récompense que le monde d'ici-bas. Allah gratifie, dans la vie future, ceux qui font des sacrifices malgré les attaques de l'âme passionnelle :

Allah les protégera donc du mal de ce jour-là et leur fera rencontrer la splendeur et la joie et les rétribuera pour ce qu'ils auront enduré, en leur donnant le paradis et des vêtements de soie, ils y seront accoudés sur des divans, n'y voyant ni soleil ni froid glacial Ses ombrages les couvrirent de près, et ses fruits inclinés bien-bas [à portée de leurs mains]. Et l'on fera circuler parmi eux des récipients d'argent et des coupes cristallines, en cristal d'argent, dont le contenu été savamment dosé. Et là, ils seront abreuvés d'une coupe dont le mélange sera de gingembre, puisé là-dedans à une source qui s'appelle Salasabil. Et parmi eux, circuleront des garçons éternellement jeunes. Quand tu les verras, tu les prendras pour des perles éparpillées. Et quand tu regarderas là-bas, tu verras un délice et un vaste royaume. Ils porteront des vêtements verts de satin et de brocart. Et ils seront parés de bracelets d'argent. Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisons très pure. Cela sera pour vous une récompense, et votre effort sera reconnu. (Sourate al-Insan, 11-22)

Il ne faut pas oublier que Allah promet d'assister Ses serviteurs, ceux qui se montrent endurants dans la recherche de Son agrément et de leur faciliter leurs efforts. Dans un verset, Allah dit ainsi :

Celui qui donne et craint [Allah] et déclare véridique la plus belle récompense Nous lui faciliterons la voie au plus grand bonheur. (Sourate al-Layl, 5-7)

Dans le Coran, Allah considère la fermeté comme une qualité qu'Il approuve. Dans la (Sourate Al-Kahf, on apprend que les jeunes croyants cités dans le verset 14 en sont pourvus, car Allah "a fortifié leurs cœurs" (Coran, 18/14). Nous lisons dans un autre verset que Allah "a obligé Son Messager et les croyants à une parole de piété" (Coran, 48/26). Dans d'autres versets encore, il est ordonné d'être ferme dans la religion :

Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de tout ce qui est entre eux. Adore-Le donc, et sois constant dans Son adoration. Lui connais-tu un homonyme ? ((Sourate Maryam, 65)

Ceux qui ne suivent pas leur conscience parce qu'ils pensent se suffire à eux-mêmes

Ce qui pousse souvent les hommes à inhiber la voix de la conscience est qu'ils pensent se suffire à eux-mêmes en toutes circonstances. A la question de savoir ce qu'ils pensent de l'Islam, la plupart des gens répondent qu'il suffit de ne faire de mal à personne et d'essayer d'être bon. C'est de l'aveuglement pur. Ce qui est important, c'est d'être un serviteur d’Allah et de vivre conformément à Ses ordres. A moins que l'homme n'obéisse à cela, toute chose qu'il fait est sans signification et finit par lui nuire :

Eh quoi ! Celui à qui on a enjolivé sa mauvaise action au point qu'il la voit belle…? – Mais Allah égare qui Il veut, et guide qui Il veut – Que ton âme ne se répande donc pas en regrets pour eux : Allah est parfaitement savant de ce qu'ils fabriquent. (Sourate Fatir, 8)

Croire que chacune de nos actions est toujours de notre seul fait et de notre seule volonté nous donne une certaine satisfaction et embellit ce que nous entreprenons. On se considère alors bon et généreux, et l'on croit plaire à Allah. Pourtant, la vérité est autre. Se croire autonome est la meilleure façon de s'égarer :

Prenez-garde ! Vraiment l'homme devient rebelle. Dès qu'il estime qu'il peut se suffire à lui-même [à cause de sa richesse]. ((Sourate al-Alaq, 6-7)

