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L'ternit a Dj Commenc - Harun Yahya

L'ETERNITE A DEJA COMMENCE



Le secret par- de l la matire


AVERTISSEMENT
Le chapitre que vous vous apprtez lire rvle les SECRETS CRUCIAUX de votre vie. Vous devriez le lire trs attentivement et avec beaucoup de prcaution car il concerne un sujet qui est susceptible de provoquer des changements fondamentaux dans votre perception du monde qui vous entoure, le concept de temps et de l'ternit. Le sujet de ce chapitre n'est pas qu'un point de vue, une approche diffrente ou une pense traditionnelle ou philosophique: il s'agit d'un fait que chacun d'entre nous, croyant ou incroyant, admettra et qui est aussi dmontr par la science aujourd'hui

Le concept de la "nature de la matire" est en mesure de changer notre perception de la vie et, en ralit, toute notre vie une fois son essence connue. Ce sujet est directement li au sens de votre vie, vos esprances, idaux, passions, dsirs, projets, aux concepts que vous prisez et ce que vous possdez matriellement.

La problmatique de ce chapitre, "la nature de la matire", est un sujet qui n'est pas en l'occurrence soulev pour la premire fois. A travers l'histoire de l'humanit, plusieurs penseurs et hommes de science ont discut de ce concept. Et ds le dbut, deux avis diffrents se sont opposs. D'un ct, ceux qui se sont fait connatre en tant que matrialistes ont bti leur philosophie et leur propre vie sur la ralit de l'existence de la matire et ont vcu en se mentant eux-mmes. De l'autre ct, ceux qui ont agi sincrement en n'ayant pas peur de rflchir plus profondment, ceux-l ont conduit leur existence en saisissant l'essence des "choses" face auxquelles ils taient exposs et le profond sens qui y tait attach. Cependant, l'volution dcisive de la science et des technologies notre poque mit fin cette controverse en dmontrant de manire indiscutable le fait tout fait vident que la matire n'a aucune existence relle.

L'importance du sujet vient de l'influence qu'il exerce sur la totalit de la vie de l'tre humain. Chaque personne a une dure de vie limite et chacun d'entre nous est mis l'preuve par Dieu pendant cette priode. Chaque individu sera par consquent strictement rcompens pour le chemin qu'il aura choisi de suivre, l'attitude qu'il aura eue et la personnalit qu'il aura montre dans ce monde. Sa vie ternelle aura la forme de ce qu'il aura mrit. Ceci signifie que dans sa vie ternelle, il sera rcompens selon la vie qu'il aura choisie dans le monde et n'aura, hlas pour lui, plus jamais l'occasion de s'amender de ses erreurs.

De ce point de vue, il est plus facile de comprendre la valeur de la vie des gens sur terre. D'o l'importance du sujet abord dans ce livre. A partir du moment o chacun a une courte priode de mise l'preuve et est rcompens ou puni pour ses actes dans son au-del ternel. Partant de l, il devient vident qu'il doit passer cette priode de vie de la manire la plus sage. S'il choue en cela, ses remords ultimes ne lui seront d'aucune utilit.

Le but de ce livre est d'aider l'homme avant qu'il n'atteigne le stade de la repentance sans aucune chance de pardon en "ce jour" o les hommes iront vers leur Crateur "seuls, tout comme Il les avait crs la premire fois". (Sourate El En'am - 6, verset 94)

De ce fait, la vritable nature de la matire a t en premier aborde partir d'une perspective scientifique. Comme nous l'avons expos plus tt, les sujets dcrits ne sont certainement pas une affaire d'opinion ou d'ide philosophique, mais de faits prouvs dans beaucoup de domaines de la science. Cependant, ce sujet n'est pas complexe, incomprhensible ou difficile saisir, comme on le suppose gnralement. Celui qui ne craint pas de rflchir et qui le fait sincrement sur la ralit de l'existence viendra facilement une conclusion trs importante en termes de vie personnelle, ds qu'il aura saisi ces faits.

Ce que vous lisez maintenant est peut-tre la clef beaucoup de questions que vous tiez jusqu'ici incapables de rsoudre ou de comprendre dans leur totalit; vous aurez une meilleure comprhension de concepts comme le paradis, l'enfer et l'au-del et apprendrez vivre en sachant le sens de vie.

La question controverse: quelle est la vritable nature de la matire?

Une personne qui contemple consciencieusement et avec sagesse l'Univers qu'elle habite, les galaxies, les plantes, et observe toute l'harmonie qui s'y trouve, la volont dans la structure de l'atome, l'organisation qu'elle dcouvre dans chaque partie de l'Univers, les espces vivantes innombrables autour d'elle, la faon dont elles vivent, leurs caractristiques tonnantes et enfin son propre corps, comprendrait immdiatement qu'il y a quelque chose d'extraordinaire tout cela. Elle comprendrait aisment que cet ordre parfait et toutes les subtilits qu'elle constate ne pourraient exister par eux-mmes, mais doivent certainement avoir un Crateur.

La question laquelle nous devons rpondre est: "Par qui toutes ces choses ont-elles t justement cres?"

Il est vident que "la ralit de la cration", qui saute aux yeux dans l'observation de l'Univers, ne peut tre un produit de l'Univers lui-mme. Par exemple, un paon avec ses couleurs et sa conception qui implique un art incomparable ne peut s'tre cr tout seul. Les quilibres minutieux dans l'Univers ne peuvent s'tre crs ou organiss seuls. Aucune plante, aucun tre humain, ni bactrie ou rythrocyte (un corpuscule de sang rouge), ni mme les papillons ne peuvent s'tre auto-crs. De plus, la possibilit que toutes ces entits pourraient tre nes "par hasard" n'est mme pas imaginable.

Il est clair que tout ce que nous voyons a t cr, mais rien de ce que nous voyons ne peut tre considr comme "crateur". Le Crateur diffre et est suprieur tout ce que nous voyons de nos yeux. Il est invisible, mais tout ce qu'Il a cr rvle Son existence et Ses attributs.

C'est sur ce point que ceux qui nient l'existence de Dieu hsitent. De tels gens ont t conditionns pour ne pas croire en Son existence moins qu'ils ne Le voient de leurs propres yeux. Selon eux, l'Univers entier est un tas de matire, se rpandant partout jusqu' l'ternit et Dieu n'est nulle part dans ce tas de matire. Et mme s'ils devaient se dplacer sur des milliers d'annes-lumire, ils ne rencontreraient Dieu nulle part. C'est la raison qui les fait nier Son existence. Ainsi, ces gens, qui ne connaissent pas la ralit de la "cration", sont forcs de rejeter sa ralit manifeste travers l'Univers en essayant de prouver que tous ceux qui y vivent n'ont pas t crs. Mais il leur est impossible de le faire, tellement l'Univers dans ses moindres recoins dborde de preuves de l'existence de Dieu.

L'erreur fondamentale de ceux qui nient Dieu est partage par beaucoup de personnes qui ne nient pas vraiment Son existence, mais ont une fausse perception de Lui. Ils ne nient pas les signes "de la cration" qui sont partout manifestes, mais ont des croyances superstitieuses propos du lieu "o" Dieu est. La plupart d'entre eux pensent que Dieu est en haut dans "le ciel". Ils imaginent tort que Dieu est derrire une plante trs loigne et ne s'occupe que de temps autre "des affaires temporelles" ou n'intervient peut-tre pas du tout. Ils imaginent qu'Il a cr l'Univers et l'a ensuite abandonn son sort, laissant les gens dterminer leurs propres destins pour eux-mmes.

D'autres personnes ont appris par le Qor'an que Dieu est "partout", mais ne peuvent concevoir ce que cela signifie exactement. Inconsciemment, elles pensent que Dieu entoure tout, comme des ondes hertziennes ou comme un gaz invisible et impalpable.

Cependant, tout cela ainsi que d'autres croyances qui sont trs confuses propos du lieu "o" Dieu est (et peut-tre cause de cela Le nient) ont pour origine une erreur commune. Ce sont des prjugs qui n'ont pas de raison d'tre et sont donc susceptibles de forger une fausse opinion de Dieu. Quel est donc ce prjug?

Ce prjug est propos de la nature et des caractristiques de la matire. L'homme est tellement conditionn dans ses hypothses propos de l'existence de la matire qu'il ne pense jamais si elle existe ou pas, ou si c'est seulement une ombre. La science moderne dtruit ce prjug et nous rvle une ralit trs importante. Dans les pages qui suivent, nous expliquerons ce qu'est cette grande ralit dont le Qor'an nous fait part.

Nous vivons dans un univers qui nous est propos par nos perceptions

Selon Albert Camus, nous pouvons comprendre et numrer les vnements par le biais de la science, mais nous ne pourrons jamais saisir l'Univers. Regardez l'arbre, vous sentez sa duret; voici l'eau, vous pouvez la goter. Sentez le vent, il vous rafrachit. Vous devez vous satisfaire de tout ce cela.1 Toute l'information que nous avons de la ralit du monde dans lequel nous vivons nous est transmise par nos cinq sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que nos yeux voient, nos mains ressentent, nos oreilles entendent, l'odeur que notre nez sent et enfin le got qui nous vient de notre langue. Et, comme nous avons t totalement dpendants de ces sens depuis notre naissance, nous ne pourrons jamais penser que le monde "externe" pourrait tre diffrent de ce que nos sens nous disent.

Mais la recherche scientifique moderne, dans diffrents domaines, nous apprend autre chose de trs diffrent et provoque de srieux doutes quant au monde que nous percevons par nos sens.

 

Les stimulations venant d'un objet sont converties en signaux lectriques et produisent des effets sur le cerveau. Lorsque nous "voyons", nous ne percevons en ralit que les effets de ces signaux lectriques sur le cerveau.

 

Ainsi, selon les dcouvertes scientifiques, ce que nous percevons comme tant "le monde externe", n'est que le rsultat du cerveau stimul par les signaux lectriques envoys par les organes de nos sens. Les couleurs multiples que vous percevez avec votre sens de la vue, le sentiment de duret ou de douceur transmis par votre sens du toucher, les gots que vous prouvez par votre langue, les notes et les sons diffrents que vous entendez avec votre oreille, la varit des parfums que vous sentez, votre travail, votre maison, tous vos biens, les lignes de ce livre et plus encore, votre mre, votre pre, votre famille, le monde entier que vous voyez depuis toujours et avez appris connatre et auquel vous tes habitus o que vous soyez, tout cela n'est purement et simplement, que le rsultat des signaux lectriques envoys par les organes de vos sens au cerveau. Quoique cela semble difficile admettre en premire analyse, c'est un fait scientifique. Des philosophes aussi clbres que Bertrand Russell et L. Wittgeinstein nous donnent cet avis sur le sujet:

"Si un citron, par exemple, existe vraiment ou pas et comment il en est venu exister ne peut tre mis en doute ou examin. Un citron consiste uniquement en un got ressenti par la langue, une odeur sentie par le nez, une couleur et une forme perues par l'il; et seules ces fonctions peuvent tre, peu prs, soumises l'examen et l'valuation. La science ne pourra jamais connatre le monde physique." 2

Frederick Vester nous explique jusqu'o la science est alle dans la connaissance de ce sujet:

"Les affirmations de certains hommes de science pour qui 'l'homme est une image, tout ce qui est expriment est temporaire et trompeur, et que cet Univers est une ombre', semblent tre prouves par la science aujourd'hui." 3

Quant au clbre philosophe, George Berkeley, sa rflexion sur le sujet peut tre rsume en ces termes:

"Nous ne croyons en l'existence d'objets que parce que nous les voyons et les touchons et parce qu'ils nous sont reflts par nos perceptions. Cependant, nos perceptions ne sont que des ides dans notre esprit. Ainsi, les objets que nous captons par des perceptions ne sont que des ides et ces ides ne sont rellement nulle part, mais en notre esprit Comme elles existent uniquement dans l'esprit, cela signifie alors que nous sommes sduits par des mensonges lorsque nous imaginons que l'Univers et les choses ont une existence propre en dehors de nos esprits. Ainsi, aucune des choses qui nous entourent n'a une existence relle." 4

Pour mieux comprendre le sujet, prenons le cas du sens de la vue, celui qui nous fournit l'information la plus riche sur le monde externe.

