AVERTISSEMENT Le chapitre que vous vous apprtez
lire rvle les SECRETS CRUCIAUX de votre vie. Vous devriez le lire trs attentivement
et avec beaucoup de prcaution car il concerne un sujet qui est susceptible de
provoquer des changements fondamentaux dans votre perception du monde qui vous
entoure, le concept de temps et de l'ternit. Le sujet de ce chapitre n'est pas
qu'un point de vue, une approche diffrente ou une pense traditionnelle ou philosophique:
il s'agit d'un fait que chacun d'entre nous, croyant ou incroyant, admettra et
qui est aussi dmontr par la science aujourd'hui
Le
concept de la "nature de la matire" est en mesure de changer notre perception
de la vie et, en ralit, toute notre vie une fois son essence connue. Ce sujet
est directement li au sens de votre vie, vos esprances, idaux, passions,
dsirs, projets, aux concepts que vous prisez et ce que vous possdez matriellement.
La problmatique de ce chapitre, "la nature
de la matire", est un sujet qui n'est pas en l'occurrence soulev pour la premire
fois. A travers l'histoire de l'humanit, plusieurs penseurs et hommes de science
ont discut de ce concept. Et ds le dbut, deux avis diffrents se sont opposs.
D'un ct, ceux qui se sont fait connatre en tant que matrialistes ont bti
leur philosophie et leur propre vie sur la ralit de l'existence de la matire
et ont vcu en se mentant eux-mmes. De l'autre ct, ceux qui ont agi sincrement
en n'ayant pas peur de rflchir plus profondment, ceux-l ont conduit leur existence
en saisissant l'essence des "choses" face auxquelles ils taient exposs et le
profond sens qui y tait attach. Cependant, l'volution dcisive de la science
et des technologies notre poque mit fin cette controverse en dmontrant de
manire indiscutable le fait tout fait vident que la matire n'a aucune existence
relle.
L'importance du sujet vient de l'influence
qu'il exerce sur la totalit de la vie de l'tre humain. Chaque personne a une
dure de vie limite et chacun d'entre nous est mis l'preuve par Dieu pendant
cette priode. Chaque individu sera par consquent strictement rcompens pour
le chemin qu'il aura choisi de suivre, l'attitude qu'il aura eue et la personnalit
qu'il aura montre dans ce monde. Sa vie ternelle aura la forme de ce qu'il aura
mrit. Ceci signifie que dans sa vie ternelle, il sera rcompens selon la vie
qu'il aura choisie dans le monde et n'aura, hlas pour lui, plus jamais l'occasion
de s'amender de ses erreurs.
De ce point de
vue, il est plus facile de comprendre la valeur de la vie des gens sur terre.
D'o l'importance du sujet abord dans ce livre. A partir du moment o chacun
a une courte priode de mise l'preuve et est rcompens ou puni pour ses actes
dans son au-del ternel. Partant de l, il devient vident qu'il doit passer
cette priode de vie de la manire la plus sage. S'il choue en cela, ses remords
ultimes ne lui seront d'aucune utilit.
Le
but de ce livre est d'aider l'homme avant qu'il n'atteigne le stade de la repentance
sans aucune chance de pardon en "ce jour" o les hommes iront vers leur Crateur
"seuls, tout comme Il les avait crs la premire fois". (Sourate El En'am - 6,
verset 94)
De ce fait, la vritable nature de
la matire a t en premier aborde partir d'une perspective scientifique. Comme
nous l'avons expos plus tt, les sujets dcrits ne sont certainement pas une
affaire d'opinion ou d'ide philosophique, mais de faits prouvs dans beaucoup
de domaines de la science. Cependant, ce sujet n'est pas complexe, incomprhensible
ou difficile saisir, comme on le suppose gnralement. Celui qui ne craint pas
de rflchir et qui le fait sincrement sur la ralit de l'existence viendra
facilement une conclusion trs importante en termes de vie personnelle, ds
qu'il aura saisi ces faits.
Ce que vous lisez
maintenant est peut-tre la clef beaucoup de questions que vous tiez jusqu'ici
incapables de rsoudre ou de comprendre dans leur totalit; vous aurez une meilleure
comprhension de concepts comme le paradis, l'enfer et l'au-del et apprendrez
vivre en sachant le sens de vie.
La
question controverse: quelle est la vritable nature
de la matire?
Une personne qui contemple consciencieusement
et avec sagesse l'Univers qu'elle habite, les galaxies, les plantes, et observe
toute l'harmonie qui s'y trouve, la volont dans la structure de l'atome, l'organisation
qu'elle dcouvre dans chaque partie de l'Univers, les espces vivantes innombrables
autour d'elle, la faon dont elles vivent, leurs caractristiques tonnantes et
enfin son propre corps, comprendrait immdiatement qu'il y a quelque chose d'extraordinaire
tout cela. Elle comprendrait aisment que cet ordre parfait et toutes les subtilits
qu'elle constate ne pourraient exister par eux-mmes, mais doivent certainement
avoir un Crateur.
La question laquelle nous
devons rpondre est: "Par qui toutes ces choses ont-elles t justement cres?"
Il est vident que "la ralit de la cration",
qui saute aux yeux dans l'observation de l'Univers, ne peut tre un produit de
l'Univers lui-mme. Par exemple, un paon avec ses couleurs et sa conception qui
implique un art incomparable ne peut s'tre cr tout seul. Les quilibres minutieux
dans l'Univers ne peuvent s'tre crs ou organiss seuls. Aucune plante, aucun
tre humain, ni bactrie ou rythrocyte (un corpuscule de sang rouge), ni mme
les papillons ne peuvent s'tre auto-crs. De plus, la possibilit que toutes
ces entits pourraient tre nes "par hasard" n'est mme pas imaginable.
Il est clair que tout ce que nous voyons a t cr,
mais rien de ce que nous voyons ne peut tre considr comme "crateur". Le Crateur
diffre et est suprieur tout ce que nous voyons de nos yeux. Il est invisible,
mais tout ce qu'Il a cr rvle Son existence et Ses attributs.
C'est
sur ce point que ceux qui nient l'existence de Dieu hsitent. De tels gens ont
t conditionns pour ne pas croire en Son existence moins qu'ils ne Le voient
de leurs propres yeux. Selon eux, l'Univers entier est un tas de matire, se rpandant
partout jusqu' l'ternit et Dieu n'est nulle part dans ce tas de matire. Et
mme s'ils devaient se dplacer sur des milliers d'annes-lumire, ils ne rencontreraient
Dieu nulle part. C'est la raison qui les fait nier Son existence. Ainsi, ces gens,
qui ne connaissent pas la ralit de la "cration", sont forcs de rejeter sa
ralit manifeste travers l'Univers en essayant de prouver que tous ceux qui
y vivent n'ont pas t crs. Mais il leur est impossible de le faire, tellement
l'Univers dans ses moindres recoins dborde de preuves de l'existence de Dieu.
L'erreur fondamentale de ceux qui nient Dieu
est partage par beaucoup de personnes qui ne nient pas vraiment Son existence,
mais ont une fausse perception de Lui. Ils ne nient pas les signes "de la cration"
qui sont partout manifestes, mais ont des croyances superstitieuses propos du
lieu "o" Dieu est. La plupart d'entre eux pensent que Dieu est en haut dans "le
ciel". Ils imaginent tort que Dieu est derrire une plante trs loigne et
ne s'occupe que de temps autre "des affaires temporelles" ou n'intervient peut-tre
pas du tout. Ils imaginent qu'Il a cr l'Univers et l'a ensuite abandonn son
sort, laissant les gens dterminer leurs propres destins pour eux-mmes.
D'autres personnes ont appris par le Qor'an que Dieu
est "partout", mais ne peuvent concevoir ce que cela signifie exactement. Inconsciemment,
elles pensent que Dieu entoure tout, comme des ondes hertziennes ou comme un gaz
invisible et impalpable.
Cependant, tout cela
ainsi que d'autres croyances qui sont trs confuses propos du lieu "o" Dieu
est (et peut-tre cause de cela Le nient) ont pour origine une erreur commune.
Ce sont des prjugs qui n'ont pas de raison d'tre et sont donc susceptibles
de forger une fausse opinion de Dieu. Quel est donc ce prjug?
Ce
prjug est propos de la nature et des caractristiques de la matire. L'homme
est tellement conditionn dans ses hypothses propos de l'existence de la matire
qu'il ne pense jamais si elle existe ou pas, ou si c'est seulement une ombre.
La science moderne dtruit ce prjug et nous rvle une ralit trs importante.
Dans les pages qui suivent, nous expliquerons ce qu'est cette grande ralit dont
le Qor'an nous fait part.