La signification linguistique du mot arabe mustaghni (suffisant) est "sans besoin, auto-satisfaction". Ce terme est utilisé dans le Coran pour décrire l'homme qui estime sa proximité à Allah, sa crainte d’Allah et de l'au-delà, ses bonnes actions et sa piété comme suffisants, et qui ne s'efforce donc pas à améliorer sa condition. La plupart des gens s'égarent de la voie d’Allah pour cette raison. Bien qu'ils croient se suffire à eux-mêmes, ils savent en effet dans leur conscience, qu' ils ne sont pas autonomes. C'est pourquoi ils évitent de parler de la mort, du jour du Jugement Dernier et de l'au-delà. Ils essayent de couper court à la conversation, dès qu'on évoque ces sujets, parce que c'est "déprimant” pour eux. La raison pour laquelle ils deviennent déprimés est qu'ils s'opposent à la réalité de leur état que leur conscience n'est pas sans ignoré :le leur rappeler les trouble.

Il n'est pas possible pour celui qui écoute sa conscience, de se croire autosuffisant, mustaghni. Au contraire, il est toujours dans la recherche du "mieux" et essaye de faire de son mieux dans toutes ses actions. Car la conscience morale de l'homme lui rappelle toujours le Jour du Jugement et le re-gard d’Allah. Lorsqu'il sait qu'il rendra des comptes à Allah pour la vie qu'il a menée ici-bas, il ne considère jamais ses actes suffisants. Il pratique assidûment et avec humilité les commandements de son Créateur.

Quiconque désire [la vie] immédiate, Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons, à qui Nous voulons. Puis, Nous lui assignons l'enfer où il brûlera méprisé et repoussé. Et ceux qui recherchent l'au-delà et fournissent les efforts qui y mènent tout en étant croyant. Alors l'effort de ceux-là sera reconnu. (Sourate al-Isra, 18-19)

Lutter dans le sentier d’Allah, en déployant des efforts en conséquence n'est sans nul doute rendu possible que selon la conscience morale. D'après la compréhension des ignorants, il convient de montrer un caractère "moyen" en conformité avec la tendance générale de la société. Nombreux sont ceux qui se voient suffisamment pieux tant qu'ils ne commettent pas des crimes tels que le meurtre, le viol ou le vol. Ils ne se rendent pas compte de tout ce qu'ils perdent complètement (bonnes œuvres, cultes). Ils cancanent, ils ne prient pas, ils n'essayent pas d'améliorer leur conduite et ils ne remercient pas leur Seigneur pour les faveurs qu'Il leur a accordées. Ils agissent injustement, selon leurs intérêts égoïstes, profèrent des mensonges pour dissimuler leur culpabilité, etc.. Le comportement de ces gens qui ne craignent pas de rendre des comptes dans l'au-delà est le signe de leur ignorance et de leur esprit borné.

Les Prophètes et les croyants cités dans le Coran fournissent les meilleurs exemples des plus hauts niveaux de la conscience. Le Prophète Yusuf - sur lui la paix -, par exemple, a prié Allah pour "mourir en parfaite soumission et rejoindre les vertueux" ((Sourate Yusuf, 101). Bien qu'il soit un Prophète choisi d’Allah, il a invoqué l'au-delà avec crainte et espoir. Cependant, les gens ignorants parlent comme s'ils étaient sûrs de mériter le paradis. S'ils continuent à vivre dans cette arrogance aveugle, ne risquent-ils pas de connaître une fin terrible :

Avant qu'une âme ne dise : "Malheur à moi pour mes manquements envers Allah. Car j'ai été certes, parmi les railleurs ; Ou qu'elle ne dise : Si Allah m'avait guidée, j'aurais été certes, parmi les pieux ; ou bien qu'elle ne dise en voyant le châtiment : Ah ! S'il y avait pour moi un retour ! Je serais alors parmi les bienfaisants. Oh que si ! Mes versets te sont venus et tu les a traités de mensonge, tu t'es enflé d'orgueil et tu étais parmi les incroyants. Et au Jour de la Résurrection, tu verras les visages de ceux qui mentaient sur Allah, assombris. N'est-ce pas dans l'enfer qu'il aura une demeure pour les orgueilleux?" (Sourate az-Zumar, 56-60)