Comment les organes de nos sens fonctionnent-ils?

Peu de personnes rflchissent rellement pour savoir comment nous arrivons voir. A la question: "Comment voyons-nous?", tout le monde rpond en disant: "De nos yeux, bien sr". Cependant, quand nous regardons l'explication technique du processus de la vision, il semble que ce n'est pas tout fait le cas. L'acte de voir se fait progressivement. Des rayons (des photons) vont de l'objet l'il en passant par la lentille sur le devant de l'il o ils sont rfracts et forment une image inverse sur la rtine l'arrire de l'il. A ce stade, la lumire qui frappe l'il est transforme en signaux lectriques transmis par des neurones un endroit minuscule appel le centre de la vision qui se situe l'arrire du cerveau. La vision a en ralit lieu dans cet endroit minuscule dans la partie postrieure du cerveau, qui est tout noir et compltement isol de la lumire.

Maintenant, reconsidrons le processus apparemment ordinaire et sans particularit. Lorsque nous disons, "nous voyons", nous ne voyons en fait que les effets d'impulsions atteignant nos yeux et introduites dans notre cerveau, aprs qu'ils sont transforms en signaux lectriques. En fait, quand nous disons "nous voyons", nous observons en ralit l'ensemble des signaux lectriques dans notre cerveau. De ce fait, voir n'est pas un processus qui se ralise dans l'il; notre il n'est que l'organe de nos sens qui va servir de moyen dans le processus de la vision.

Les rayons de lumire venant d'un objet forment sur la rtine une image inverse, comme nous pouvons le voir sur cette photo. Ici, l'image est convertie en signaux lectriques puis transmise au centre de la vision l'arrire du cerveau. Le centre de la vision est un tout petit endroit. Le cerveau tant isol de la lumire, il est impossible la lumire d'atteindre le centre de la vision. Cela signifie que nous voyons un vaste monde de lumire et de profondeur dans un espace trs rduit et totalement isol de la lumire. Mme lorsque nous ressentons la lumire et la chaleur d'un feu, tout reste compltement sombre l'intrieur du cerveau, et la temprature est invariable.

Toutes les images que nous voyons dans notre vie sont formes dans notre centre de la vision. Cet endroit est de la taille d'une noix et ne compte que quelques cm3 du volume du cerveau. Le livre que vous avez entre les mains, l'cran de l'ordinateur qui vous fait face, l'immensit du paysage que vous voyez quand vous regardez l'horizon, la mer sans fin et une foule de gens qui participent un marathon, tous tiennent dans cet espace minuscule. Un autre point doit tre gard l'esprit: comme nous l'avons dj signal, le cerveau est compltement isol de la lumire; tout l'intrieur est absolument sombre. Le cerveau n'a aucun contact avec la lumire en tant que telle. Cet espace, que l'on appelle le centre de la vision, est un endroit compltement sombre o la lumire ne pntre jamais. Il s'agit d'un lieu si sombre que vous n'avez probablement jamais vu, nulle part, de lieu quivalent. Et malgr cela, vous arrivez voir un monde fait de couleurs et de lumire dans cette obscurit totale. Une nature multicolore, un paysage rayonnant, tous les tons du vert, toutes les couleurs des fruits, tous les motifs sur les fleurs, la luminosit du soleil, tous les gens dans une rue bonde, des vhicules se dplaant grande vitesse au milieu de la circulation, des centaines de vtements dans un centre commercial et absolument tout le reste ne sont que des images formes dans cet endroit compltement sombre. Mme la formation des couleurs dans cette obscurit n'a toujours pas t dcouverte. Klaus Budzinski commente:

"Les 'chromatistes' sont incapables de dire comment le rseau dans l'il, qui peroit aussi bien la lumire que les couleurs, transmet cette information au cerveau par les nerfs optiques et quel type de stimulations physiologico-physiques cela cre-t-il dans le cerveau?" 5

Nous pourrons expliquer cette situation intressante par un exemple. Supposons qu'une bougie brle devant nos yeux. Nous pourrons rester assis face cette bougie et l'observer en dtail. Cependant, pendant toute cette dure de temps notre cerveau n'a jamais de contact direct avec la lumire originale de la bougie. Mme lorsque nous ressentons la chaleur et la lumire de la bougie, l'intrieur de notre cerveau il fait compltement sombre et la temprature ne change jamais. Et pourtant, nous voyons un monde de couleur et de lumire depuis ce cerveau compltement sombre.

Il en est de mme avec la lumire du soleil. Votre il bloui par la lumire du soleil ou votre sensation de chaleur brlante sur la peau ne change pas le fait que ce ne sont que de simples perceptions et le centre de la vision reste compltement sombre.

R. L. Gregory donne l'explication suivante des aspects miraculeux de la vision - quelque chose que nous prenons tellement pour acquis:

"Nous sommes tellement familiers avec la vue, qu'il nous faut un 'sursaut' d'imagination pour comprendre qu'il y a des problmes rsoudre. Mais rflchissez bien. Nous percevons avec les yeux de minuscules images dformes et inverses et nous arrivons voir des objets solides et distincts dans notre espace environnant. A partir de diffrents types de simulations sur les rtines nous percevons un monde d'objets. Ce n'est rien moins qu'un miracle." 6

La mme situation s'applique tous nos autres sens. Le son, le toucher, le got et l'odeur sont tous perus sous forme de signaux lectriques par le cerveau.

Le sens de l'oue fonctionne sur le mme modle que celui de la vue. L'oreille externe capte des sons par le pavillon auriculaire et les dirige vers l'oreille moyenne. L'oreille moyenne transmet les vibrations du son l'oreille interne et les intensifie. L'oreille interne traduit les vibrations en signaux lectriques qu'elle renvoie vers le cerveau. Tout comme pour l'il, l'acte d'entendre se fait dans le centre de l'audition, dans le cerveau.

Ce qui est vrai de l'il l'est aussi de l'oreille, c'est--dire que le cerveau est isol du son comme il l'est de la lumire. Peu importe donc, si l'extrieur c'est bruyant, le cerveau, lui, reste dans un silence total. Nanmoins, mme les sons les plus subtils sont perus dans le cerveau. Ce processus est si fin que l'oreille d'une personne saine peut tout entendre sans aucun bruit atmosphrique ou interfrence. Dans votre cerveau, qui est isol du son et o gt un silence de mort, vous pouvez couter les symphonies d'un orchestre, entendre tous les bruits d'une place bonde de monde et percevoir tous les sons dans une large gamme de frquence, de la chute d'une feuille au vrombissement d'un avion raction. Cependant, si ce moment-l le niveau du son dans votre cerveau devait tre valu par un appareil de mesure, on dcouvrirait que le silence complet y a prvalu.

Notre perception de l'odeur fonctionne de faon similaire. Des molcules volatiles mises par des objets tels que la vanille ou une rose atteignent les rcepteurs sur les poils dlicats de la rgion pithliale du nez et deviennent impliques dans une interaction. Cette interaction est transmise au cerveau en tant que signal lectrique et perue comme une odeur. Tout ce que nous sentons, que cela soit plaisant ou dsagrable n'est que la perception du cerveau des interactions de molcules volatiles une fois transformes en signaux lectriques. Vous percevez dans votre cerveau l'odeur d'un parfum, d'une fleur, de la nourriture que vous aimez, de la mer, ainsi que d'autres odeurs que vous aimez ou dtestez. Les molcules, elles-mmes, ne sont jamais en contact direct avec le cerveau. Et tout comme pour le son et la vue, ce qui atteint votre cerveau lorsque vous sentez une odeur, c'est uniquement un ensemble de signaux lectriques. Autrement dit, toutes les odeurs que vous avez considres depuis votre naissance comme appartenant aux objets externes ne sont que des signaux lectriques vhiculs par les organes de vos sens. Berkeley dit ce propos:

"Au dbut, on croyait que les couleurs, les odeurs etc. 'existaient vraiment', mais par la suite on a renonc ces hypothses et on a compris qu'elles n'existaient qu'en fonction de nos sensations." 7

De faon similaire, il existe quatre diffrents types de rcepteurs chimiques dans la partie situe sur le devant de la langue d'un tre humain. Ils composent les diffrents gots connus: le sal, le doux, l'aigre et l'amer. Ces rcepteurs de got transforment les perceptions en signaux lectriques par une chane de processus chimique puis les transmettent au cerveau. Ces signaux sont perus comme des gots par le cerveau. Le got que vous prouvez quand vous mangez une barre de chocolat ou un fruit que vous aimez est l'interprtation des signaux lectriques par le cerveau. Vous ne pourrez jamais approcher l'objet dans le monde externe; vous ne pourrez jamais voir, sentir ou goter le chocolat en question. Si, par exemple, les nerfs de got qui vont vers le cerveau sont sectionns, votre cerveau ne pourrait connatre le got de ce que vous avez mang; dans ce cas, vous perdriez compltement votre sens du got.

A ce stade, nous voil face un nouveau fait:

Nous ne saurons jamais si ce que nous gotons, lorsque nous mangeons, sera identique ce qu'une autre personne prouvera en mangeant la mme nourriture. Comme nous ne saurons jamais si la voix que nous entendons sera perue l'identique par une autre personne qui l'entendrait. Lincoln Barnett nous dit que personne ne peut savoir si une autre personne peroit la couleur rouge ou entend la mme note de musique de la mme faon qu'elle le fait elle-mme.8

Nous ne savons que ce que les organes de nos sens nous "apprennent". Il nous est impossible d'atteindre directement la ralit physique qui est extrieure nous. C'est nouveau le cerveau qui l'interprte. Nous ne pouvons jamais atteindre "l'original". Ainsi, mme lorsque nous parlons de la mme chose, l'intelligence de l'autre peut percevoir quelque chose de diffrent. L'explication est que ce qui est peru dpend du rcepteur.