Nous vivons
dans un univers qui nous est propos par nos perceptions
Selon Albert Camus, nous pouvons comprendre
et numrer les vnements par le biais de la science, mais nous ne pourrons jamais
saisir l'Univers. Regardez l'arbre, vous sentez sa duret; voici l'eau, vous pouvez
la goter. Sentez le vent, il vous rafrachit. Vous devez vous satisfaire de tout
ce cela.1 Toute l'information que nous avons
de la ralit du monde dans lequel nous vivons nous est transmise par nos cinq
sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que nos yeux voient, nos mains
ressentent, nos oreilles entendent, l'odeur que notre nez sent et enfin le got
qui nous vient de notre langue. Et, comme nous avons t totalement dpendants
de ces sens depuis notre naissance, nous ne pourrons jamais penser que le monde
"externe" pourrait tre diffrent de ce que nos sens nous disent.
Mais la recherche scientifique moderne, dans diffrents
domaines, nous apprend autre chose de trs diffrent et provoque de srieux doutes
quant au monde que nous percevons par nos sens.
Les stimulations venant d'un objet sont converties
en signaux lectriques et produisent des effets sur le cerveau. Lorsque nous "voyons",
nous ne percevons en ralit que les effets de ces signaux lectriques sur le
cerveau.
Ainsi,
selon les dcouvertes scientifiques, ce que nous percevons comme tant "le monde
externe", n'est que le rsultat du cerveau stimul par les signaux lectriques
envoys par les organes de nos sens. Les couleurs multiples que vous percevez
avec votre sens de la vue, le sentiment de duret ou de douceur transmis par votre
sens du toucher, les gots que vous prouvez par votre langue, les notes et les
sons diffrents que vous entendez avec votre oreille, la varit des parfums que
vous sentez, votre travail, votre maison, tous vos biens, les lignes de ce livre
et plus encore, votre mre, votre pre, votre famille, le monde entier que vous
voyez depuis toujours et avez appris connatre et auquel vous tes habitus
o que vous soyez, tout cela n'est purement et simplement, que le rsultat des
signaux lectriques envoys par les organes de vos sens au cerveau. Quoique cela
semble difficile admettre en premire analyse, c'est un fait scientifique. Des
philosophes aussi clbres que Bertrand Russell et L. Wittgeinstein nous donnent
cet avis sur le sujet:
"Si un citron, par
exemple, existe vraiment ou pas et comment il en est venu exister ne peut tre
mis en doute ou examin. Un citron consiste uniquement en un got ressenti par
la langue, une odeur sentie par le nez, une couleur et une forme perues par l'il;
et seules ces fonctions peuvent tre, peu prs, soumises l'examen et l'valuation.
La science ne pourra jamais connatre le monde physique." 2
Frederick Vester nous explique
jusqu'o la science est alle dans la connaissance de ce sujet:
"Les affirmations de certains hommes de science pour qui
'l'homme est une image, tout ce qui est expriment est temporaire et trompeur,
et que cet Univers est une ombre', semblent tre prouves par la science aujourd'hui."
3
Quant au clbre philosophe,
George Berkeley, sa rflexion sur le sujet peut tre rsume en ces termes:
"Nous ne croyons en l'existence d'objets que parce que
nous les voyons et les touchons et parce qu'ils nous sont reflts par nos perceptions.
Cependant, nos perceptions ne sont que des ides dans notre esprit. Ainsi, les
objets que nous captons par des perceptions ne sont que des ides et ces ides
ne sont rellement nulle part, mais en notre esprit Comme elles existent uniquement
dans l'esprit, cela signifie alors que nous sommes sduits par des mensonges lorsque
nous imaginons que l'Univers et les choses ont une existence propre en dehors
de nos esprits. Ainsi, aucune des choses qui nous entourent n'a une existence
relle." 4
Pour
mieux comprendre le sujet, prenons le cas du sens de la vue, celui qui nous fournit
l'information la plus riche sur le monde externe.
Comment
les organes de nos sens fonctionnent-ils?
Peu de personnes rflchissent rellement pour savoir
comment nous arrivons voir. A la question: "Comment voyons-nous?", tout le monde
rpond en disant: "De nos yeux, bien sr". Cependant, quand nous regardons l'explication
technique du processus de la vision, il semble que ce n'est pas tout fait le
cas. L'acte de voir se fait progressivement. Des rayons (des photons) vont de
l'objet l'il en passant par la lentille sur le devant de l'il o ils sont
rfracts et forment une image inverse sur la rtine l'arrire de l'il. A
ce stade, la lumire qui frappe l'il est transforme en signaux lectriques transmis
par des neurones un endroit minuscule appel le centre de la vision qui se situe
l'arrire du cerveau. La vision a en ralit lieu dans cet endroit minuscule
dans la partie postrieure du cerveau, qui est tout noir et compltement isol
de la lumire.
Maintenant, reconsidrons le processus
apparemment ordinaire et sans particularit. Lorsque nous disons, "nous voyons",
nous ne voyons en fait que les effets d'impulsions atteignant nos yeux et introduites
dans notre cerveau, aprs qu'ils sont transforms en signaux lectriques. En fait,
quand nous disons "nous voyons", nous observons en ralit l'ensemble des signaux
lectriques dans notre cerveau. De ce fait, voir n'est pas un processus qui se
ralise dans l'il; notre il n'est que l'organe de nos sens qui va servir de
moyen dans le processus de la vision.
Les rayons de lumire venant
d'un objet forment sur la rtine une image inverse, comme nous pouvons le voir
sur cette photo. Ici, l'image est convertie en signaux lectriques puis transmise
au centre de la vision l'arrire du cerveau. Le centre de la vision est un tout
petit endroit. Le cerveau tant isol de la lumire, il est impossible la lumire
d'atteindre le centre de la vision. Cela signifie que nous voyons un vaste monde
de lumire et de profondeur dans un espace trs rduit et totalement isol de
la lumire. Mme lorsque nous ressentons la lumire et la chaleur d'un feu, tout
reste compltement sombre l'intrieur du cerveau, et la temprature est invariable.
Toutes les
images que nous voyons dans notre vie sont formes dans notre centre de la vision.
Cet endroit est de la taille d'une noix et ne compte que quelques cm3 du volume
du cerveau. Le livre que vous avez entre les mains, l'cran de l'ordinateur qui
vous fait face, l'immensit du paysage que vous voyez quand vous regardez l'horizon,
la mer sans fin et une foule de gens qui participent un marathon, tous tiennent
dans cet espace minuscule. Un autre point doit tre gard l'esprit: comme nous
l'avons dj signal, le cerveau est compltement isol de la lumire; tout
l'intrieur est absolument sombre. Le cerveau n'a aucun contact avec la lumire
en tant que telle. Cet espace, que l'on appelle le centre de la vision, est un
endroit compltement sombre o la lumire ne pntre jamais. Il s'agit d'un lieu
si sombre que vous n'avez probablement jamais vu, nulle part, de lieu quivalent.
Et malgr cela, vous arrivez voir un monde fait de couleurs et de lumire dans
cette obscurit totale. Une nature multicolore, un paysage rayonnant, tous les
tons du vert, toutes les couleurs des fruits, tous les motifs sur les fleurs,
la luminosit du soleil, tous les gens dans une rue bonde, des vhicules se dplaant
grande vitesse au milieu de la circulation, des centaines de vtements dans
un centre commercial et absolument tout le reste ne sont que des images formes
dans cet endroit compltement sombre. Mme la formation des couleurs dans cette
obscurit n'a toujours pas t dcouverte. Klaus Budzinski commente:
"Les 'chromatistes' sont incapables de dire comment le rseau
dans l'il, qui peroit aussi bien la lumire que les couleurs, transmet cette
information au cerveau par les nerfs optiques et quel type de stimulations physiologico-physiques
cela cre-t-il dans le cerveau?" 5
Nous pourrons expliquer cette situation intressante
par un exemple. Supposons qu'une bougie brle devant nos yeux. Nous pourrons rester
assis face cette bougie et l'observer en dtail. Cependant, pendant toute cette
dure de temps notre cerveau n'a jamais de contact direct avec la lumire originale
de la bougie. Mme lorsque nous ressentons la chaleur et la lumire de la bougie,
l'intrieur de notre cerveau il fait compltement sombre et la temprature ne
change jamais. Et pourtant, nous voyons un monde de couleur et de lumire depuis
ce cerveau compltement sombre.
Il en est de
mme avec la lumire du soleil. Votre il bloui par la lumire du soleil ou votre
sensation de chaleur brlante sur la peau ne change pas le fait que ce ne sont
que de simples perceptions et le centre de la vision reste compltement sombre.
R. L. Gregory donne l'explication suivante des
aspects miraculeux de la vision - quelque chose que nous prenons tellement pour
acquis:
"Nous sommes tellement familiers avec
la vue, qu'il nous faut un 'sursaut' d'imagination pour comprendre qu'il y a des
problmes rsoudre. Mais rflchissez bien. Nous percevons avec les yeux de
minuscules images dformes et inverses et nous arrivons voir des objets solides
et distincts dans notre espace environnant. A partir de diffrents types de simulations
sur les rtines nous percevons un monde d'objets. Ce n'est rien moins qu'un miracle."