Les excuses avancées pour ne pas suivre la conscience et sa morale

"Mais l'homme sera un témoin perspicace contre lui-même quand même il présenterait ses excuses." (Sourate al-Qiyamah, 14-15)

Chacun connaît indubitablement, la vérité grâce à sa conscience supraindividuelle ; néanmoins, il y en a qui avancent sans cesse des excuses pour ne pas accomplir les actes justes. Pour cette raison, ils se trouvent dans un état de malaise perpétuel. C'est en effet un fardeau intolérable pour la conscience d'une personne de commettre des actes en sachant qu'ils sont faux. Satan, cependant, leur enjolive leurs mauvaises actions et leur présente diverses façons de boucher leurs oreilles à la voix véridique qui est à l'intérieur d'eux. Alors qu'il est possible de mener une vie paisible en exerçant la justice, ces gens choisissent la voie difficile en couvrant leur conscience. Ceux qui suivent les pas de satan prétendent être sur la voie droite et avancent diverses excuses pour se comporter contrairement à l'Islam (la conformité au Divin). Certaines des excuses sont les suivantes :

“C'est le contenu du cœur qui importe”

Beaucoup de personnes ont développé une certaine résistance. Leur conscience confirme le vrai, alors que leur égo al- nafs les appelle au faux. Au point où lorsqu'ils hésitent à agir injustement, leur égo al-nafs intervient tout à coup et leur présente diverses excuses. En l'écoutant, ils se sentent soulagés et se convainquent qu'ils ne doivent pas trop réfléchir : ce qu'ils font n'est pas si grave. C'est même très insignifiant. Rien de mal ne s'en suivra. Leur cœur est si pur qu'ils ne seront pas affectés et resteront de bons hommes, tant qu'ils ne commettent aucun acte "grave" comme le meurtre ou le vol.

C'est pourquoi la majorité des gens peut facilement mentir, médire et se moquer des autres. Le mensonge est en totale contradiction avec la conscience de l'homme. Cependant, les gens feignent de ne pas entendre la voix qui leur commande la justice. Bien qu'ils ne pratiquent aucun acte d'adoration et ne suivent pas la moralité prescrite par l'Islam, ils pensent être des personnes justes et bienfaisantes. Cette approche est peu sincère et erronée.

A moins que la personne ne suive sa conscience morale, elle ne peut pas espérer une bonne récompense dans la vie future. En Elle peut prétendre, dans ce bas monde, avoir un cœur pur et être reconnue comme étant une bonne personne. Toutefois, elle doit s'attendre à tout autre chose dans l'au-delà. L'Islam n'interdit pas seulement le meurtre, le vol, l'adultère, etc. Il est par ailleurs des actes à accomplir et d'autres à éviter. L'Islam commande avant tout à l'homme d'être le serviteur d’Allah et de vivre pour Lui. Dans le Coran, Allah définit la "bonté pieuse" en ces termes :

La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la prière et d'acquitter la zakât. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux!" (Sourate al-Baqarah, 177)

Au lieu de se comparer aux prophètes ou aux gens vertueux décrits ci-dessus et d'essayer de s'améliorer, beaucoup de personnes se comparent aux oppresseurs injustes dans l'histoire, en disant : "Je ne suis pas aussi mauvais qu'eux. Je ne mérite donc pas la même punition." L'ignorance explique cette attitude. Allah a créé l'enfer avec différents niveaux. Chacun sera récompensé en fonction de ce qu'il a acquis ici-bas. Il faut noter que même la couche la plus élevée de l'enfer est une source de supplice insupportable, qui durera éternellement.

Donc, ceux qui disent : "Rien n'en sortira" ou "c'est le contenu de mon cœur qui importe et non pas ce que je fais en apparence" doivent penser à l'enfer, reconsidérer leurs décisions et écouter leur conscience morale.