La mme logique s'applique au toucher. Lorsque nous touchons un objet, l'information qui nous aidera reconnatre le monde externe et les objets qui s'y trouvent est transmise au cerveau par les nerfs sensoriels situs sur la peau. Le sentiment de contact nat dans notre cerveau. Contrairement la croyance gnralement admise, le lieu o nous percevons le sens du toucher n'est pas au bout de nos doigts, ou sur notre peau, mais au centre de perception du contact dans notre cerveau. Et, parce que c'est le cerveau qui interprte les stimulus lectriques venant d'objets divers, nous les ressentons diffremment. A titre d'exemple, ils peuvent tre durs ou doux, chauds ou froids. Nous obtenons tous les dtails qui nous aident reconnatre un objet grce ces stimulus. Le clbre philosophe Bertrand Russell remarque ce propos:

"Quant au sens du toucher, quand nous appuyons de nos doigts sur la table, c'est une perturbation lectrique que nous provoquons sur les lectrons et les protons des bouts de nos doigts; cela est le rsultat, selon la physique moderne, de la proximit des lectrons et des protons dans la table. Si la mme perturbation survient au bout des doigts d'une autre faon, nous devrions avoir les mmes sensations mme s'il n'y avait pas de table." 9

Que le monde externe puisse tre compltement identifi par les sens est un fait scientifique. Dans son livre A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge (Trait sur les principes de la connaissance humaine), George Berkeley fait les remarques suivantes:

"Grce la vue, j'ai les notions de lumire et de couleurs, avec leurs diffrents degrs et variations. Par le contact je perois ce qui est dur et mou, la chaleur et le froid, le mouvement et la rsistance L'odorat me pourvoit en odeurs; le palais me dit le got; et l'audition transmet des son Et comme la plupart de ces sensations sont appeles s'assembler, elles viennent tre spcifies par un nom et ainsi tre reconnues comme une chose. Ainsi, par exemple on estime une certaine couleur, un got, une odeur, une forme et une consistance se convenir pour tre associes et devenir une chose bien distincte, signifie par le mot de pomme; d'autres ensembles d'ides constituent une pierre, un arbre, un livre, des choses sensibles et ainsi de suite" 10

Donc, en traitant les donnes dans les centres de la vision, de l'audition, de l'odeur, du got et du toucher, notre intelligence, au cours de notre vie, n'est pas confronte "l'original" de la matire existante qui est extrieure nous, mais plutt la copie forme l'intrieur de notre cerveau. C'est en cela que nous sommes induits en erreur en prenant ces copies pour la matire relle qui est extrieure nous. Mais, comme nous l'avons vu jusque-l, il existe aussi des penseurs et des scientifiques qui n'ont pas t leurrs par une ide aussi fausse et qui ont compris toute sa ralit.

Mme Ali Demirsoy, un des matrialistes turcs les plus clbres, a reconnu cette vrit:

"En ralit, il n'y a ni lumire comme nous la voyons, ni son comme nous l'entendons, ni chaleur comme nous la ressentons dans l'Univers. Les organes de nos sens nous induisent en erreur entre le monde externe et le cerveau et nous entranent faire des interprtations qui sont sans rapport avec la ralit dans le cerveau." 11

Passons-nous la totalit de notre vie dans notre esprit?

A partir des faits physiques dcrits jusqu'ici, nous pouvons conclure par ce qui suit: tout ce que nous voyons, touchons, entendons et percevons comme tant "la matire", "le monde" ou "l'Univers" ne sont que des signaux lectriques qui se produisent dans notre cerveau. Ainsi, lorsqu'une personne boit un jus d'orange, elle n'est pas confronte la boisson relle mais sa perception dans le cerveau. Les objets considrs par un observateur comme tant "une boisson" consistent en ralit en impressions lectriques de couleur orange, de got doux et de sentiment de liquide du jus d'orange dans le cerveau. La situation n'est pas diffrente quant au chocolat en tant qu'aliment; les donnes lectriques se rapportant la forme, au got, l'odeur et la solidit du chocolat sont perues dans le cerveau. Si les nerfs optiques qui vont vers le cerveau devaient tre subitement sectionns, l'image du chocolat disparatrait aussi soudainement. Une rupture du nerf qui relie les dtecteurs du nez au cerveau interromprait compltement le sens olfactif.

Plus simplement, l'arbre que vous voyez, les objets que vous sentez, le chocolat que vous gotez et le jus d'orange que vous buvez ne sont que l'interprtation du cerveau des signaux lectriques.

Un autre point qui doit tre pris en compte mais pourrait tre trompeur, est le sens de la distance. Ainsi, titre d'exemple, la distance qui vous spare du livre que vous tenez n'est qu'une apparence d'espace forme dans votre cerveau. Les objets qui semblent tre loigns de notre point de vue n'existent que dans le cerveau. Une personne qui observe les toiles dans le ciel suppose qu'elles sont des millions d'annes-lumire d'elle. Encore que ce qu'elle "voit" ne sont en ralit que les toiles qui sont en elle, dans son centre de la vision. Pendant un voyage, celui qui regarde une ville d'un avion pense qu'elle est des kilomtres de lui. Mais en ralit, toute la ville, en longueur et en largeur, est l'intrieur de son cerveau ainsi que tous ceux qui y vivent.

Aujourd'hui, toutes les donnes scientifiques prouvent que l'image que nous percevons est forme dans notre cerveau.

Tout ce que nous voyons durant notre vie est form dans la partie arrire du cerveau appele "centre de la vision" qui n'occupe que quelques cm3. Aussi bien l'image d'une petite pice que l'immensit du paysage, que vous pouvez voir l'horizon, toutes les deux sont inclues dans cet espace minuscule. Ainsi, nous voyons des objets qui existent l'extrieur non pas dans leur taille relle existant l'extrieur mais dans des tailles perues par notre cerveau.

Il existe aussi autre chose qui nous induit en erreur, mais il s'agit l d'un facteur trs important. Tandis que vous lisez ces lignes, vous n'tes pas, en ralit l'intrieur de la pice dans laquelle vous croyez tre; au contraire, la pice est l'intrieur de vous. En vous regardant, vous tes convaincus que vous en tes l'intrieur. Mais, vous devez vous rappeler que mme votre corps est une image forme l'intrieur de votre cerveau. Bertrand Russell apporte quelques lments de rponse:

"Ce que nous pouvons dire, sur la base mme de la physique, est que ce que nous avons jusqu'ici appel notre corps est en ralit une construction scientifique complexe ne correspondant aucune ralit physique." 12

La vrit est on ne peut plus claire. Si nous pouvons percevoir le monde externe uniquement par les organes de nos sens, il n'y a donc aucune raison cohrente pour nous de considrer que notre corps est spar du monde externe, c'est--dire, d'admettre que notre corps a une existence spare.

Notre corps se manifeste aussi grce aux stimulations lectriques (des impulsions) qui vont jusqu'au cerveau. Ces impulsions, comme toutes les autres, sont converties en sensations, ou en sentiments dans notre cerveau. Par exemple, la sensation de contact lorsque nous touchons notre corps de notre main, le sentiment de poids provoqu par la pesanteur, la sensation de voir grce aux rayons reflts par notre corps, etc. tout cela est considr comme "un ensemble de sentiments" par le cerveau et nous "ressentons" donc notre corps. Et, comme nous l'apprenons de ces faits scientifiques, toute notre vie, nous ne serons pas confronts notre corps original, mais aux impulsions se rapportant notre corps que reoit notre cerveau. Et ce sont ces impulsions que l'on identifiera comme tant "notre corps" selon notre perception.

Ce sera exactement identique pour toutes vos autres perceptions. Ainsi, quand vous pensez que vous entendez le son de la tlvision dans la chambre d' ct, en ralit, vous percevez le son l'intrieur de votre cerveau. Vous ne pouvez prouver ni qu'une pice existe ct de la vtre, ni qu'un son vient de la tlvision dans cette pice. Aussi bien le son que vous pensez provenir de quelques mtres plus loin, qu'une conversation d'une personne directement ct de vous, tout cela est peru dans le centre de l'audition situ dans votre cerveau et qui n'est que de quelques cm3 de taille. Mais dans ce centre de perception, aucun concept tel que droite, gauche, devant ou derrire n'existe. Cela signifie que le son ne vous vient pas de droite, de gauche ou d'ailleurs car il n'y a aucune direction d'o vient le son.

Les odeurs que vous percevez passent par le mme processus; aucune d'elles ne vous parvient d'une grande distance. Vous supposez que les effets produits qui se forment dans votre centre de l'odorat sont les odeurs des objets qui existent dans le monde externe. Cependant, tout comme l'image d'une rose est dans votre centre de la vision, son odeur est dans votre centre de l'odorat; il n'y a ni rose, ni odeur qui y correspond dans le monde externe.

Les mmes ralits sont aussi valables pour ce qui est de la chaleur. Un des principaux philosophes de son temps, George Berkeley, explique grce l'exemple suivant que l'on ne peut pas juger des sens comme le froid et le chaud pour dire qu'ils existent l'extrieur de notre esprit:


Les dcouvertes de la physique moderne montrent que l'univers est un ensemble de perceptions. La question suivante apparat sur la couverture du clbre magazine scientifique amricain, New Scientist, qui a trait du sujet dans son dition du 30 janvier 1999: "Au-del de la ralit: l'Univers n'est-il vraiment qu'une information primaire trompeuse et la matire qu'un mirage?"
"Supposons maintenant qu'une de vos mains est chaude et que l'autre est froide, ensuite que les deux mains sont immdiatement mises dans la mme bassine d'eau une temprature intermdiaire; cela ne ferait-il pas croire une main que l'eau est froide et l'autre qu'elle est chaude?" 13

Berkeley a raison dans son analyse. Si l'eau, en tant que matire, avait t chaude ou froide, les deux mains auraient ressenti la mme chose.

Le "monde externe" qui nous est accessible par nos perceptions est simplement un ensemble de signaux lectriques atteignant notre cerveau. Au cours de notre vie, notre cerveau traite et interprte ces signaux et nous vivons sans reconnatre que nous nous trompons en supposant que ce sont les versions originales de choses existant dans "le monde externe". Nous sommes induits en erreur parce que nous ne pourrons jamais atteindre ces entits elles-mmes au moyen de nos sens. Ce point est extrmement important.

En outre, notre cerveau, nouveau, interprte et attribue un sens aux signaux que nous considrons comme tant "le monde externe". Prenons uniquement pour exemple le sens de l'oue. Notre cerveau transforme les ondes sonores du "monde externe" en rythme. C'est--dire que la musique est aussi une perception produite par notre cerveau. De la mme

manire, quand nous voyons des couleurs, en ralit cela signifie que nos yeux sont simplement soumis un ensemble de signaux lectriques de longueurs d'ondes diffrentes. Notre cerveau transforme nouveau ces signaux en couleurs. Mais, il n'existe pas de couleurs dans "le monde externe". Le citron n'est pas plus jaune que le ciel n'est bleu, ni que les arbres ne sont verts non plus. Ils sont comme ils sont seulement parce que nous les percevons ainsi. Le "monde externe" dpend entirement de celui qui le peroit. Le daltonisme est, ce sujet, la preuve la plus vidente. Mme le dfaut le plus lger dans la rtine de l'il peut tre la cause du daltonisme. Certaines personnes prennent le bleu pour du vert, d'autres voient du rouge la place du bleu. Or, ce stade, il n'est pas si important que l'objet l'extrieur soit color ou non.