6
La mme
situation s'applique tous nos autres sens. Le son, le toucher, le got et l'odeur
sont tous perus sous forme de signaux lectriques par le cerveau.
Le sens de l'oue fonctionne sur le mme modle que celui
de la vue. L'oreille externe capte des sons par le pavillon auriculaire et les
dirige vers l'oreille moyenne. L'oreille moyenne transmet les vibrations du son
l'oreille interne et les intensifie. L'oreille interne traduit les vibrations
en signaux lectriques qu'elle renvoie vers le cerveau. Tout comme pour l'il,
l'acte d'entendre se fait dans le centre de l'audition, dans le cerveau.
Ce qui est vrai de l'il l'est aussi de l'oreille, c'est--dire
que le cerveau est isol du son comme il l'est de la lumire. Peu importe donc,
si l'extrieur c'est bruyant, le cerveau, lui, reste dans un silence total.
Nanmoins, mme les sons les plus subtils sont perus dans le cerveau. Ce processus
est si fin que l'oreille d'une personne saine peut tout entendre sans aucun bruit
atmosphrique ou interfrence. Dans votre cerveau, qui est isol du son et o
gt un silence de mort, vous pouvez couter les symphonies d'un orchestre, entendre
tous les bruits d'une place bonde de monde et percevoir tous les sons dans une
large gamme de frquence, de la chute d'une feuille au vrombissement d'un avion
raction. Cependant, si ce moment-l le niveau du son dans votre cerveau devait
tre valu par un appareil de mesure, on dcouvrirait que le silence complet
y a prvalu.
Notre perception de l'odeur fonctionne
de faon similaire. Des molcules volatiles mises par des objets tels que la
vanille ou une rose atteignent les rcepteurs sur les poils dlicats de la rgion
pithliale du nez et deviennent impliques dans une interaction. Cette interaction
est transmise au cerveau en tant que signal lectrique et perue comme une odeur.
Tout ce que nous sentons, que cela soit plaisant ou dsagrable n'est que la perception
du cerveau des interactions de molcules volatiles une fois transformes en signaux
lectriques. Vous percevez dans votre cerveau l'odeur d'un parfum, d'une fleur,
de la nourriture que vous aimez, de la mer, ainsi que d'autres odeurs que vous
aimez ou dtestez. Les molcules, elles-mmes, ne sont jamais en contact direct
avec le cerveau. Et tout comme pour le son et la vue, ce qui atteint votre cerveau
lorsque vous sentez une odeur, c'est uniquement un ensemble de signaux lectriques.
Autrement dit, toutes les odeurs que vous avez considres depuis votre naissance
comme appartenant aux objets externes ne sont que des signaux lectriques vhiculs
par les organes de vos sens. Berkeley dit ce propos:
"Au
dbut, on croyait que les couleurs, les odeurs etc. 'existaient vraiment', mais
par la suite on a renonc ces hypothses et on a compris qu'elles n'existaient
qu'en fonction de nos sensations." 7
De faon similaire, il existe quatre diffrents types
de rcepteurs chimiques dans la partie situe sur le devant de la langue d'un
tre humain. Ils composent les diffrents gots connus: le sal, le doux, l'aigre
et l'amer. Ces rcepteurs de got transforment les perceptions en signaux lectriques
par une chane de processus chimique puis les transmettent au cerveau. Ces signaux
sont perus comme des gots par le cerveau. Le got que vous prouvez quand vous
mangez une barre de chocolat ou un fruit que vous aimez est l'interprtation des
signaux lectriques par le cerveau. Vous ne pourrez jamais approcher l'objet dans
le monde externe; vous ne pourrez jamais voir, sentir ou goter le chocolat en
question. Si, par exemple, les nerfs de got qui vont vers le cerveau sont sectionns,
votre cerveau ne pourrait connatre le got de ce que vous avez mang; dans ce
cas, vous perdriez compltement votre sens du got.
A
ce stade, nous voil face un nouveau fait:
Nous
ne saurons jamais si ce que nous gotons, lorsque nous mangeons, sera identique
ce qu'une autre personne prouvera en mangeant la mme nourriture. Comme nous
ne saurons jamais si la voix que nous entendons sera perue l'identique par
une autre personne qui l'entendrait. Lincoln Barnett nous dit que personne ne
peut savoir si une autre personne peroit la couleur rouge ou entend la mme note
de musique de la mme faon qu'elle le fait elle-mme.8
Nous ne savons que ce que les organes de nos sens nous
"apprennent". Il nous est impossible d'atteindre directement la ralit physique
qui est extrieure nous. C'est nouveau le cerveau qui l'interprte. Nous ne
pouvons jamais atteindre "l'original". Ainsi, mme lorsque nous parlons de la
mme chose, l'intelligence de l'autre peut percevoir quelque chose de diffrent.
L'explication est que ce qui est peru dpend du rcepteur.
La
mme logique s'applique au toucher. Lorsque nous touchons un objet, l'information
qui nous aidera reconnatre le monde externe et les objets qui s'y trouvent
est transmise au cerveau par les nerfs sensoriels situs sur la peau. Le sentiment
de contact nat dans notre cerveau. Contrairement la croyance gnralement admise,
le lieu o nous percevons le sens du toucher n'est pas au bout de nos doigts,
ou sur notre peau, mais au centre de perception du contact dans notre cerveau.
Et, parce que c'est le cerveau qui interprte les stimulus lectriques venant
d'objets divers, nous les ressentons diffremment. A titre d'exemple, ils peuvent
tre durs ou doux, chauds ou froids. Nous obtenons tous les dtails qui nous aident
reconnatre un objet grce ces stimulus. Le clbre philosophe Bertrand Russell
remarque ce propos:
"Quant au sens du toucher,
quand nous appuyons de nos doigts sur la table, c'est une perturbation lectrique
que nous provoquons sur les lectrons et les protons des bouts de nos doigts;
cela est le rsultat, selon la physique moderne, de la proximit des lectrons
et des protons dans la table. Si la mme perturbation survient au bout des doigts
d'une autre faon, nous devrions avoir les mmes sensations mme s'il n'y avait
pas de table." 9
Que
le monde externe puisse tre compltement identifi par les sens est un fait scientifique.
Dans son livre A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge (Trait
sur les principes de la connaissance humaine), George Berkeley fait les remarques
suivantes:
"Grce la vue, j'ai les notions
de lumire et de couleurs, avec leurs diffrents degrs et variations. Par le
contact je perois ce qui est dur et mou, la chaleur et le froid, le mouvement
et la rsistance L'odorat me pourvoit en odeurs; le palais me dit le got; et
l'audition transmet des son Et comme la plupart de ces sensations sont appeles
s'assembler, elles viennent tre spcifies par un nom et ainsi tre reconnues
comme une chose. Ainsi, par exemple on estime une certaine couleur, un got, une
odeur, une forme et une consistance se convenir pour tre associes et devenir
une chose bien distincte, signifie par le mot de pomme; d'autres ensembles d'ides
constituent une pierre, un arbre, un livre, des choses sensibles et ainsi de suite"
10
Donc,
en traitant les donnes dans les centres de la vision, de l'audition, de l'odeur,
du got et du toucher, notre intelligence, au cours de notre vie, n'est pas confronte
"l'original" de la matire existante qui est extrieure nous, mais plutt
la copie forme l'intrieur de notre cerveau. C'est en cela que nous sommes
induits en erreur en prenant ces copies pour la matire relle qui est extrieure
nous. Mais, comme nous l'avons vu jusque-l, il existe aussi des penseurs et
des scientifiques qui n'ont pas t leurrs par une ide aussi fausse et qui ont
compris toute sa ralit.
Mme Ali Demirsoy,
un des matrialistes turcs les plus clbres, a reconnu cette vrit:
"En ralit, il n'y a ni lumire comme nous la voyons,
ni son comme nous l'entendons, ni chaleur comme nous la ressentons dans l'Univers.
Les organes de nos sens nous induisent en erreur entre le monde externe et le
cerveau et nous entranent faire des interprtations qui sont sans rapport avec
la ralit dans le cerveau." 11
Passons-nous la totalit de notre vie dans
notre esprit?
A partir des faits physiques dcrits
jusqu'ici, nous pouvons conclure par ce qui suit: tout ce que nous voyons, touchons,
entendons et percevons comme tant "la matire", "le monde" ou "l'Univers" ne
sont que des signaux lectriques qui se produisent dans notre cerveau. Ainsi,
lorsqu'une personne boit un jus d'orange, elle n'est pas confronte la boisson
relle mais sa perception dans le cerveau. Les objets considrs par un observateur
comme tant "une boisson" consistent en ralit en impressions lectriques de
couleur orange, de got doux et de sentiment de liquide du jus d'orange dans le
cerveau. La situation n'est pas diffrente quant au chocolat en tant qu'aliment;
les donnes lectriques se rapportant la forme, au got, l'odeur et la solidit
du chocolat sont perues dans le cerveau. Si les nerfs optiques qui vont vers
le cerveau devaient tre subitement sectionns, l'image du chocolat disparatrait
aussi soudainement. Une rupture du nerf qui relie les dtecteurs du nez au cerveau
interromprait compltement le sens olfactif.