"Le Coran ne le mentionne pas"

Il y a une idée fausse mais bien répandue : si tel ou tel acte n'est pas spécifiquement mentionné dans le Coran, à chacun de juger s'il est possible de l'accomplir ou non. Eviter de commettre une action considérée comme juste par la conscience morale parce qu'elle n'est pas mentionnée dans le Co-ran n'est rien d'autre que l'hypocrisie. Le Coran nous fournit la connaissance fondamentale pour vivre l'Islam et gagner l'agrément d’Allah. En outre, le Coran nous commande de suivre l'exemple du Prophète Mohammed (pbsl). Une personne sage essayera sincèrement de mener sa vie selon ces préceptes.

Dans le Coran, par exemple, Allah commande aux croyants de ne pas gaspiller leur temps :

... et quand ils entendent des futilités, ils s'en détournent et disent : "A nous nos actions, et à vous les vôtres. Paix sur vous. Nous ne recherchons pas les ignorants." (Sourate al-Qasas, 55)

Bienheureux sont certes les croyants ceux qui sont humbles dans leur prière, qui se détournent des futilités. (Sourate al-Muminune, 1-3)

Bien que le Coran ne spécifie pas exactement ce qui est considéré frivole, Allah a accordé la bonne conscience et la sagesse à Ses serviteurs sincères pour discerner, les futilités et les éviter. Chaque personne en est individuellement responsable.

Une personne de conscience n'entamera pas une conversation futile, laissant de côté des sujets tels que la grandeur d’Allah et la beauté de Sa création, en compagnie des gens qui ont une connaissance limitée de la religion. Sa conscience l'incitera certainement à parler avec eux de la façon la plus avantageuse pour leur situation dans l'au-delà et pour la sienne. Un musulman ne devrait jamais accomplir une action qu'il croit être vaine pour son au-delà, comme la lecture de magazines inutiles, regarder des programmes stupides à la télévision ou toute autre baliverne qui éloigne les gens du rappel d’Allah.

Lorsque dans une journée il faut faire des choix, on doit utiliser sa conscience morale pour trancher de la meilleure manière. Autrement, on peut penser qu'il est convenable d'agir avec la logique et de se dire : "Cet acte n'est pas interdit dans le Coran." On doit pourtant savoir qu'à moins d'agir en conformité avec l'agrément Divin en écoutant sa conscience morale et en prenant le messager d’Allah comme exemple, on se risque à un destin épouvantable dans l'au-delà. Plus grave encore, on ne sera pas capable de présenter les excuses aux-quelles on peut avoir recours ici-bas quand on rendra des comptes le Jour du Jugement Dernier. Ce jour-là, on dira à chaque homme :

"Lis ton écrit. Aujourd'hui, tu te suffis d'être ton propre témoin" (Sourate al-Isra, 14)

Ils diront :

"Notre Seigneur, Tu nous as fait mourir deux fois, et redonné la vie deux fois : nous reconnaissons donc nos péchés. Y a-t-il un moyen d'en sortir ?" ... Il en est ainsi car lorsque Allah était invoqué seul [sans associé], vous ne croyiez pas ; et si on Lui donnait des associés, alors vous croyiez. Le jugement appartient à Allah, Le Très Haut, Le Très Grand. (Sourate Gafir, 11-12)

Peu s'en faut que, de rage, il n'éclate. Toutes les fois qu'un groupe y est jeté, ses gardiens leur demandent : Quoi ! ne vous est-il pas venu d'avertisseur ? Ils dirent : "Mais si ! Un avertisseur nous était venu certes, mais nous avons crié au mensonge et avons dit : 'Allah n'a rien fait descendre : vous n'êtes que dans un grand égarement.' Et ils dirent : "Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise." Ils ont reconnu leur péché. Que les gens de la Fournaise soient anéantis à jamais. (Sourate al-Mulk, 8-11)

"Tout le monde fait la même chose"

Suivre la majorité est l'une des plus grandes erreurs que l'on puisse faire dans une vie. Chacun croit, inconsciemment que la majorité a raison.