Et, selon Berkeley, le clbre penseur:

"Si les mmes choses peuvent tre la fois rouges et chaudes pour certains et le contraire pour d'autres, cela signifie que nous sommes sous l'influence d'ides fausses et que "les choses" n'existent que dans notre cerveau." 14

Enfin, pour conclure, si nous voyons des objets apparemment colors, ce n'est pas parce qu'ils le sont effectivement ou parce qu'ils ont matriellement une existence indpendante en dehors de la ntre. En ralit, si les couleurs avaient exist dans un monde externe, un dfaut tel que le daltonisme n'aurait jamais exist. La ralit de la matire est que, l'vidence, toutes les qualits que nous attribuons aux objets sont en ralit en nous-mmes et non pas dans un espace qui serait "le monde externe".

L'existence d'un "monde externe" est-elle indispensable?

Jusqu' maintenant, nous n'avons cess de parler de l'existence d'un monde de perceptions form dans notre esprit et avons affirm que nous ne pourrons, en ralit, jamais l'atteindre. Alors, comment pouvons-nous tre aussi srs qu'un monde pareil existe rellement?

En fait, nous ne le pouvons pas. Sachant que chaque objet n'est qu'un ensemble de perceptions et que ces perceptions n'existent que dans l'esprit, il est plus judicieux d'affirmer que le seul monde qui existe rellement est le monde des perceptions. Le seul monde dont nous avons connaissance est le monde qui existe dans nos esprits: celui qui est conu, mmoris et qui existe cet endroit prcis, pour rsumer, celui qui est cr dans notre esprit. C'est le seul monde dont nous pouvons tre srs.


Suite des stimulus artificiels, un monde physique aussi vrai et raliste que l'original peut tre produit dans notre cerveau mme en l'absence du monde physique. Suite des stimulus artificiels, une personne peut imaginer qu'elle vole en avion alors qu'elle est en ralit assise chez elle.

Nous ne pourrons jamais prouver que les perceptions que nous dtectons dans notre cerveau ont des corrlations matrielles. Mais, nous pouvons concevoir qu'elles proviennent d'une source "artificielle".

Nous pouvons le voir grce l'exemple suivant:

D'abord, imaginons que nous prenions votre cerveau hors de votre corps et le maintenions artificiellement en vie dans un bocal en verre. A ses cts, nous aurions un ordinateur grce auquel toutes sortes de signaux lectriques peuvent tre mises. Ensuite, produisons et enregistrons artificiellement dans cet ordinateur les signaux lectriques des donnes relatives une scne qui comprendrait l'image, le bruit, l'odeur, la solidit et la douceur, le got, et l'apparence du corps. Cette exprience avec votre cerveau, que nous avons extrait hors de votre corps sera ralise au sommet d'une montagne dserte. Enfin, connectons l'ordinateur au cerveau grce des lectrodes qui fonctionneront comme les nerfs. Ils enverront les donnes prenregistres votre cerveau qui se trouve maintenant tout en haut, au-dessus des nuages. Pendant que votre cerveau (qui est littralement vous) peroit ces signaux, il verra et vivra la scne programme. Supposons, par exemple, que chaque dtail qui vient l'esprit au sujet d'un match de football dans un stade soit produit ou enregistr de manire ce que ce soit peru par les organes des sens. Dans votre cerveau, livr lui-mme au sommet de la montagne, mais reli cet instrument d'enregistrement, vous auriez le sentiment de vivre dans ce dcor artificiellement cr. Vous penseriez assister au match. Vous encourageriez, vous seriez parfois fch et parfois heureux. Bien plus, vous vous cogneriez souvent d'autres personnes en raison de la foule, et de ce fait ressentiriez leur prsence galement. Le plus intressant est que ce serait si vivant que vous ne douteriez jamais de l'existence de cette scne ou de votre corps. Ou alors, si nous envoyions votre cerveau les quivalents lectriques des sens tels que ceux qui permettent de voir, d'entendre et de toucher, que vous percevez lorsque vous tes assis une table, votre cerveau se penserait en tant qu'homme d'affaires son bureau. Ce monde imaginaire perdurera tant que les stimulations continuent provenir depuis l'ordinateur. Il ne vous viendra jamais l'esprit de penser que vous n'tes rien d'autre que votre cerveau. C'est parce que ce qui est ncessaire pour former un monde dans votre cerveau n'est pas l'existence d'un vrai monde mais plutt les stimulus qui pourraient aussi provenir d'une source artificielle, telle qu'un dispositif d'enregistrement ou alors une source de perception d'un genre diffrent. Les expriences faites ce sujet l'ont confirm.

Aux Etats-Unis, le Dr White de l'Hpital de Cleveland, de concert avec ses collgues, tous experts en matire d'lectronique, a ralis un grand exploit en faisant en sorte que le "Cyborg" survive. Ce qu'a russi faire le docteur White tait d'isoler un cerveau de singe en l'extrayant de son crne et en l'alimentant d'oxygne et de sang. Le cerveau, qui a t reli une "machine cur et poumon" artificiellement produite, a t maintenu en vie pendant cinq heures. Le dispositif, appel lectro-encphalogramme, auquel le cerveau isol a t reli, a identifi dans les enregistrements de l'appareil (E.E.G.) que les bruits faits dans les alentours ont t entendus par ce cerveau et qu'il y a ragi.15

Comme nous l'avons dj vu, il est tout fait possible que nous percevions un monde externe provoqu par des stimulus artificiels. Les symboles que vous percevez avec vos cinq sens sont suffisants en cela. En dehors de ces symboles, il n'y a rien du monde externe.

Il est en effet trs facile pour nous d'tre leurrs en croyant que les perceptions sont vraies, alors qu'elles n'ont aucune correspondance matrielle. Nous prouvons souvent ce sentiment dans nos rves. Et durant ces priodes de rve, nous vivons des vnements, voyons des personnes, des objets et des situations qui semblent compltement vrais. Cependant, ils ne sont tous, sans exception, que des perceptions. Il n'y a aucune diffrence fondamentale entre le "rve" et le monde "rel"; dans les deux cas ce ne sont que des expriences qui existent dans le cerveau.

Qui est celui qui peroit?

Comme nous l'avons indiqu jusque l, il n'y a aucun doute que le monde dans lequel nous pensons vivre et que nous connaissons comme tant le "monde externe" est peru dans notre cerveau. Cependant, se pose ici la question d'importance fondamentale: la volont qui peroit toutes ces perceptions est-elle le cerveau lui-mme?

Quand nous analysons le cerveau, nous voyons qu'il est compos de molcules, de lipides et de protines, qui existent galement dans d'autres organismes vivants. Comme il est de notorit, l'essence de ces protines, ce sont, en fait, les atomes. Ceci signifie que dans le morceau de viande que nous appelons "cerveau", il n'y a rien qui nous permet de voir les images, de constituer la conscience ou de crer l'tre que nous appelons le "moi".

R. L. Gregory fait rfrence une erreur communment commise en rapport la perception des images dans le cerveau:

"Il y a une tentation viter qui est de dire que les yeux produisent des images dans le cerveau. Une image dans le cerveau suggre la ncessit d'une espce d'il interne pour la voir, mais provoquerait le besoin d'un autre il pour voir son image et ainsi de suite, dans une srie sans fin d'yeux et d'images. Or, tout cela serait absurde." 16

C'est trs exactement ce point mme qui pose problme aux matrialistes, eux qui ne croient en rien d'autres qu' la matire: qui donc appartient cet "il intrieur" qui voit, qui interprte ce qu'il voit et qui ragit?

Dans le monde des sciences et de la philosophie, Karl Pribram a lui aussi mis l'accent sur cette question importante; sur le fait de savoir qui est celui qui peroit:

"Les philosophes depuis les Grecs ont spcul propos du "fantme" dans la machine, du "petit homme l'intrieur du petit homme" et ainsi de suite. O est le JE - l'entit qui utilise le cerveau? Celle qui est en fait l'origine du savoir? Ou alors, comme Saint Franois d'Assise l'a dit par le pass, 'ce que nous recherchons est ce que nous appelons voir'." 17

Maintenant, pensez ceci: le livre entre vos mains, la pice dans laquelle vous tes, bref, toutes les images qui sont devant vos yeux sont visualises l'intrieur de votre cerveau. Serait-ce les atomes qui voient ces images? Des atomes aveugles, sourds et inconscients? Comment des atomes sans vie et sans connaissance pourraient-ils ressentir, comment pourraient-ils voir? Comment certains atomes pourraient-ils acqurir cette qualit tandis que d'autres ne le pourraient pas? Penser, comprendre, se souvenir, tre enchant, tre malheureux, et absolument tous nos actes ne consistent-ils qu'en des ractions lectrochimiques de ces atomes? Non, le cerveau ne peut tre la volont qui excute tout cela.

Dans les sections prcdentes, nous avons prcis que notre corps est galement inclus dans cet ensemble de perceptions que nous appelons le "monde externe". De ce fait, puisque le cerveau lui-mme fait partie de notre corps, il fait donc partie de cet ensemble de perceptions. Et puisque le cerveau lui-mme est une perception, il ne peut donc tre la volont qui peroit d'autres perceptions.

Dans son livre, The ABC of Relativity (L'ABC de la relativit), Bertrand Russel s'intresse la question en faisant la remarque:

"Il est bien entendu que si la matire en gnral, doit tre interprte comme tant une somme d'occurrences, cela doit galement s'appliquer l'il, au nerf optique et au cerveau." 18

Il est clair que l'tre qui voit, entend, peroit et ressent est un tre supra-matriel. Car la matire ne peut pas penser, sentir, tre heureuse ou malheureuse. Il n'est pas possible de faire tout cela uniquement avec le corps. Par consquent, cet tre n'est ni matire, ni image, mais il est "vivant". Cet tre se connecte "l'cran" devant lui en employant l'image de notre corps.

Un exemple concernant les rves clairera un peu mieux le sujet. Imaginons (en accord avec ce qui a t dit jusqu'ici) que nous voyons le rve dans notre esprit. Dans le rve, nous aurions un corps imaginaire, un bras imaginaire, un il imaginaire, et un cerveau imaginaire. Si pendant notre rve, il nous est demand: "O voyez-vous?, nous rpondrions: "Je vois dans mon cerveau". S'il nous tait demand o estg notre cerveau et quoi il ressemble, nous tiendrions notre tte imaginaire sur notre corps imaginaire avec notre main imaginaire en disant: "Mon cerveau est un morceau de viande dans ma tte pesant peine plus d'un kilo".

Pourtant, il n'y a pas vraiment de cerveau propos duquel parler, mais une tte imaginaire et un cerveau imaginaire. Et celui qui voit les images n'est pas le cerveau imaginaire dans le rve, mais un tre qui lui est largement suprieur.

Nous savons qu'il n'y a concrtement aucune diffrence entre la scne d'un rve et celle de ce que nous appelons la vraie vie. Ainsi quand il nous est demand dans la scne de ce que nous appelons la vraie vie: "O voyez-vous?, cela n'aurait aucun sens de rpondre: "A l'intrieur de mon cerveau" comme dans l'exemple ci-dessus. Dans les deux situations, l'entit qui voit et peroit n'est pas le cerveau, qui n'est, aprs tout, qu'un morceau de viande. Prenant conscience de cela, Bergson dit, en rsum, dans son livre Matter and Memory (Matire et mmoire), que "le monde se compose d'images, ces images existent seulement dans notre conscience; et le cerveau est l'une de ces images".19

Par consquent, puisque le cerveau est une partie du monde externe, il doit exister une volont pour percevoir toutes ces images. Et, cet tre est "l'me".