Plus
simplement, l'arbre que vous voyez, les objets que vous sentez, le chocolat que
vous gotez et le jus d'orange que vous buvez ne sont que l'interprtation du
cerveau des signaux lectriques.
Un autre point
qui doit tre pris en compte mais pourrait tre trompeur, est le sens de la distance.
Ainsi, titre d'exemple, la distance qui vous spare du livre que vous tenez
n'est qu'une apparence d'espace forme dans votre cerveau. Les objets qui semblent
tre loigns de notre point de vue n'existent que dans le cerveau. Une personne
qui observe les toiles dans le ciel suppose qu'elles sont des millions d'annes-lumire
d'elle. Encore que ce qu'elle "voit" ne sont en ralit que les toiles qui sont
en elle, dans son centre de la vision. Pendant un voyage, celui qui regarde une
ville d'un avion pense qu'elle est des kilomtres de lui. Mais en ralit, toute
la ville, en longueur et en largeur, est l'intrieur de son cerveau ainsi que
tous ceux qui y vivent.
Aujourd'hui,
toutes les donnes scientifiques prouvent que l'image que nous percevons est forme
dans notre cerveau.
Tout
ce que nous voyons durant notre vie est form dans la partie arrire du cerveau
appele "centre de la vision" qui n'occupe que quelques cm3. Aussi bien l'image
d'une petite pice que l'immensit du paysage, que vous pouvez voir l'horizon,
toutes les deux sont inclues dans cet espace minuscule. Ainsi, nous voyons des
objets qui existent l'extrieur non pas dans leur taille relle existant l'extrieur
mais dans des tailles perues par notre cerveau.
Il existe aussi autre chose qui nous induit en erreur, mais
il s'agit l d'un facteur trs important. Tandis que vous lisez ces lignes, vous
n'tes pas, en ralit l'intrieur de la pice dans laquelle vous croyez tre;
au contraire, la pice est l'intrieur de vous. En vous regardant, vous tes
convaincus que vous en tes l'intrieur. Mais, vous devez vous rappeler que
mme votre corps est une image forme l'intrieur de votre cerveau. Bertrand
Russell apporte quelques lments de rponse:
"Ce
que nous pouvons dire, sur la base mme de la physique, est que ce que nous avons
jusqu'ici appel notre corps est en ralit une construction scientifique complexe
ne correspondant aucune ralit physique." 12
La vrit est on ne peut plus claire. Si nous pouvons
percevoir le monde externe uniquement par les organes de nos sens, il n'y a donc
aucune raison cohrente pour nous de considrer que notre corps est spar du
monde externe, c'est--dire, d'admettre que notre corps a une existence spare.
Notre corps se manifeste aussi grce aux stimulations
lectriques (des impulsions) qui vont jusqu'au cerveau. Ces impulsions, comme
toutes les autres, sont converties en sensations, ou en sentiments dans notre
cerveau. Par exemple, la sensation de contact lorsque nous touchons notre corps
de notre main, le sentiment de poids provoqu par la pesanteur, la sensation de
voir grce aux rayons reflts par notre corps, etc. tout cela est considr comme
"un ensemble de sentiments" par le cerveau et nous "ressentons" donc notre corps.
Et, comme nous l'apprenons de ces faits scientifiques, toute notre vie, nous ne
serons pas confronts notre corps original, mais aux impulsions se rapportant
notre corps que reoit notre cerveau. Et ce sont ces impulsions que l'on identifiera
comme tant "notre corps" selon notre perception.
Ce
sera exactement identique pour toutes vos autres perceptions. Ainsi, quand vous
pensez que vous entendez le son de la tlvision dans la chambre d' ct, en
ralit, vous percevez le son l'intrieur de votre cerveau. Vous ne pouvez prouver
ni qu'une pice existe ct de la vtre, ni qu'un son vient de la tlvision
dans cette pice. Aussi bien le son que vous pensez provenir de quelques mtres
plus loin, qu'une conversation d'une personne directement ct de vous, tout
cela est peru dans le centre de l'audition situ dans votre cerveau et qui n'est
que de quelques cm3 de taille. Mais dans ce centre de perception, aucun concept
tel que droite, gauche, devant ou derrire n'existe. Cela signifie que le
son ne vous vient pas de droite, de gauche ou d'ailleurs car il n'y a aucune direction
d'o vient le son.
Les odeurs que vous percevez
passent par le mme processus; aucune d'elles ne vous parvient d'une grande distance.
Vous supposez que les effets produits qui se forment dans votre centre de l'odorat
sont les odeurs des objets qui existent dans le monde externe. Cependant, tout
comme l'image d'une rose est dans votre centre de la vision, son odeur est dans
votre centre de l'odorat; il n'y a ni rose, ni odeur qui y correspond dans le
monde externe.
Les mmes ralits sont aussi
valables pour ce qui est de la chaleur. Un des principaux philosophes de son temps,
George Berkeley, explique grce l'exemple suivant que l'on ne peut pas juger
des sens comme le froid et le chaud pour dire qu'ils existent l'extrieur de
notre esprit:
Les dcouvertes de la physique moderne montrent que
l'univers est un ensemble de perceptions. La question suivante apparat sur la
couverture du clbre magazine scientifique amricain, New Scientist, qui a trait
du sujet dans son dition du 30 janvier 1999: "Au-del de la ralit: l'Univers
n'est-il vraiment qu'une information primaire trompeuse et la matire qu'un mirage?"
"Supposons maintenant
qu'une de vos mains est chaude et que l'autre est froide, ensuite que les deux
mains sont immdiatement mises dans la mme bassine d'eau une temprature intermdiaire;
cela ne ferait-il pas croire une main que l'eau est froide et l'autre qu'elle
est chaude?" 13
Berkeley
a raison dans son analyse. Si l'eau, en tant que matire, avait t chaude ou
froide, les deux mains auraient ressenti la mme chose.
Le
"monde externe" qui nous est accessible par nos perceptions est simplement un
ensemble de signaux lectriques atteignant notre cerveau. Au cours de notre vie,
notre cerveau traite et interprte ces signaux et nous vivons sans reconnatre
que nous nous trompons en supposant que ce sont les versions originales de choses
existant dans "le monde externe". Nous sommes induits en erreur parce que nous
ne pourrons jamais atteindre ces entits elles-mmes au moyen de nos sens. Ce
point est extrmement important.
En outre, notre
cerveau, nouveau, interprte et attribue un sens aux signaux que nous considrons
comme tant "le monde externe". Prenons uniquement pour exemple le sens de l'oue.
Notre cerveau transforme les ondes sonores du "monde externe" en rythme. C'est--dire
que la musique est aussi une perception produite par notre cerveau. De la mme
manire, quand nous voyons des couleurs, en ralit cela
signifie que nos yeux sont simplement soumis un ensemble de signaux lectriques
de longueurs d'ondes diffrentes. Notre cerveau transforme nouveau ces signaux
en couleurs. Mais, il n'existe pas de couleurs dans "le monde externe". Le citron
n'est pas plus jaune que le ciel n'est bleu, ni que les arbres ne sont verts non
plus. Ils sont comme ils sont seulement parce que nous les percevons ainsi. Le
"monde externe" dpend entirement de celui qui le peroit. Le daltonisme est,
ce sujet, la preuve la plus vidente. Mme le dfaut le plus lger dans la rtine
de l'il peut tre la cause du daltonisme. Certaines personnes prennent le bleu
pour du vert, d'autres voient du rouge la place du bleu. Or, ce stade, il
n'est pas si important que l'objet l'extrieur soit color ou non.
Et, selon Berkeley, le clbre penseur:
"Si
les mmes choses peuvent tre la fois rouges et chaudes pour certains et le
contraire pour d'autres, cela signifie que nous sommes sous l'influence d'ides
fausses et que "les choses" n'existent que dans notre cerveau." 14
Enfin, pour conclure, si nous
voyons des objets apparemment colors, ce n'est pas parce qu'ils le sont effectivement
ou parce qu'ils ont matriellement une existence indpendante en dehors de la
ntre. En ralit, si les couleurs avaient exist dans un monde externe, un dfaut
tel que le daltonisme n'aurait jamais exist. La ralit de la matire est que,
l'vidence, toutes les qualits que nous attribuons aux objets sont en ralit
en nous-mmes et non pas dans un espace qui serait "le monde externe".
L'existence d'un "monde externe" est-elle
indispensable?
Jusqu' maintenant, nous n'avons
cess de parler de l'existence d'un monde de perceptions form dans notre esprit
et avons affirm que nous ne pourrons, en ralit, jamais l'atteindre. Alors,
comment pouvons-nous tre aussi srs qu'un monde pareil existe rellement?