Néanmoins, la plupart des gens peuvent avoir une compréhension très superficielle et faussée de l'Islam. Ils peuvent affirmer leur croyance en Allah et en l'au-delà, sans pour autant réfléchir à sa signification. Ils respectent les valeurs religieuses selon leur propre compréhension, mais ils expriment leur respect verbalement et non pas pratiquement. Ils pensent que la plupart des commandements de l'Islam ne sont plus obligatoires aujourd'hui. Selon cette mentalité, comme nous l'avons mentionné plus haut, il suffit qu'un homme ait "un cœur pur" et qu'il ne nuise à personne pour être "pieux". Il pourra attendre la vieillesse pour pratiquer.

Beaucoup de musulmans ont une telle compréhension erronée. Rien ne permet d'affirmer que la majorité a toujours raison et prend toujours la bonne décision. Au contraire, le Coran nous rapporte la mise en garde suivante :

Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier d’Allah : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. (Sourate al-Anam, 116)

Il apparaît donc que la conscience doit être le seul guide pour une personne dans la manière dont elle mène sa vie et pratique le Coran. Qui agit selon sa conscience n'attache jamais de l'importance à ce que la majorité dit ou fait. Il continue à écouter la voix de sa conscience et à suivre le livre d’Allah, même s'il se trouve seul sur ce chemin.

"Suivre le troupeau" représente un danger de nos jours. Une fois qu'une personne décide d'appliquer ce que sa conscience lui dicte, ni l'attitude, ni le point de vue de ceux qui l'entourent ne doivent l'affecter ou la détourner de son but. Chacun d'entre nous est responsable de faire ce que sa conscience et le Coran lui ordonnent. Il ne faut pas oublier que Allah met Ses serviteurs à l'épreuve. Un ami, par exemple, par lequel Allah nous épreuve, peut essayer de nous convaincre d'abandonner une décision juste que nous avons prise. Il est fait référence dans le Coran à ce genre d'amis :

Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n'avais pas pris "un tel" pour ami!… Il m'a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran], après qu'il me soit parvenu. Et le Diable déserte l'homme [après l'avoir tenté]. (Sourate al-Furqane, 28-29)

"Je le ferai dans l'avenir"

Bon nombre de gens pensent accomplir les actes d'adoration tels que le pèlerinage et les prières régulières pendant leur vieillesse. C'est parce que, consciemment ou pas, ils croient qu'ils seront privés de tous les plaisirs temporels en adoptant un mode de vie Islamique. Cependant, Allah déclare dans nombre de versets du Coran qu'Il étend Ses faveurs aux croyants dans ce monde et dans l'au-delà :

Et quand vous aurez achevé vos rites, alors invoquez Allah comme vous invoquez vos pères, et plus ardemment encore. Mais il est des gens qui disent seulement : "Seigneur ! Accorde-nous [le bien] ici-bas ! Pour ceux-là, nulle part dans l'au-delà. Et il est des gens qui disent : "Seigneur ! Accorde-nous belle part ici-bas, et belle part aussi dans l'au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu!" Ceux-là auront une part de ce qu'ils auront acquis. Et Allah est prompt à faire rendre compte. (Sourate al-Baqarah, 200-202)

Pour qu'une personne puisse apprécier les faveurs d’Allah, elle doit avoir la paix dans le cœur. Celui dont le cœur est agité ne sera pas capable de reconnaître les bénédictions innombrables d’Allah par lesquelles il est entouré, ni même d'y prendre plaisir. Les gens qui disent "je le ferai dans l'avenir" connaissent en fait la juste conduite et savent qu'ils devront changer leurs vies entières selon elle, s'ils écoutent leur conscience. Ils savent que, quand ils commencent à accomplir les prières régulièrement, la voix de leur conscience deviendra encore plus forte et ils auront honte de leurs mauvais actes. Le verset suivant indique que les prières guident chacun sur le droit chemin

Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis la prière. En vérité la prière préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d’Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites. ((Sourate al-Ankabut, 45)

Les gens qui comprennent cette vérité essayent d'échapper aux responsabilités qu'impliquent les actes d'adoration en trouvant des excuses : "Je les accomplirai quand je me marierai, quand j'aurai plus d'argent, quand mes enfants grandiront, etc." Cependant, le Jour des Comptes, l'homme rendra des comptes :