La totalit des perceptions que nous appelons le "monde matriel" n'est rien d'autre qu'un rve observ par cette me. Tout comme les corps que nous possdons et le monde matriel que nous voyons dans nos rves n'ont aucune ralit, l'Univers que nous habitons et les corps que nous possdons n'ont galement aucune ralit matrielle. Le clbre philosophe britannique David Hume exprime ainsi sa faon de voir sur le sujet:

"Pour ma part, quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle le "moi", je trbuche toujours sur une certaine perception particulire ou une autre, de chaleur ou de froid, de lumire ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Jamais je ne peux me trouver sans perception, aucun moment, et jamais je ne peux observer quoi que ce soit, part la perception." 20

L'tre vritable est l'me. La matire consiste uniquement en perceptions visualises par l'me. Les tres intelligents qui crivent et lisent ces lignes ne sont pas chacun un tas d'atomes et de molcules, et les ractions chimiques qu'ils provoquent, mais une "me".

Le vritable tre absolu

Tous ces faits nous amnent une question cruciale. Si ce que nous considrons comme tant le monde matriel n'est compos que de perceptions que voit notre me, alors quelle est la source de ces perceptions?

Avant de rpondre cette question, nous devrions tenir compte de ce qui va suivre: la matire, en tant que telle, n'a pas d'existence autonome. Et puisqu'elle n'est qu'une perception, elle ne peut qu'tre "artificielle". Ce qui signifie que cette perception doit avoir t provoque par une autre puissance, autrement dit, elle doit avoir t cre. Par ailleurs, cette cration doit tre continue. S'il n'y avait pas une cration continue et cohrente, alors ce que nous appelons la matire disparatrait et serait perdue. Ceci peut tre compar un cran de tlvision sur lequel une image est montre aussi longtemps qu'un signal continue tre mis. Ainsi, qui donc fait que notre me voit les toiles, la Terre, les plantes, les gens, nos corps, et tout ce que nous pouvons voir?

Il est tout fait vident qu'il y a un Crateur, Qui a cr l'Univers physique, autrement dit la somme des perceptions, et continue Sa cration sans cesse. Puisque ce Crateur nous dvoile une cration aussi magnifique, Il a certainement la puissance et le pouvoir ternels.

Le cerveau est un ensemble de cellules composes de protines et de molcules grasses. Il est form de cellules nerveuses appeles neurones ( gauche). Ce ne sont certainement pas les neurones qui constituent la conscience. Lorsque nous examinons la structure des neurones, nous voyons des atomes ( droite). Il est totalement impossible des atomes inconscients d'tre l'origine de la conscience. Ce morceau de chair n'a pas la capacit d'observer des images, de constituer la conscience, ou de crer l'tre que nous appelons le "moi".

Ce Crateur Se prsente nous. Il nous a fait parvenir un livre et travers ce livre S'est Lui-mme dcrit nous, a dcrit l'Univers et nous explique les raisons de notre existence.

Ce Crateur est Dieu et le nom de son livre est le Qor'an.

Les faits qui noncent que les cieux et la terre, c'est--dire l'Univers, ne sont pas stables, que leur existence n'est effective que lorsque Dieu les cre et qu'ils disparatront lorsqu'Il mettra un terme cette cration, tout cela est expliqu dans le verset suivant:

Allah retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient, nul autre aprs Lui ne pourra les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. (Sourate Fatir - 35, verset 41)

Comme nous l'avons indiqu au dbut, certaines personnes n'ont aucune comprhension vritable de Dieu et ainsi elles L'imaginent comme un tre vivant quelque part dans les cieux et n'intervenant pas vraiment dans les affaires du monde. Les fondements de cette logique reposent en fait sur l'acception que l'Univers est un agrgat de matire et que Dieu est "en dehors" de ce monde matriel, en un lieu trs loign. Dans certaines religions fausses, la croyance en Dieu se limite cette comprhension.

Cependant, tel que nous l'avons tabli jusqu'ici, la matire se compose uniquement de sensations. Et le seul tre absolu vritable est Dieu. Cela signifie que seul Dieu existe; toutes choses en dehors de Lui ne sont que des tres d'ombre. En consquence, il est impossible de concevoir Dieu comme tant spar et extrieur toute cette masse de matire. Car il n'y a en fait aucune matire au sens qu'elle existerait. Dieu est trs srement "partout" et embrasse toute chose. Cette ralit est ainsi explique dans le Qor'an:

Allah! Point de divinit part Lui, le Vivant, Celui Qui subsiste par Lui-mme "El Qayyoum". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercder auprs de Lui sans Sa permission? Il connat leur pass et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trne "Koursiy", dborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui cote aucune peine. Et Il est le Trs Haut, le Trs Grand. (Sourate El Baqara - 2, verset 255)

Dieu Qui n'est pas limit par l'espace et Qui embrasse toute chose est prsent dans le verset suivant:

A Allah seul appartiennent l'Est et l'Ouest. O que vous vous tourniez, la Face (direction) d'Allah est donc l, car Allah a la grce immense; Il est Omniscient. (Sourate El Baqara - 2, verset 115)

Sachant que les tres matriels sont chacun d'entre eux une perception, ils ne peuvent donc voir Dieu; mais Dieu voit ce qu'Il a cr sous toutes ses formes. Le Qor'an le rapporte ainsi:

Les regards ne peuvent l'atteindre, cependant qu'Il saisit tous les regards. Et Il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur. (Sourate El En'am - 6, verset 103)

Cela signifie que nous ne pouvons pas saisir Dieu avec nos yeux, mais qu'Il a entirement embrass ce qui est en nous, ce qui nous est extrieur, nos regards et nos penses. C'est pour cette raison que Dieu dit "qu'Il dtient l'oue et la vue" (Sourate Younous - 10, verset 31). Nous ne pouvons mettre le moindre son sans qu'Il ne le sache, pas plus que le moindre souffle.


Si nous devions profondment rflchir tout ce qui a t dit jusqu' maintenant, nous raliserions immdiatement, par nous-mmes, l'tonnante et extraordinaire ralit: que tous les vnements dans le monde ne sont que pure imagination
Tandis que nous observons ces perceptions sensorielles au cours de nos vies, l'tre le plus proche de nous n'est aucune de ces sensations, mais Dieu Lui-mme. Le verset suivant du Qor'an affirme cette ralit: "Nous avons effectivement cr l'homme et Nous savons ce que son me lui suggre et Nous sommes plus prs de lui que sa veine jugulaire" (Sourate Qaf - 50, verset 16). Lorsqu'une personne pense que son corps n'est constitu que de "matire", elle ne peut saisir ce fait d'importance. Si elle considre son cerveau pour tre "elle-mme", alors l'espace qu'elle accepte pour tre ce qui lui est extrieur n'est que de 20 30 centimtres de distance d'elle. Selon ce raisonnement, rien ne peut tre plus proche de cette personne que sa veine jugulaire. Cependant, quand elle comprend qu'il n'existe rien de telle que la matire et que tout est imaginaire, des notions telles que l'extrieur, l'intrieur, le lointain ou le proche perdent leur signification. Dieu cerne cette personne de toutes parts et Il est "infiniment prs" d'elle.

Dieu informe les hommes qu'Il est "infiniment prs" d'eux dans le verset: "Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi alors Je suis tout proche (d'eux)" (Sourate El Baqara - 2, verset 186). Un autre verset rapporte le mme fait: "Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir)." (Sourate El Isra - 17, verset 60) Cependant, l'homme est induit en erreur lorsqu'il pense que l'tre le plus proche de lui est lui-mme. Dieu, en vrit, est encore plus proche de nous que nous-mmes.

Il a attir notre attention sur cet aspect des choses dans ce verset: "Lorsque le souffle de la vie remonte la gorge (d'un moribond), et qu' ce moment-l vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l'entourez] mais vous ne [le] voyez point." (Sourate El Waqi'a - 56, versets 83-85) En effet, quelqu'un sur son lit de mort ou qui est malade peut penser, bien que compltement dans l'erreur, qu' ce moment, l'tre le plus proche de lui est son docteur ses cts, ou alors sa mre qui lui tient la main, ou encore quelqu'un de cher qui l'treint. Cependant, comme le rapporte le verset, Dieu est plus proche de lui que n'importe qui. Et, malgr cela, les gens traversent l'existence compltement inconscients de cet vnement phnomnal parce qu'ils ne le voient pas de leurs yeux.

La seule conclusion tirer, de la totalit des faits prsents ici, est que le seul tre vritable et absolu est Dieu. Par Sa science, Dieu cerne l'homme, qui n'est qu'un tre d'ombre, tout comme le reste: "En vrit, votre seul Dieu est Allah en dehors de Qui il n'y a point de divinit. De Sa science Il embrasse tout." (Sourate Ta-Ha - 20, verset 98) Dans un autre verset du Qor'an, Dieu avertit les gens contre autant d'insouciance:

Ils sont dans le doute, n'est-ce pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur? C'est Lui certes Qui embrasse toute chose (par Sa science et Sa puissance). (Sourate Foussilate - 41, verset 54)

C'est tout le contraire qui est vrai pour l'homme, qui n'est rien d'autre qu'un tre d'ombre et qui est si totalement dpendant de Dieu, qu'il lui est impossible d'avoir quelque pouvoir ou quelque volont indpendants: "Vous ne saurez vouloir, moins qu'Allah veuille" (Sourate El Insane - 76, verset 30) Un autre verset montre que tout ce que nous prouvons, nous le faisons sous le contrle de Dieu: " c'est Allah Qui vous a crs, vous et ce que vous faites." (Sourate Essafat - 37, verset 96) Dans le Qor'an, cette ralit est expose plusieurs endroits et dans le verset suivant: " et lorsque tu lanais (une poigne de terre), ce n'est pas toi qui lanais: mais c'est Allah Qui lanait" (Sourate El Anfal - 8, verset 17), il est soulign qu'aucun acte n'est indpendant de Dieu. Sachant que l'tre humain est un tre d'ombre, il n'excute pas l'acte de lancer lui-mme. Cependant, Dieu donne cet tre d'ombre le sentiment d'un "moi". En ralit, Dieu excute tous les actes. Si quelqu'un considre les actes qu'il fait comme tant les siens, pensant que lui-mme fait tout ce qu'il fait, et qu'en plus suppose qu'il est un tre dot d'un pouvoir indpendant et met sa confiance sur ce pouvoir, il ne cherche l'vidence qu' se leurrer lui-mme. Car bien entendu, l'homme est un tre totalement sous le contrle de Dieu.