En fait, nous ne le pouvons pas. Sachant que chaque
objet n'est qu'un ensemble de perceptions et que ces perceptions n'existent que
dans l'esprit, il est plus judicieux d'affirmer que le seul monde qui existe rellement
est le monde des perceptions. Le seul monde dont nous avons connaissance est le
monde qui existe dans nos esprits: celui qui est conu, mmoris et qui existe
cet endroit prcis, pour rsumer, celui qui est cr dans notre esprit. C'est
le seul monde dont nous pouvons tre srs.
Suite des stimulus artificiels,
un monde physique aussi vrai et raliste que l'original peut tre produit dans
notre cerveau mme en l'absence du monde physique. Suite des stimulus artificiels,
une personne peut imaginer qu'elle vole en avion alors qu'elle est en ralit
assise chez elle.
Nous
ne pourrons jamais prouver que les perceptions que nous dtectons dans notre cerveau
ont des corrlations matrielles. Mais, nous pouvons concevoir qu'elles proviennent
d'une source "artificielle".
Nous pouvons le
voir grce l'exemple suivant:
D'abord, imaginons
que nous prenions votre cerveau hors de votre corps et le maintenions artificiellement
en vie dans un bocal en verre. A ses cts, nous aurions un ordinateur grce auquel
toutes sortes de signaux lectriques peuvent tre mises. Ensuite, produisons
et enregistrons artificiellement dans cet ordinateur les signaux lectriques des
donnes relatives une scne qui comprendrait l'image, le bruit, l'odeur, la
solidit et la douceur, le got, et l'apparence du corps. Cette exprience avec
votre cerveau, que nous avons extrait hors de votre corps sera ralise au sommet
d'une montagne dserte. Enfin, connectons l'ordinateur au cerveau grce des
lectrodes qui fonctionneront comme les nerfs. Ils enverront les donnes prenregistres
votre cerveau qui se trouve maintenant tout en haut, au-dessus des nuages. Pendant
que votre cerveau (qui est littralement vous) peroit ces signaux, il verra et
vivra la scne programme. Supposons, par exemple, que chaque dtail qui vient
l'esprit au sujet d'un match de football dans un stade soit produit ou enregistr
de manire ce que ce soit peru par les organes des sens. Dans votre cerveau,
livr lui-mme au sommet de la montagne, mais reli cet instrument d'enregistrement,
vous auriez le sentiment de vivre dans ce dcor artificiellement cr. Vous penseriez
assister au match. Vous encourageriez, vous seriez parfois fch et parfois heureux.
Bien plus, vous vous cogneriez souvent d'autres personnes en raison de la foule,
et de ce fait ressentiriez leur prsence galement. Le plus intressant est que
ce serait si vivant que vous ne douteriez jamais de l'existence de cette scne
ou de votre corps. Ou alors, si nous envoyions votre cerveau les quivalents
lectriques des sens tels que ceux qui permettent de voir, d'entendre et de toucher,
que vous percevez lorsque vous tes assis une table, votre cerveau se penserait
en tant qu'homme d'affaires son bureau. Ce monde imaginaire perdurera tant que
les stimulations continuent provenir depuis l'ordinateur. Il ne vous viendra
jamais l'esprit de penser que vous n'tes rien d'autre que votre cerveau. C'est
parce que ce qui est ncessaire pour former un monde dans votre cerveau n'est
pas l'existence d'un vrai monde mais plutt les stimulus qui pourraient aussi
provenir d'une source artificielle, telle qu'un dispositif d'enregistrement ou
alors une source de perception d'un genre diffrent. Les expriences faites
ce sujet l'ont confirm.
Aux Etats-Unis, le
Dr White de l'Hpital de Cleveland, de concert avec ses collgues, tous experts
en matire d'lectronique, a ralis un grand exploit en faisant en sorte que
le "Cyborg" survive. Ce qu'a russi faire le docteur White tait d'isoler un
cerveau de singe en l'extrayant de son crne et en l'alimentant d'oxygne et de
sang. Le cerveau, qui a t reli une "machine cur et poumon" artificiellement
produite, a t maintenu en vie pendant cinq heures. Le dispositif, appel lectro-encphalogramme,
auquel le cerveau isol a t reli, a identifi dans les enregistrements de l'appareil
(E.E.G.) que les bruits faits dans les alentours ont t entendus par ce cerveau
et qu'il y a ragi.15
Comme
nous l'avons dj vu, il est tout fait possible que nous percevions un monde
externe provoqu par des stimulus artificiels. Les symboles que vous percevez
avec vos cinq sens sont suffisants en cela. En dehors de ces symboles, il n'y
a rien du monde externe.
Il est en effet trs
facile pour nous d'tre leurrs en croyant que les perceptions sont vraies, alors
qu'elles n'ont aucune correspondance matrielle. Nous prouvons souvent ce sentiment
dans nos rves. Et durant ces priodes de rve, nous vivons des vnements, voyons
des personnes, des objets et des situations qui semblent compltement vrais. Cependant,
ils ne sont tous, sans exception, que des perceptions. Il n'y a aucune diffrence
fondamentale entre le "rve" et le monde "rel"; dans les deux cas ce ne sont
que des expriences qui existent dans le cerveau.
Qui
est celui qui peroit?
Comme nous l'avons indiqu
jusque l, il n'y a aucun doute que le monde dans lequel nous pensons vivre et
que nous connaissons comme tant le "monde externe" est peru dans notre cerveau.
Cependant, se pose ici la question d'importance fondamentale: la volont qui peroit
toutes ces perceptions est-elle le cerveau lui-mme?
Quand
nous analysons le cerveau, nous voyons qu'il est compos de molcules, de lipides
et de protines, qui existent galement dans d'autres organismes vivants. Comme
il est de notorit, l'essence de ces protines, ce sont, en fait, les atomes.
Ceci signifie que dans le morceau de viande que nous appelons "cerveau", il n'y
a rien qui nous permet de voir les images, de constituer la conscience ou de crer
l'tre que nous appelons le "moi".
R. L. Gregory
fait rfrence une erreur communment commise en rapport la perception des
images dans le cerveau:
"Il y a une tentation
viter qui est de dire que les yeux produisent des images dans le cerveau. Une
image dans le cerveau suggre la ncessit d'une espce d'il interne pour la
voir, mais provoquerait le besoin d'un autre il pour voir son image et ainsi
de suite, dans une srie sans fin d'yeux et d'images. Or, tout cela serait absurde."
16
C'est
trs exactement ce point mme qui pose problme aux matrialistes, eux qui ne
croient en rien d'autres qu' la matire: qui donc appartient cet "il intrieur"
qui voit, qui interprte ce qu'il voit et qui ragit?
Dans
le monde des sciences et de la philosophie, Karl Pribram a lui aussi mis l'accent
sur cette question importante; sur le fait de savoir qui est celui qui peroit:
"Les philosophes depuis les Grecs ont spcul
propos du "fantme" dans la machine, du "petit homme l'intrieur du petit
homme" et ainsi de suite. O est le JE - l'entit qui utilise le cerveau? Celle
qui est en fait l'origine du savoir? Ou alors, comme Saint Franois d'Assise
l'a dit par le pass, 'ce que nous recherchons est ce que nous appelons voir'."
17
Maintenant,
pensez ceci: le livre entre vos mains, la pice dans laquelle vous tes, bref,
toutes les images qui sont devant vos yeux sont visualises l'intrieur de votre
cerveau. Serait-ce les atomes qui voient ces images? Des atomes aveugles, sourds
et inconscients? Comment des atomes sans vie et sans connaissance pourraient-ils
ressentir, comment pourraient-ils voir? Comment certains atomes pourraient-ils
acqurir cette qualit tandis que d'autres ne le pourraient pas? Penser, comprendre,
se souvenir, tre enchant, tre malheureux, et absolument tous nos actes ne consistent-ils
qu'en des ractions lectrochimiques de ces atomes? Non, le cerveau ne peut tre
la volont qui excute tout cela.
Dans les sections
prcdentes, nous avons prcis que notre corps est galement inclus dans cet
ensemble de perceptions que nous appelons le "monde externe". De ce fait, puisque
le cerveau lui-mme fait partie de notre corps, il fait donc partie de cet ensemble
de perceptions. Et puisque le cerveau lui-mme est une perception, il ne peut
donc tre la volont qui peroit d'autres perceptions.
Dans
son livre, The ABC of Relativity (L'ABC de la relativit), Bertrand Russel s'intresse
la question en faisant la remarque:
"Il est
bien entendu que si la matire en gnral, doit tre interprte comme tant une
somme d'occurrences, cela doit galement s'appliquer l'il, au nerf optique
et au cerveau." 18
Il
est clair que l'tre qui voit, entend, peroit et ressent est un tre supra-matriel.