Vers ton Seigneur sera, ce jour-là, le retour. L'homme sera informé ce jour-là de ce qu'il aura avancé et de ce qu'il aura remis à plus tard. (Sourate al-Qiyamah, 12-13)

Remettre à plus tard est caractéristique des gens qui ne réfléchissent pas à la mort et à sa proximité. Nous ne savons pas quand, où et comment nous allons mourir. Nous savons tous que la mort ne frappe pas seulement les vieillards. Plusieurs personnes de tous les âges meurent de diverses causes, beaucoup d'entre eux perdent la vie d'une manière soudaine et inattendue. En lisant ce livre dans votre maison, vous pouvez vous sentir en sûreté. Néanmoins une chute dans les escaliers, un accident domestique ou une crise cardiaque pourraient causer votre mort à tout moment.

A la lumière de cette connaissance, comment est-il possible de remettre si aisément ce que la conscience commande ? Allah déclare que quiconque voit l'ange de la mort sera pris d'un grand remords pour les choses qu'il a remises ici-bas et dira : "Je regrette de ne pas avoir fait telle et telle chose." C'est un remords inconsolable sans aucune chance de retour.

Le jour où l'injuste se mordra les mains et dira : "[Hélas pour moi!] Si seulement j'avais suivi chemin avec le Messager!… Malheur à moi ! Hélas Si seulement je n'avais pas pris 'un tel' pour ami!… Il m'a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran] après qu'il me soi parvenu. Et le Diable déserte l'homme [après l'avoir tenté]." (Sourate al-Furqane, 27-29)

Allah ne punit pas les mauvais actes immédiatement, ce qui trompe les hommes et les pousse à croire qu'ils auront assez de temps pour réparer leurs torts. Si Allah avait puni chaque acte vil, au moment où il a été commis, personne ne récidiverait. Cependant, le fait que la punition soit remise est une épreuve pour distinguer ceux qui se conformeront à la vérité, qui se repentiront et se corrigeront, de ceux qui continueront dans l'erreur et ses méfaits. La chance que nous accord’Allah pour nous réformer dans cette vie est une mani-festation de Sa miséricorde éternelle :

C'est Lui qui nous a installés, par Sa grâce, dans la demeure de la stabilité, où nulle fatigue, nulle lassitude ne nous touchent. ((Sourate Fatir, 35)

Les gens ne doivent pas se laisser trompés par le fait que Allah ne châtie pas les mauvaises actions immédiatement, parce qu'ils seront assurément punis dans l'au-delà. Allah dit:

Ne vois-tu pas ceux à qui les conversations secrètes ont été interdites ? Puis ils retournent à ce qui leur a été interdit, et se concertent pour pécher, transgresser et désobéir au Messager. Et quand ils viennent à toi, ils te saluent d'une façon dont Allah ne t'a pas salué, et disent en eux-mêmes : "Pourquoi Allah ne nous châtie pas pour ce que nous disons ?" L'enfer leur suffira, où ils brûleront. Et quelle mauvaise destination ! (Sourate al-Mujadalah, 8)

Ceux qui évitent de penser à l'au-delà peuvent essayer d'apaiser leur conscience avec diverses excuses et mensonges. Rien de tout cela ne sera cependant acceptable au Jour des Comptes. Mentir à soi-même peut apporter une paix relative et aider l'homme à s'échapper de la vérité, mais seulement pour un temps. Il convient, cependant, de garder un point à l'esprit :

… tandis que ceux à qui le savoir et la foi furent donnés diront : Vous avez demeuré d'après le Décret d’Allah, jusqu'au Jour de la Résurrection, voici le Jour de la Résurrection. Mais vous ne saviez point. Ce jour-là donc, les excuses ne seront pas utiles aux injustes et on ne leur demandera pas à chercher à plaire à [Allah]. (Sourate ar-Rum, 56-57)

Au jour où leur excuse ne sera pas utile aux injustes, tandis qu'il y aura pour eux la malédiction et la pire demeure. (Sourate Gafir, 52)

 

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