Ceci est la ralit. L'individu peut ne pas vouloir l'admettre et peut penser lui-mme en tant qu'tre indpendant de Dieu; mais cela ne change rien la ralit. Bien sr, son refus imprudent est de nouveau soumis la volont et au dsir de Dieu. Dans le Qor'an, ce fait est ainsi affirm:

Dsirent-ils une autre religion que celle d'Allah, alors que se soumet Lui, bon gr, mal gr, tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre, et que c'est vers Lui qu'ils seront ramens? (Sourate Al 'Imran - 3, verset 83)

Dieu est Omniscient

L'attribut de Dieu El Mouhit signifie "Celui Qui embrasse tout". Puisque Dieu englobe tout, il est Celui Qui sait tout ce que les gens vivent. Dieu a cr tous les sentiments comme la douleur, la peine, l'amour, le plaisir, la tristesse et le bonheur, ainsi Dieu les connat tous trs bien. Parce qu'Il connat, Il cre et fait que Ses serviteurs les prouvent autant qu'Il Le veut. Un point doit tre cependant clarifi: Dieu est totalement tranger ces douleurs et ces dfauts. Un autre attribut de Dieu dans le Qor'an est El Qouddous, qui signifie "Celui Qui est totalement exempt d'erreur ou d'oubli, Qui est sans imperfection ou dfaut de quelque sorte que ce soit". Toutes les imperfections appartiennent l'homme.

Un des attributs de Dieu mentionn dans le Qor'an est El Mouta'ali, qui signifie "Celui Qui est lev au-dessus de tout acte, de toute manire ou condition et de toute pense que n'importe quel tre peut avoir". Cela signifie que Dieu englobe toute chose o qu'elle soit et connat les secrets les plus intimes de toute chose. C'est cela "savoir" au sens rel du terme. Et afin de saisir la toute-puissance et l'omnipotence de Dieu, nous avons besoin d'avoir une meilleure connaissance de ce sujet. Le fait que Dieu connat les douleurs, les peines et chaque sentiment que nous prouvons nous fait nouveau comprendre qu'Il est plus proche de nous que notre veine jugulaire. Dieu voit l'homme o qu'il soit. Mme quand il est seul dans un abri, qu'il est cach ou qu'il se trouve en un lieu tenu secret, un lieu o personne ne peut le voir. Et mme quand il pense qu'il prpare quelque chose de trs secret, Dieu le voit. Dans le Qor'an, il est rapport que Dieu est Tout-Conscient.

Ne savent-ils pas qu'Allah connat leur secret et leurs conversations confidentielles et qu'Allah connat parfaitement les (choses) inconnaissables. (Sourate Ettawba - 9, verset 78)

Dieu entend tous les mots: mme au moment o l'individu pense qu'il chuchote secrtement derrire des portes verrouilles et des murs solides, Dieu l'entend. Dieu sait ce qui est dans son cur, ce qu'il cache tout le monde, ainsi que ce qui se trouve dans son subconscient dont lui-mme n'en a mme pas conscience. Dans le Qor'an, il est mis l'accent sur ces faits:

Et si tu lves la voix, Il connat certes les secrets, mme les plus cachs. (Sourate Ta-Ha - 20, verset 7)

Tout ce que vous possdez est intrinsquement illusoire

Comme c'est tout fait vident, c'est un fait logique et scientifique que "le monde externe" n'a aucune ralit matrielle et que ce n'est qu'un ensemble d'images systmatiquement prsentes notre me par Dieu. Nanmoins, les gens n'ont pas l'habitude de tout inclure, ou plutt ne veulent pas tout inclure dans le concept de "monde externe".

Pensez trs sincrement et courageusement cette question. Vous vous rendrez compte que votre maison, vos meubles, votre voiture - qui a peut-tre t rcemment achete, - le bureau, les bijoux, le compte bancaire, la garde-robe, le conjoint, les enfants, les collgues et toute chose que vous possdez sont en fait inclus dans ce monde externe imaginaire qui est projet. Tout ce que vous voyez, entendez, ou sentez - en rsum - ce que vous percevez autour de vous avec vos cinq sens est une partie de ce "monde imaginaire": la voix de votre chanteur prfr, la solidit de la chaise sur laquelle vous tes assis, le parfum dont vous aimez l'odeur, le soleil qui vous tient au chaud, une fleur avec de belles couleurs, un oiseau qui vole devant votre fentre, une vedette se dplaant trs vite sur l'eau, votre jardin fertile, l'ordinateur que vous utilisez votre travail, ou votre chane stro quipe de la technologie la plus avance

Ceci est la ralit, parce que le monde n'est qu'un ensemble d'images cres pour mettre l'homme l'preuve. Les gens sont valus tout au long de leurs vies limites par des perceptions qui n'ont aucune ralit. Ces perceptions sont intentionnellement prsentes comme attractives et attirantes. Cela est mentionn dans le Qor'an:

On a enjoliv aux gens l'amour des choses qu'ils dsirent: femmes, enfants, trsors thsauriss d'or et d'argent, chevaux marqus, btail et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie prsente, alors que c'est prs d'Allah qu'est le meilleur retour. (Sourate Al 'Imran - 3, verset 14)

La plupart des gens rejettent leur religion parce qu'ils ont succomb l'appt de la proprit, de la richesse et ont amass des rserves d'or et d'argent, des dollars, des bijoux, des comptes en banque, des cartes de crdit, des garde-robes fournies, des voitures derniers modles, bref tout ce qui correspond la prosprit dans ce qu'ils possdent ou s'efforcent de possder. Ils se concentrent uniquement sur ce monde en oubliant l'au-del. Ils sont leurrs par la "belle et attrayante" apparence de la vie de ce monde et n'arrivent pas conserver leur prire (salat), ou tre charitables envers les pauvres, ou pratiquer cette sorte d'adoration qui les fera prosprer dans l'au-del. Au lieu de cela, ils disent "j'ai des choses faire", "j'ai des idaux", "j'ai des responsabilits", "je n'ai pas assez de temps", "j'ai des tches accomplir" ou "je le ferai plus tard". Ils consomment leurs vies en essayant de prosprer uniquement dans ce monde. Dans le verset, "ils connaissent un aspect de la vie prsente, tandis qu'ils sont inattentifs l'au-del (sourate Erroum - 30, verset 7), cette fausse ide est clairement rsume.

Ce que nous dcrivons dans ce chapitre, savoir, que toute chose n'est qu'une image, est trs important en ce que ses implications rendent toutes les convoitises et limites sans signification. Cette vrit nous dit avec prcision que tout ce quoi les gens accordent de la valeur, possdent ou font de gros efforts pour acqurir - la richesse acquise par avidit, les enfants dont ils se vantent, les conjoints qu'ils considrent les plus proches d'eux, les amis, leurs corps dont ils prennent tant soin, le statut social qu'ils croient tre une forme de supriorit, les coles qu'ils ont frquentes, les lieux de vacances o ils ont sjourn - tout cela n'est rien qu'une illusion. Ainsi, tous les efforts, le temps pass et la satisfaction de leur avidit, sont vains.

C'est pourquoi certaines personnes se rendent inconsciemment stupides quand elles se vantent de leurs richesses et proprits, ou de leurs "yachts, hlicoptres, usines, manoirs et terres" comme si tout cela avait vraiment exist. Ces gens aiss qui naviguent avec ostentation sur leurs yachts, exhibent leurs voitures et n'arrtent pas de parler de leur richesse, pensent que leurs positions les classent plus haut que n'importe qui dans l'chelle sociale. Ils font de leur vie un spectacle avec leurs tenues vestimentaires, et la construisent entirement sur de telles passions et comptitions en continuant penser qu'ils sont dans la russite en fonction de tout cela. Ils devraient en ralit penser l'tat dans lequel ils se trouveront le jour o ils se rendront compte que le succs sur terre n'est rien qu'une illusion.

Ces scnes se rptent de faon similaire dans les rves. Dans leurs rves, ils ont aussi des maisons, des voitures rapides, des bijoux extrmement prcieux, des rouleaux de dollars et des quantits d'or et l'argent. Dans leurs rves, ils ont aussi des statuts sociaux trs levs, possdent des usines avec des milliers d'ouvriers, ont le pouvoir de rgner sur beaucoup de personnes et s'habillent de vtements qui font que chacun les admire. Mais tout comme le rveur serait moqu de se vanter de ce qu'il possde dans ses rves, ainsi la personne compltement veille serait galement ridiculise de se vanter des images qu'elle voit dans ce monde. Car ce qu'elle voit dans ses rves et dans ce monde ne sont tous les deux que des images issues de son esprit. Ce fait doit certainement tre mrement mdit. Comme montr dans le verset suivant, ceux qui prennent conscience de tout cela seront couronns de succs:

Certes, il vous est parvenu des preuves videntes, de la part de votre Seigneur. Donc, quiconque voit clair, c'est en sa faveur; et quiconque reste aveugle, c'est son dtriment, car je ne suis nullement charg de votre sauvegarde. (Sourate El En'am - 6, verset 104)

De la mme manire, la faon dont les gens ragissent aux vnements qu'ils vivent dans le monde fera qu'ils en prouveront de la honte quand ils comprendront la ralit. Ceux qui se battent avec acharnement les uns les autres, dlirent avec furie, commettent des escroqueries, acceptent des dessous de table, commettent des contrefaons, mentent, thsaurisent gostement leur argent, font du mal aux gens, frappent et maudissent les autres, se mettent en colre avec agressivit, se battent pour les honneurs, sont envieux et aiment se montrer, ceux-l seront dshonors quand ils se rendront compte que tout ce qu'ils ont fait l'tait dans un monde de rve.

Puisque Dieu a cr toutes ces images, le Propritaire Suprme de tout est Dieu seul. Ce fait est soulign dans le Qor'an:

C'est Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance). (Sourate Ennissa - 4, verset 126)

C'est une grande sottise que de rejeter la religion pour des passions imaginaires et perdre ainsi la vie ternelle. De plus, tout cela ne peut mener qu' des malheurs ternels. Dieu nous prvient de ce que l'tat d'obstination irrligieuse engendre:

ce qu'ils auront fait ici-bas sera un chec, et sera vain ce qu'ils auront uvr. (Sourate Houd - 11, verset 16)

Comme nonc dans le verset prcdent, leurs passions et leur avidit s'avreront nulles et non avenues et ce qu'ils pensaient possder est vou disparatre; rien de cela ne sera d'une quelconque utilit et deviendra sans valeur.

A ce stade, une chose doit tre claire. Il n'est pas dit ici que "les biens et la richesse que vous possdez et avec lesquels vous vous montrez avares ainsi que vos enfants, vos conjoints, vos amis et votre statut disparatront tt ou tard et n'ont donc pas de signification", mais que "tous les biens que vous pensez possder n'existent pas; ce ne sont que des rves composs d'images que Dieu vous montre pour vous tester". Comme vous le voyez, il y a une grande diffrence entre les deux assertions. Si la premire affirmation avait t accepte sa valeur nominale, l'individu aurait pu tre induit en erreur penser que toutes ces choses, les gens, les relations et le statut temporel ont rellement exist, mme temporairement, et de ce fait il pourrait toujours y travailler avec avidit pour les possder. Mais partant de la dernire affirmation qui nous situe l'tat rel des choses, c'est--dire que tout est imaginaire, n'importe quel individu qui a montr de l'avidit cette fin sera dshonor et subira ainsi une perte sans prcdent.