Car la matire ne peut pas penser, sentir, tre heureuse ou malheureuse. Il n'est
pas possible de faire tout cela uniquement avec le corps. Par consquent, cet
tre n'est ni matire, ni image, mais il est "vivant". Cet tre se connecte
"l'cran" devant lui en employant l'image de notre corps.
Un
exemple concernant les rves clairera un peu mieux le sujet. Imaginons (en accord
avec ce qui a t dit jusqu'ici) que nous voyons le rve dans notre esprit. Dans
le rve, nous aurions un corps imaginaire, un bras imaginaire, un il imaginaire,
et un cerveau imaginaire. Si pendant notre rve, il nous est demand: "O voyez-vous?,
nous rpondrions: "Je vois dans mon cerveau". S'il nous tait demand o estg
notre cerveau et quoi il ressemble, nous tiendrions notre tte imaginaire sur
notre corps imaginaire avec notre main imaginaire en disant: "Mon cerveau est
un morceau de viande dans ma tte pesant peine plus d'un kilo".
Pourtant, il n'y a pas vraiment de cerveau propos duquel
parler, mais une tte imaginaire et un cerveau imaginaire. Et celui qui voit les
images n'est pas le cerveau imaginaire dans le rve, mais un tre qui lui est
largement suprieur.
Nous savons qu'il n'y a
concrtement aucune diffrence entre la scne d'un rve et celle de ce que nous
appelons la vraie vie. Ainsi quand il nous est demand dans la scne de ce que
nous appelons la vraie vie: "O voyez-vous?, cela n'aurait aucun sens de rpondre:
"A l'intrieur de mon cerveau" comme dans l'exemple ci-dessus. Dans les deux situations,
l'entit qui voit et peroit n'est pas le cerveau, qui n'est, aprs tout, qu'un
morceau de viande. Prenant conscience de cela, Bergson dit, en rsum, dans son
livre Matter and Memory (Matire et mmoire), que "le monde se compose d'images,
ces images existent seulement dans notre conscience; et le cerveau est l'une de
ces images".19
Par
consquent, puisque le cerveau est une partie du monde externe, il doit exister
une volont pour percevoir toutes ces images. Et, cet tre est "l'me".
La totalit des perceptions que nous appelons le "monde
matriel" n'est rien d'autre qu'un rve observ par cette me. Tout comme les
corps que nous possdons et le monde matriel que nous voyons dans nos rves n'ont
aucune ralit, l'Univers que nous habitons et les corps que nous possdons n'ont
galement aucune ralit matrielle. Le clbre philosophe britannique David Hume
exprime ainsi sa faon de voir sur le sujet:
"Pour
ma part, quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle le "moi", je trbuche
toujours sur une certaine perception particulire ou une autre, de chaleur ou
de froid, de lumire ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir.
Jamais je ne peux me trouver sans perception, aucun moment, et jamais je ne
peux observer quoi que ce soit, part la perception." 20
L'tre vritable est l'me. La matire consiste uniquement
en perceptions visualises par l'me. Les tres intelligents qui crivent et lisent
ces lignes ne sont pas chacun un tas d'atomes et de molcules, et les ractions
chimiques qu'ils provoquent, mais une "me".
Le
vritable tre absolu
Tous ces faits nous amnent
une question cruciale. Si ce que nous considrons comme tant le monde matriel
n'est compos que de perceptions que voit notre me, alors quelle est la source
de ces perceptions?
Avant de rpondre cette question,
nous devrions tenir compte de ce qui va suivre: la matire, en tant que telle,
n'a pas d'existence autonome. Et puisqu'elle n'est qu'une perception, elle ne
peut qu'tre "artificielle". Ce qui signifie que cette perception doit avoir t
provoque par une autre puissance, autrement dit, elle doit avoir t cre. Par
ailleurs, cette cration doit tre continue. S'il n'y avait pas une cration continue
et cohrente, alors ce que nous appelons la matire disparatrait et serait perdue.
Ceci peut tre compar un cran de tlvision sur lequel une image est montre
aussi longtemps qu'un signal continue tre mis. Ainsi, qui donc fait que notre
me voit les toiles, la Terre, les plantes, les gens, nos corps, et tout ce que
nous pouvons voir?
Il est
tout fait vident qu'il y a un Crateur, Qui a cr l'Univers physique, autrement
dit la somme des perceptions, et continue Sa cration sans cesse. Puisque ce Crateur
nous dvoile une cration aussi magnifique, Il a certainement la puissance et
le pouvoir ternels.
Le cerveau est un ensemble
de cellules composes de protines et de molcules grasses. Il est form de cellules
nerveuses appeles neurones ( gauche). Ce ne sont certainement pas les neurones
qui constituent la conscience. Lorsque nous examinons la structure des neurones,
nous voyons des atomes ( droite). Il est totalement impossible des atomes inconscients
d'tre l'origine de la conscience. Ce morceau de chair n'a pas la capacit d'observer
des images, de constituer la conscience, ou de crer l'tre que nous appelons
le "moi".
Ce Crateur Se prsente nous. Il
nous a fait parvenir un livre et travers ce livre S'est Lui-mme dcrit nous,
a dcrit l'Univers et nous explique les raisons de notre existence.
Ce Crateur est Dieu et le nom de son livre est le Qor'an.
Les faits qui noncent que les cieux et la terre,
c'est--dire l'Univers, ne sont pas stables, que leur existence n'est effective
que lorsque Dieu les cre et qu'ils disparatront lorsqu'Il mettra un terme
cette cration, tout cela est expliqu dans le verset suivant:
Allah
retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient,
nul autre aprs Lui ne pourra les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. (Sourate
Fatir - 35, verset 41)
Comme nous l'avons indiqu
au dbut, certaines personnes n'ont aucune comprhension vritable de Dieu et
ainsi elles L'imaginent comme un tre vivant quelque part dans les cieux et n'intervenant
pas vraiment dans les affaires du monde. Les fondements de cette logique reposent
en fait sur l'acception que l'Univers est un agrgat de matire et que Dieu est
"en dehors" de ce monde matriel, en un lieu trs loign. Dans certaines religions
fausses, la croyance en Dieu se limite cette comprhension.
Cependant,
tel que nous l'avons tabli jusqu'ici, la matire se compose uniquement de sensations.
Et le seul tre absolu vritable est Dieu. Cela signifie que seul Dieu existe;
toutes choses en dehors de Lui ne sont que des tres d'ombre. En consquence,
il est impossible de concevoir Dieu comme tant spar et extrieur toute cette
masse de matire. Car il n'y a en fait aucune matire au sens qu'elle existerait.
Dieu est trs srement "partout" et embrasse toute chose. Cette ralit est ainsi
explique dans le Qor'an:
Allah! Point de
divinit part Lui, le Vivant, Celui Qui subsiste par Lui-mme "El Qayyoum".
Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans
les cieux et sur la terre. Qui peut intercder auprs de Lui sans Sa permission?
Il connat leur pass et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce
qu'Il veut. Son Trne "Koursiy", dborde les cieux et la terre, dont la garde
ne Lui cote aucune peine. Et Il est le Trs Haut, le Trs Grand. (Sourate El
Baqara - 2, verset 255)
Dieu Qui n'est pas limit
par l'espace et Qui embrasse toute chose est prsent dans le verset suivant:
A Allah seul appartiennent l'Est et l'Ouest.
O que vous vous tourniez, la Face (direction) d'Allah est donc l, car Allah
a la grce immense; Il est Omniscient. (Sourate El Baqara - 2, verset 115)
Sachant que les tres matriels sont chacun d'entre
eux une perception, ils ne peuvent donc voir Dieu; mais Dieu voit ce qu'Il a cr
sous toutes ses formes. Le Qor'an le rapporte ainsi:
Les
regards ne peuvent l'atteindre, cependant qu'Il saisit tous les regards. Et Il
est le Doux, le Parfaitement Connaisseur. (Sourate El En'am - 6, verset 103)
Cela signifie que nous ne pouvons pas saisir Dieu avec
nos yeux, mais qu'Il a entirement embrass ce qui est en nous, ce qui nous est
extrieur, nos regards et nos penses. C'est pour cette raison que Dieu dit "qu'Il
dtient l'oue et la vue" (Sourate Younous - 10, verset 31). Nous ne pouvons
mettre le moindre son sans qu'Il ne le sache, pas plus que le moindre souffle.