Bien que l'on ne veuille pas le reconnatre immdiatement en prfrant se leurrer croire que tout ce que l'on possde existe vraiment, la mort est une certitude et dans l'au-del tout sera clair quand nous serons recrs. Ce jour-l, nous dit le Qor'an, la vue est perante (sourate Qaf - 50, verset 22), et nous verrons tout beaucoup plus clairement. Cependant, si nous avons pass nos vies poursuivre des buts imaginaires, nous nous mettrons souhaiter n'avoir jamais vcu cette vie et dirons: "Hlas, comme j'aurai souhait que [ma premire mort] ft la dfinitive. Ma fortune ne m'a servi rien. Mon autorit est anantie et m'a quitt!" (Sourate El Haqqa - 69, versets 27-29)

Ce qu'un homme sage devrait faire, d'autre part, est d'essayer de comprendre la plus grande ralit de l'Univers dans ce monde-ci, tant qu'il en a encore le temps. Autrement, il passera sa vie courir aprs des rves pour subir, en fin de compte, un terrible chtiment. Dans le Qor'an, l'tat de ces gens courant aprs des illusions (ou des images) dans ce monde en oubliant leur Crateur, est ainsi dcrit:

Quant ceux qui n'ont pas cru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine dsertique que l'assoiff prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperoit que ce n'tait rien; mais y trouve Allah Qui lui rgle son compte en entier, car Allah est prompt compter. (Sourate Ennour - 24, verset 39)

Quelle est la diffrence entre le monde des rves et le monde que nous percevons?

Pour les gens, la ralit est ce que l'on peut toucher des mains et voir des yeux. Ci-dessus, nous avons mentionn que les organes de nos sens nous induisent en erreur et not que, scientifiquement, nous ne pourrons jamais atteindre la ralit du monde externe. L'univers des perceptions que nous habitons peut aussi s'expliquer en utilisant les rves par analogie. Dans vos rves, vous pouvez aussi "toucher de vos mains et voir de vos yeux", mais en ralit, vous n'avez pas plus de mains que d'yeux, ni quoi que ce soit que l'on pourrait toucher ou voir. Il n'y a pas de ralit matrielle qui donne vie ces choses si ce n'est votre esprit. Vous tes simplement l'objet d'illusions.

Qu'est-ce qui spare la vie relle du rve? Est-ce le fait que la vie relle est sans interruption et que les rves sont discontinus, ou plutt qu'il y a des rapports de cause effet diffrents dans les rves? Fondamentalement, ce ne sont pas des diffrences importantes. En fin de compte, les deux formes d'existence prennent vie dans notre esprit.

Si nous sommes en mesure de nous mouvoir aisment dans un monde irrel dans nos rves, il en est de mme pour le monde dans lequel nous vivons veills. Lorsque nous sortons d'un rve, il n'y a pas de raison logique de ne pas penser que nous n'entrons pas dans un rve plus long qui s'appelle "vie relle". La raison qui nous pousse considrer notre rve comme une fantaisie et le monde comme "rel" n'est que le rsultat de nos habitudes et prjugs.

Ce qui conduit dire que nous pouvons trs bien nous rveiller de la vie sur terre, que nous pensons vivre en ce moment, tout comme nous sortons d'un rve. Cet aspect de la question est trs important et ncessite absolument qu'on y rflchisse.


 

Pour vous, la ralit c'est tout ce que l'on peut toucher des mains et voir des yeux. Dans vos rves, vous pouvez aussi "toucher de vos mains et voir de vos yeux", mais en ralit vous n'avez pas plus de mains que d'yeux, ni quoi que ce soit que l'on puisse toucher ou voir. Il n'y a pas de ralit matrielle qui donne vie ces choses si ce n'est votre esprit. Vous tes simplement l'objet d'illusions.

Qu'est-ce qui spare la vie relle des rves? En fin de compte, les deux formes d'existence prennent vie dans notre esprit. Si nous sommes en mesure de nous mouvoir aisment dans un monde irrel dans nos rves, il en est de mme pour le monde dans lequel nous vivons veills. Lorsque nous sortons d'un rve, il n'y a pas de raison logique pour ne pas penser que nous n'entrons pas dans un rve plus long qui s'appelle "vie relle".

La raison pour laquelle nous considrons que notre rve est imaginaire et notre vie "relle" n'est que le rsultat de nos habitudes et de nos prjugs. Ce qui conduit dire que nous pouvons trs bien nous rveiller de la vie sur terre, que nous pensons vivre en ce moment, tout comme nous sortons d'un rve.

Il est donc utile d'aller plus loin dans la rflexion au sujet de l'exemple des rves. Une personne peut prouver des vnements trs ralistes dans le rve. Elle peut rouler en bas l'escalier et se casser la jambe, tre victime d'un srieux accident de la route, tre crase sous un autobus, ou manger un gteau et tre rassasie. Des vnements semblables ceux expriments dans nos vies quotidiennes sont aussi vcus dans nos rves avec la mme intensit que dans la ralit, provoquant au rveil les mmes sentiments en nous. Cela nous montre que les perceptions comme le got, le ontact, ou le sentiment de solidit ne peuvent jamais tre la preuve de l'existence relle de la matire car ces sentiments sont prouvs dans les rves avec la mme acuit. Cependant, les matrialistes qui tiennent la matire pour l'tre absolu n'arrivent pas du tout saisir cet aspect des choses. Et pour prouver l'existence de la matire, ils citent les mmes exemples que ceux ci-dessus. Selon leur raisonnement fourbe, le sentiment de douleur, lorsqu'ils donnent un coup de pied une pierre ou sont gifls, le sentiment de satit quand ils mangent un gteau, ou la fuite des gens la vue d'un autobus sur la chausse afin de ne pas tre renverss, sont pour eux la preuve de l'existence de la matire. Le point qu'ils n'arrivent pas comprendre consiste en ce que la douleur qu'ils ressentent quand ils donnent un coup de pied une pierre, le got qu'ils obtiennent quand ils mangent un gteau et les perceptions de duret et d'agonie physique ressenties lors d'un accident d'autobus se forment aussi dans l'esprit.

Une personne qui rve qu'elle a t renverse par un autobus peut ouvrir ses yeux dans un hpital nouveau dans son rve et comprendre qu'elle est handicape, mais ce n'est qu'un rve. Elle peut aussi rver qu'elle meurt dans un accident de voiture, les anges de la mort prennent son me et sa vie dans l'au-del commence. (Ce dernier vnement est vcu de la mme manire dans cette vie, qui, comme le rve, est une perception)

Cette personne peroit trs brusquement les images, les sons, les sentiments de solidit, la lumire, les couleurs et tous les autres sentiments se rapportant l'vnement qu'elle vit dans son rve. Les perceptions de son rve sont aussi naturelles que celles de la vie "relle". Le gteau qu'elle mange dans son rve la rassasie mme si ce n'est qu'une perception ressentie dans le rve. Et, en ralit, cette personne est couche dans son lit ce moment. Il n'y a aucun escalier, pas de circulation ou de bus prendre en compte. La personne qui rve prouve et voit des perceptions et des sentiments qui n'existent pas dans le monde externe. Le fait est que dans nos rves, nous prouvons, voyons et ressentons les vnements sans corrlation physique avec "le monde externe" et cela rvle trs clairement que "le monde externe" de nos vies veilles consiste aussi totalement en de simples perceptions. Que cela soit dans un rve, ou dans la vie quotidienne, toutes les choses que l'on voit, prouve et ressent sont des perceptions.

Prenons l'exemple de l'accident d'autobus: si les nerfs de la personne accidente, allant de ses cinq sens son cerveau, taient connects au cerveau d'une autre personne, avec une connexion parallle, l'heure o l'autobus la percute, il aurait aussi touch, en mme temps, cette personne assise chez elle. Tous les sentiments vcus par la victime de l'accident seraient prouvs par la personne assise chez elle, exactement comme une chanson diffuse par deux haut-parleurs diffrents connects au mme magntophone. Cette personne sentirait, verrait et prouverait le freinage de l'autobus, l'impact des images de son entre en salle d'opration, la duret du moule de pltre et la faiblesse de son bras.

Toute autre personne relie aux nerfs de cet homme vivrait l'accident de son dbut la fin. Si l'accident tombe dans le coma, elle tomberait dans le mme coma. Par ailleurs, si toutes les perceptions se rapportant l'accident de la route taient enregistres et si toutes ces perceptions taient transmises quelqu'un plusieurs reprises, l'autobus le renverserait plusieurs fois.

Ainsi, laquelle de ces propositions de bus percutant ces gens est-elle relle? La philosophie matrialiste n'a aucune rponse cohrente cette question. La bonne rponse est qu'ils prouvent tous l'accident de la route dans tous ses dtails dans leurs propres esprits.

Le mme principe s'applique aux exemples du gteau et de la pierre. Si les nerfs des organes des sens de la personne, qui a prouv de la satit et senti son estomac plein aprs avoir mang un gteau, taient relis en parallle au cerveau d'une autre personne, cette dernire se sentirait aussi repue quand la premire personne mangeait son gteau et tait rassasie. Si les nerfs du matrialiste, qui a senti la douleur au pied alors qu'il donnait un violent coup la pierre, taient relis en parallle une autre personne, celle-ci ressentirait la mme douleur.

Alors, quel est le gteau (ou quelle pierre) rel? La philosophie matrialiste n'est, nouveau, pas en mesure de rpondre de faon cohrente cette question. La rponse correcte et cohrente est que les deux personnes ont mang le gteau dans leur esprit et sont rassasies; et les deux personnes ont entirement prouv dans leur esprit le moment o la pierre tait frappe.

Dans ce cas, il n'est pas possible l'homme de transcender ses sens et de s'en librer. Comme dans les exemples mentionns ci-dessus, il est possible de faire en sorte d'exposer l'me d'un homme tous types d'vnements physiques bien qu'il n'ait aucun corps physique, aucune existence matrielle et ne pse matriellement rien du tout. Il n'est pas possible pour un tre humain de le comprendre, car il pense que les images tridimensionnelles sont relles, tant certain de leur existence car, comme tout le monde, il dpend de ses organes sensoriels. Il est aussi clairement attest dans ces exemples qu'il n'y a aucune diffrence fondamentale entre des rves et la vie relle. De ce fait, nous ne serons jamais srs que la vie que nous menons en ce moment n'est pas une sorte de rve.

Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre?

Le sujet que nous avons expliqu jusqu'ici est une des plus grandes vrits jamais rvle toute votre vie durant. En prouvant que le monde matriel dans son ensemble est en ralit un "tre d'ombre", ce sujet est la clef la comprhension de la ralit de Dieu et de Sa cration, mais aussi la comprhension qu'Il est le seul tre absolu.

Celui qui comprend ce sujet se rend compte que le monde n'est pas l'espce de lieu que la plupart des gens croient tre. Le monde n'est pas l'endroit absolu o se mne une vraie existence comme le supposent ceux qui errent sans but dans les rues, se battent dans les pubs, se montrent dans les cafs luxueux, passent leurs vies en vaines discussions, se vantent de leurs proprits, sont rattraps par leurs passions misrables et gostes ou qui consacrent leurs vies des buts vains. Le monde n'est qu'un ensemble de perceptions, qu'une illusion. Tous les gens auxquels nous avons fait allusion plus haut, et peu importe les positions et rangs qu'ils occupent, ne sont que des tres fantmes qui voient ces perceptions dans leur esprit et, cependant, en restent inconscients.

Les vrits proposes ici sont aussi dfinitives qu'une loi physique ou qu'une formule chimique. Lorsque ncessaire, les gens peuvent rsoudre les problmes mathmatiques les plus difficiles et comprendre des sujets qui semblent, priori, trs durs comprendre. Mais ds que l'on dit aux mmes personnes que la matire n'est rien d'autre qu'une image forme dans le cerveau, elles sont peu disposes l'accepter. C'est un cas extrme d'insouciance. Comprendre le sujet en question est aussi facile que de rpondre des questions comme "combien font deux fois deux?" ou "quel ge avez-vous?" ou aussi ais quelqu'un qui boit un verre d'eau et aurait rpondre la question: "Avec quoi buvez-vous de l'eau?". Car ce sont des faits compltement dmontrs aujourd'hui par la science.

Dans le domaine de la mdecine, si vous demandez un spcialiste comment l'il fonctionne, il peut vous expliquer de faon dtaille les sujets techniques que nous avons abords. Il ne reconnatra, cependant pas, ce qui est vident en soi comme consquence de ces donnes techniques; il n'admettra jamais que "effectivement, l'image est forme dans son cerveau, qu'il lui est donc impossible d'avoir une ide de ce qui se passe l'extrieur". Et, si vous demandez cette personne: "O est la lune?", elle regardera le ciel et dira: "La lune est des millions de kilomtres". En fait, elle ne dira jamais: "La lune est en ralit dans mon cerveau". Elle feint l'ignorance, parce qu'accepter ce fait ou le reconnatre ouvertement la met face un autre fait d'une autre nature. Si tout n'est qu'illusion forme dans le cerveau dont elle prend connaissance, alors il y a un Crateur Qui lui permet de voir ces images.

C'est la raison pour laquelle celui qui a pass de longues annes tudier, connu pour avoir atteint le plus haut degr de spcialisation dans son propre domaine, de qui beaucoup de gens prennent conseil sur divers sujets et qui se vante de son intelligence, ne peut pas comprendre une ralit aussi vidente. Ce sujet rappelle ce genre de personnes la religion, le souvenir de Dieu, Son infinie puissance qui domine tout et qu'Il est le Propritaire unique de toutes choses. C'est pour cette raison que Satan tente d'influencer les gens ne pas penser ce sujet. C'est ainsi qu'il a agi avec les gens de Saba comme nous le rapporte le Qor'an, " le Diable leur a embelli leurs actions, et les a dtourns du droit chemin, et ils ne sont pas bien guids." (Sourate Enneml - 27, verset 24), car Satan tente d'loigner les gens de cette vrit.

Ceux qui subissent l'influence des suggestions de Satan sont avilis et sont dans l'incapacit de voir la pure vrit qui est face eux. Leur situation est semblable celui qui prtend que les images du film sur l'cran "existent rellement" et tente mme d'intervenir dans son droulement. Et, en ralit, il n'y a aucune diffrence entre ceux-l et celui qui tend la main pour manger d'un plat de nourriture qu'il voit la tlvision, le croyant rel. Il est vident que la condition de ceux qui essayent de fuir ce sujet est "un cas extrme dinsouciance". En effet, leur insouciance provient du fait de leur incroyance, privs qu'ils sont de la sagesse de Dieu. Dans le Qor'an, il est dit que les incroyants " ont des curs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n'entendent pas. Ceux-l sont comme les bestiaux, mme plus gars encore. Tels sont les insouciants." (Sourate El A'araf - 7, verset 179)

Le message contenu dans le verset est un miracle du Qor'an. En effet, Dieu fait rfrence, dans le Qor'an, des personnes d'un trs haut niveau de connaissance, qui peuvent matriser des sujets techniques mais ne peuvent saisir l'vidence concernant la nature relle de la matire bien qu'elle leur soit dcrite de diverses faons. Les versets suivants annoncent mme le destin qui les attend:

[Mais] ceux qui ne croient pas, cela leur est gal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront jamais. Allah a scell leurs curs et leurs oreilles; et un voile pais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand chtiment. (Sourate El Baqara - 2, versets 6-7)

D'un autre ct, il faut savoir que Dieu permet certaines personnes de saisir ce sujet. Nanmoins, ceux qui fuient la vrit aujourd'hui doivent savoir que ce fait scientifique pourrait voir, dans un dlai de quelques annes, l'adhsion gnrale, partout dans le monde. Les gens viendront certainement comprendre qu'ils vivent dans un monde imaginaire mis en scne pour eux comme dans une pice de thtre. Et, un moment que Dieu a dtermin, Il enlvera le voile des yeux des gens et leur montrera qu'Il est l'Etre le plus proche d'eux, que toute chose, Sa seule exception, est "un rve". Tout le monde comprendra dans sa totalit cette ralit du secret de la matire, ainsi que d'autres vrits transmises par le Qor'an.

Conclusion

Le sujet que nous avons expliqu jusqu'ici est une des plus grandes vrits qui vous sera jamais communique de toute votre vie.

Vous pourrez l'approfondir au moyen d'une rflexion personnelle. Pour cela, vous devez vous concentrer, consacrer votre attention et mditer sur la manire de voir les objets qui sont autour de vous et la faon dont vous ressentez leur contact. Si vous y rflchissez attentivement, vous pourrez sentir que l'tre intelligent qui voit, entend, touche, pense et lit ce livre en ce moment n'est qu'une me, qui voit sur un cran les perceptions qu'on appelle "matire". Celui qui saisit cela peut considrer qu'il s'est affranchi du monde matriel, qui leurre la majeure partie de l'humanit, et tre entr dans le domaine de la vraie vie.

Cette ralit a t comprise par un certain nombre de distes et de philosophes travers les ges. Des intellectuels musulmans comme l'Imam Rabbani, Mouhyiddin Ibn 'Arabi et Mawlana Jami l'ont comprise partir des signes du Qor'an et en utilisant leur raison. Certains philosophes occidentaux comme George Berkeley ont saisi la mme ralit par la raison. L'Imam Rabbani a crit dans ses Maktubat (Lettres) que l'Univers matriel dans son ensemble tait une "illusion et une supposition (perception)" et que le seul tre absolu est Dieu:

"Dieu la substance de ces tres qu'Il a crs est simplement le nant Il a tout cr dans la sphre des sens et des illusions L'existence de l'Univers est dans la sphre des sens et des illusions et ce n'est pas matriel En ralit, il n'existe rien l'extrieur, l'exception du Glorieux Etre (Qui est Dieu)." 21

L'Imam Rabbani a clairement affirm que toutes les images proposes l'homme ne sont que des illusions et qu'elles n'ont pas d'originales "l'extrieur".

"Ce cycle imaginaire est interprt dans l'imagination. Il est visualis au point o il en est dpeint, mais avec l'esprit de l'il. A l'extrieur, il donne l'impression d'tre vu avec nos yeux. Mais, ce n'est pas le cas. Il n'a pas de signifiant, et ne laisse aucune trace l'extrieur. Aucune circonstance ne permet de le voir. Mme le visage d'une personne reflte dans un miroir est identique. Il n'a aucune consistance l'extrieur. Il ne fait aucun doute que sa consistance et son image sont dans l'IMAGINAIRE. Et Dieu sait mieux." 22

Mawlana Jami a expos le mme fait, qu'il a dcouvert en s'intressant aux signes du Qor'an et en utilisant son intelligence: "Tous les phnomnes de l'Univers sont des sensations et des illusions. Ils sont soit comme des reflets dans les miroirs ou des ombres".

Cependant, le nombre de ceux qui ont compris cette ralit travers l'histoire a toujours t restreint. Les grands savants, l'image de l'Imam Rabbani, ont affirm qu'il pourrait tre plus sage de ne pas en informer les masses, parce que la plupart des gens ne sont pas en mesure d'en comprendre le sens.

A l'poque o nous vivons, cela est tabli comme un fait empirique par l'ensemble des preuves cumules par la science. Le fait que l'Univers est un tre d'ombre est, pour la premire fois dans l'histoire de l'humanit, dcrit d'une faon aussi concrte, claire et explicite.

Et pour cette raison, le 21me sicle sera un tournant historique, ds le moment o tout le monde comprendra les ralits divines. Tous seront conduits par foules entires vers Dieu, le seul Etre Absolu. Les credo matrialistes du 19me sicle seront relgus aux oubliettes de l'histoire, l'existence de Dieu et Son pouvoir crateur seront admis. L'"a-spacialit" (l'inexistence de l'espace) et l'intemporalit seront comprises; bref, l'humanit rejettera les voiles, les leurres et les superstitions sculaires qui l'ont embrouille.

La marche de l'histoire ne saurait tre dtourne de son cours par n'importe quel tre d'ombre.
 
    

1. Orhan Hanerlioglu, Dsnce Tarihi (History of Idea), Remzi Kitabevi, Istanbul: 1987, p.432
2. Orhan Hanerlioglu, Dsnce Tarihi (History of Idea), Remzi Kitabevi, Istanbul: 1987, p.447
3. Frederick Vester, Denken, Lernen, Vergessen, vga, 1978, p. 6
4. George Politzer, Principes Fondamentaux de Philosophie, Editions Sociales, Paris, 1954, pp. 38-39-44
5. Bilim ve Teknik Magazine (Science and Technology), No. 227, p. 6-7
6. R.L.Gregory, Eye and Brain: The Psychology of Seeing, Oxford University Press Inc. New York, 1990, p.9
7. George Berkeley, A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge", 1710, Works of George Berkeley, vol. I, ed. A. Fraser, Oxford, 1871
8. Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New York, 1948, p. 20
9. Bertrand Russell, ABCof Relativity, George Allen and Unwin, London, 1964, pp. 161-162
10. George Berkeley, A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge", 1710, Works of George Berkeley, vol. I, ed. A. Fraser, Oxford, 1871 p. 35-36
11. Ali Demirsoy, Kalitim ve Evrim (Inheritance and Evolution), p.4
12. Bertrand Russell, What is the Soul?, Works of George Berkeley, vol. I, ed. A. Fraser, Oxford, 1871
13. Bertrand Russell, Three Dialogues Between Hylas and Philonous, Works of George Berkeley, vol. I, ed. A. Fraser, Oxford, 1871
14. George Politzer, Principes Fondamentaux de Philosophie, Editions Sociales, Paris, 1954, p. 40
15. Bilim ve Teknik Magazine (Science and Technology), No:111, p.2
16. R.L.Gregory, Eye and Brain: The Psychology of Seeing, Oxford University Press Inc. New York, 1990, p.9
17. Ken Wilber, Holographic Paradigm and Other Paradoxes, p.20
18. Bertrand Russell, ABCof Relativity, George Allen and Unwin, London, 1964, pp. 161-162
19. Henri Bergson, Matter and Memory, Zone Books, New York, 1991
20. David Hume, A Treatise of Human Nature, Book I, Section IV:Of Personal Identity
21. Imam Rabbani, Hz. Mektuplar (Letters of Rabbani), Vol II, 357. Letter, p. 163
22. Imam Rabbani, Hz. Mektuplar (Letters of Rabbani), Vol II, 470. Letter, p.1432



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