Si nous devions profondment rflchir tout ce qui a t
dit jusqu' maintenant, nous raliserions immdiatement, par nous-mmes, l'tonnante
et extraordinaire ralit: que tous les vnements dans le monde ne sont que pure
imagination
Tandis que nous observons
ces perceptions sensorielles au cours de nos vies, l'tre le plus proche de nous
n'est aucune de ces sensations, mais Dieu Lui-mme. Le verset suivant du Qor'an
affirme cette ralit: "Nous avons effectivement cr l'homme et Nous savons ce
que son me lui suggre et Nous sommes plus prs de lui que sa veine jugulaire"
(Sourate Qaf - 50, verset 16). Lorsqu'une personne pense que son corps n'est constitu
que de "matire", elle ne peut saisir ce fait d'importance. Si elle considre
son cerveau pour tre "elle-mme", alors l'espace qu'elle accepte pour tre ce
qui lui est extrieur n'est que de 20 30 centimtres de distance d'elle. Selon
ce raisonnement, rien ne peut tre plus proche de cette personne que sa veine
jugulaire. Cependant, quand elle comprend qu'il n'existe rien de telle que la
matire et que tout est imaginaire, des notions telles que l'extrieur, l'intrieur,
le lointain ou le proche perdent leur signification. Dieu cerne cette personne
de toutes parts et Il est "infiniment prs" d'elle.
Dieu
informe les hommes qu'Il est "infiniment prs" d'eux dans le verset: "Et
quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi alors Je suis tout proche (d'eux)"
(Sourate El Baqara - 2, verset 186). Un autre verset rapporte le mme fait: "Et
lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance
et Son savoir)." (Sourate El Isra - 17, verset 60) Cependant, l'homme est induit
en erreur lorsqu'il pense que l'tre le plus proche de lui est lui-mme. Dieu,
en vrit, est encore plus proche de nous que nous-mmes.
Il
a attir notre attention sur cet aspect des choses dans ce verset:"Lorsque
le souffle de la vie remonte la gorge (d'un moribond), et qu' ce moment-l
vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l'entourez]
mais vous ne [le] voyez point." (Sourate El Waqi'a -
56, versets 83-85) En effet, quelqu'un sur son lit de mort ou qui est malade peut
penser, bien que compltement dans l'erreur, qu' ce moment, l'tre le plus proche
de lui est son docteur ses cts, ou alors sa mre qui lui tient la main, ou
encore quelqu'un de cher qui l'treint. Cependant, comme le rapporte le verset,
Dieu est plus proche de lui que n'importe qui. Et, malgr cela, les gens traversent
l'existence compltement inconscients de cet vnement phnomnal parce qu'ils
ne le voient pas de leurs yeux.
La seule conclusion
tirer, de la totalit des faits prsents ici, est que le seul tre vritable
et absolu est Dieu. Par Sa science, Dieu cerne l'homme, qui n'est qu'un tre d'ombre,
tout comme le reste: "En vrit, votre seul Dieu est Allah en dehors de Qui il
n'y a point de divinit. De Sa science Il embrasse tout." (Sourate Ta-Ha - 20,
verset 98) Dans un autre verset du Qor'an, Dieu avertit les gens contre autant
d'insouciance:
Ils sont dans le doute, n'est-ce
pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur? C'est Lui certes Qui embrasse
toute chose (par Sa science et Sa puissance). (Sourate Foussilate - 41, verset
54)
C'est tout le contraire qui est vrai pour
l'homme, qui n'est rien d'autre qu'un tre d'ombre et qui est si totalement dpendant
de Dieu, qu'il lui est impossible d'avoir quelque pouvoir ou quelque volont indpendants:
"Vous ne saurez vouloir, moins qu'Allah veuille"
(Sourate El Insane - 76, verset 30) Un autre verset montre que tout ce que nous
prouvons, nous le faisons sous le contrle de Dieu: " c'est Allah Qui vous a
crs, vous et ce que vous faites." (Sourate Essafat - 37, verset 96) Dans le
Qor'an, cette ralit est expose plusieurs endroits et dans le verset suivant:
" et lorsque tu lanais (une poigne de terre),
ce n'est pas toi qui lanais: mais c'est Allah Qui lanait" (Sourate
El Anfal - 8, verset 17), il est soulign qu'aucun acte n'est indpendant de Dieu.
Sachant que l'tre humain est un tre d'ombre, il n'excute pas l'acte de lancer
lui-mme. Cependant, Dieu donne cet tre d'ombre le sentiment d'un "moi". En
ralit, Dieu excute tous les actes. Si quelqu'un considre les actes qu'il fait
comme tant les siens, pensant que lui-mme fait tout ce qu'il fait, et qu'en
plus suppose qu'il est un tre dot d'un pouvoir indpendant et met sa confiance
sur ce pouvoir, il ne cherche l'vidence qu' se leurrer lui-mme. Car bien
entendu, l'homme est un tre totalement sous le contrle de Dieu.
Ceci est la ralit. L'individu peut ne pas vouloir l'admettre
et peut penser lui-mme en tant qu'tre indpendant de Dieu; mais cela ne change
rien la ralit. Bien sr, son refus imprudent est de nouveau soumis la volont
et au dsir de Dieu. Dans le Qor'an, ce fait est ainsi affirm:
Dsirent-ils
une autre religion que celle d'Allah, alors que se soumet Lui, bon gr, mal
gr, tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre, et que c'est vers Lui
qu'ils seront ramens? (Sourate Al 'Imran - 3, verset 83)
Dieu est Omniscient
L'attribut
de Dieu El Mouhit signifie "Celui Qui embrasse tout". Puisque Dieu englobe tout,
il est Celui Qui sait tout ce que les gens vivent. Dieu a cr tous les sentiments
comme la douleur, la peine, l'amour, le plaisir, la tristesse et le bonheur, ainsi
Dieu les connat tous trs bien. Parce qu'Il connat, Il cre et fait que Ses
serviteurs les prouvent autant qu'Il Le veut. Un point doit tre cependant clarifi:
Dieu est totalement tranger ces douleurs et ces dfauts. Un autre attribut
de Dieu dans le Qor'an est El Qouddous, qui signifie "Celui Qui est totalement
exempt d'erreur ou d'oubli, Qui est sans imperfection ou dfaut de quelque sorte
que ce soit". Toutes les imperfections appartiennent l'homme.
Un
des attributs de Dieu mentionn dans le Qor'an est El Mouta'ali, qui signifie
"Celui Qui est lev au-dessus de tout acte, de toute manire ou condition et
de toute pense que n'importe quel tre peut avoir". Cela signifie que Dieu englobe
toute chose o qu'elle soit et connat les secrets les plus intimes de toute chose.
C'est cela "savoir" au sens rel du terme. Et afin de saisir la toute-puissance
et l'omnipotence de Dieu, nous avons besoin d'avoir une meilleure connaissance
de ce sujet. Le fait que Dieu connat les douleurs, les peines et chaque sentiment
que nous prouvons nous fait nouveau comprendre qu'Il est plus proche de nous
que notre veine jugulaire. Dieu voit l'homme o qu'il soit. Mme quand il est
seul dans un abri, qu'il est cach ou qu'il se trouve en un lieu tenu secret,
un lieu o personne ne peut le voir. Et mme quand il pense qu'il prpare quelque
chose de trs secret, Dieu le voit. Dans le Qor'an, il est rapport que Dieu est
Tout-Conscient.
Ne savent-ils pas qu'Allah
connat leur secret et leurs conversations confidentielles et qu'Allah connat
parfaitement les (choses) inconnaissables. (Sourate Ettawba - 9, verset 78)
Dieu entend tous les mots: mme au moment o l'individu
pense qu'il chuchote secrtement derrire des portes verrouilles et des murs
solides, Dieu l'entend. Dieu sait ce qui est dans son cur, ce qu'il cache tout
le monde, ainsi que ce qui se trouve dans son subconscient dont lui-mme n'en
a mme pas conscience. Dans le Qor'an, il est mis l'accent sur ces faits:
Et si tu lves la voix, Il connat certes les secrets,
mme les plus cachs. (Sourate Ta-Ha - 20, verset 7)
Tout
ce que vous possdez est intrinsquement illusoire
Comme c'est tout fait vident, c'est un fait
logique et scientifique que "le monde externe" n'a aucune ralit matrielle et
que ce n'est qu'un ensemble d'images systmatiquement prsentes notre me par
Dieu. Nanmoins, les gens n'ont pas l'habitude de tout inclure, ou plutt ne veulent
pas tout inclure dans le concept de "monde externe".
Pensez
trs sincrement et courageusement cette question. Vous vous rendrez compte
que votre maison, vos meubles, votre voiture - qui a peut-tre t rcemment achete,
- le bureau, les bijoux, le compte bancaire, la garde-robe, le conjoint, les enfants,
les collgues et toute chose que vous possdez sont en fait inclus dans ce monde
externe imaginaire qui est projet. Tout ce que vous voyez, entendez, ou sentez
- en rsum - ce que vous percevez autour de vous avec vos cinq sens est une partie
de ce "monde imaginaire": la voix de votre chanteur prfr, la solidit de la
chaise sur laquelle vous tes assis, le parfum dont vous aimez l'odeur, le soleil
qui vous tient au chaud, une fleur avec de belles couleurs, un oiseau qui vole
devant votre fentre, une vedette se dplaant trs vite sur l'eau, votre jardin
fertile, l'ordinateur que vous utilisez votre travail, ou votre chane stro
quipe de la technologie la plus avance
Ceci
est la ralit, parce que le monde n'est qu'un ensemble d'images cres pour mettre
l'homme l'preuve. Les gens sont valus tout au long de leurs vies limites
par des perceptions qui n'ont aucune ralit. Ces perceptions sont intentionnellement
prsentes comme attractives et attirantes. Cela est mentionn dans le Qor'an:
On a enjoliv aux gens l'amour des choses
qu'ils dsirent: femmes, enfants, trsors thsauriss d'or et d'argent, chevaux
marqus, btail et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie prsente,
alors que c'est prs d'Allah qu'est le meilleur retour. (Sourate Al 'Imran - 3,
verset 14)
La plupart des gens rejettent leur
religion parce qu'ils ont succomb l'appt de la proprit, de la richesse et
ont amass des rserves d'or et d'argent, des dollars, des bijoux, des comptes
en banque, des cartes de crdit, des garde-robes fournies, des voitures derniers
modles, bref tout ce qui correspond la prosprit dans ce qu'ils possdent
ou s'efforcent de possder. Ils se concentrent uniquement sur ce monde en oubliant
l'au-del. Ils sont leurrs par la "belle et attrayante" apparence de la vie de
ce monde et n'arrivent pas conserver leur prire (salat), ou tre charitables
envers les pauvres, ou pratiquer cette sorte d'adoration qui les fera prosprer
dans l'au-del. Au lieu de cela, ils disent "j'ai des choses faire", "j'ai des
idaux", "j'ai des responsabilits", "je n'ai pas assez de temps", "j'ai des tches
accomplir" ou "je le ferai plus tard". Ils consomment leurs vies en essayant
de prosprer uniquement dans ce monde. Dans le verset, "ils connaissent un aspect
de la vie prsente, tandis qu'ils sont inattentifs l'au-del (sourate Erroum
- 30, verset 7), cette fausse ide est clairement rsume.
Ce
que nous dcrivons dans ce chapitre, savoir, que toute chose n'est qu'une image,
est trs important en ce que ses implications rendent toutes les convoitises et
limites sans signification. Cette vrit nous dit avec prcision que tout ce
quoi les gens accordent de la valeur, possdent ou font de gros efforts pour acqurir
- la richesse acquise par avidit, les enfants dont ils se vantent, les conjoints
qu'ils considrent les plus proches d'eux, les amis, leurs corps dont ils prennent
tant soin, le statut social qu'ils croient tre une forme de supriorit, les
coles qu'ils ont frquentes, les lieux de vacances o ils ont sjourn - tout
cela n'est rien qu'une illusion. Ainsi, tous les efforts, le temps pass et la
satisfaction de leur avidit, sont vains.
C'est
pourquoi certaines personnes se rendent inconsciemment stupides quand elles se
vantent de leurs richesses et proprits, ou de leurs "yachts, hlicoptres, usines,
manoirs et terres" comme si tout cela avait vraiment exist. Ces gens aiss qui
naviguent avec ostentation sur leurs yachts, exhibent leurs voitures et n'arrtent
pas de parler de leur richesse, pensent que leurs positions les classent plus
haut que n'importe qui dans l'chelle sociale. Ils font de leur vie un spectacle
avec leurs tenues vestimentaires, et la construisent entirement sur de telles
passions et comptitions en continuant penser qu'ils sont dans la russite en
fonction de tout cela. Ils devraient en ralit penser l'tat dans lequel ils
se trouveront le jour o ils se rendront compte que le succs sur terre n'est
rien qu'une illusion.
Ces scnes se rptent
de faon similaire dans les rves. Dans leurs rves, ils ont aussi des maisons,
des voitures rapides, des bijoux extrmement prcieux, des rouleaux de dollars
et des quantits d'or et l'argent. Dans leurs rves, ils ont aussi des statuts
sociaux trs levs, possdent des usines avec des milliers d'ouvriers, ont le
pouvoir de rgner sur beaucoup de personnes et s'habillent de vtements qui font
que chacun les admire. Mais tout comme le rveur serait moqu de se vanter de
ce qu'il possde dans ses rves, ainsi la personne compltement veille serait
galement ridiculise de se vanter des images qu'elle voit dans ce monde. Car
ce qu'elle voit dans ses rves et dans ce monde ne sont tous les deux que des
images issues de son esprit. Ce fait doit certainement tre mrement mdit. Comme
montr dans le verset suivant, ceux qui prennent conscience de tout cela seront
couronns de succs:
Certes, il vous est
parvenu des preuves videntes, de la part de votre Seigneur. Donc, quiconque voit
clair, c'est en sa faveur; et quiconque reste aveugle, c'est son dtriment,
car je ne suis nullement charg de votre sauvegarde. (Sourate El En'am - 6, verset
104)
De la mme manire, la faon dont les gens
ragissent aux vnements qu'ils vivent dans le monde fera qu'ils en prouveront
de la honte quand ils comprendront la ralit. Ceux qui se battent avec acharnement
les uns les autres, dlirent avec furie, commettent des escroqueries, acceptent
des dessous de table, commettent des contrefaons, mentent, thsaurisent gostement
leur argent, font du mal aux gens, frappent et maudissent les autres, se mettent
en colre avec agressivit, se battent pour les honneurs, sont envieux et aiment
se montrer, ceux-l seront dshonors quand ils se rendront compte que tout
ce qu'ils ont fait l'tait dans un monde de rve.
Puisque
Dieu a cr toutes ces images, le Propritaire Suprme de tout est Dieu seul.
Ce fait est soulign dans le Qor'an:
C'est
Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah
embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance). (Sourate Ennissa - 4,
verset 126)
C'est une grande sottise que de
rejeter la religion pour des passions imaginaires et perdre ainsi la vie ternelle.
De plus, tout cela ne peut mener qu' des malheurs ternels. Dieu nous prvient
de ce que l'tat d'obstination irrligieuse engendre:
ce qu'ils auront fait ici-bas sera un chec, et sera vain ce qu'ils auront uvr.
(Sourate Houd - 11, verset 16)
Comme nonc
dans le verset prcdent, leurs passions et leur avidit s'avreront nulles et
non avenues et ce qu'ils pensaient possder est vou disparatre; rien de cela
ne sera d'une quelconque utilit et deviendra sans valeur.
A
ce stade, une chose doit tre claire. Il n'est pas dit ici que "les biens et la
richesse que vous possdez et avec lesquels vous vous montrez avares ainsi que
vos enfants, vos conjoints, vos amis et votre statut disparatront tt ou tard
et n'ont donc pas de signification", mais que "tous les biens que vous pensez
possder n'existent pas; ce ne sont que des rves composs d'images que Dieu vous
montre pour vous tester". Comme vous le voyez, il y a une grande diffrence entre
les deux assertions. Si la premire affirmation avait t accepte sa valeur
nominale, l'individu aurait pu tre induit en erreur penser que toutes ces choses,
les gens, les relations et le statut temporel ont rellement exist, mme temporairement,
et de ce fait il pourrait toujours y travailler avec avidit pour les possder.
Mais partant de la dernire affirmation qui nous situe l'tat rel des choses,
c'est--dire que tout est imaginaire, n'importe quel individu qui a montr de
l'avidit cette fin sera dshonor et subira ainsi une perte sans prcdent.
Bien que l'on ne veuille pas le reconnatre
immdiatement en prfrant se leurrer croire que tout ce que l'on possde existe
vraiment, la mort est une certitude et dans l'au-del tout sera clair quand nous
serons recrs. Ce jour-l, nous dit le Qor'an, la vue est perante (sourate Qaf
- 50, verset 22), et nous verrons tout beaucoup plus clairement. Cependant, si
nous avons pass nos vies poursuivre des buts imaginaires, nous nous mettrons
souhaiter n'avoir jamais vcu cette vie et dirons: "Hlas, comme j'aurai souhait
que [ma premire mort] ft la dfinitive. Ma fortune ne m'a servi rien. Mon
autorit est anantie et m'a quitt!" (Sourate El Haqqa - 69, versets 27-29)
Ce qu'un homme sage devrait faire, d'autre part, est
d'essayer de comprendre la plus grande ralit de l'Univers dans ce monde-ci,
tant qu'il en a encore le temps. Autrement, il passera sa vie courir aprs des
rves pour subir, en fin de compte, un terrible chtiment. Dans le Qor'an, l'tat
de ces gens courant aprs des illusions (ou des images) dans ce monde en oubliant
leur Crateur, est ainsi dcrit:
Quant
ceux qui n'ont pas cru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine dsertique
que l'assoiff prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperoit que
ce n'tait rien; mais y trouve Allah Qui lui rgle son compte en entier, car Allah
est prompt compter. (Sourate Ennour - 24, verset 39)
Quelle
est la diffrence entre le monde des rves et le
monde que nous percevons?
Pour les gens, la
ralit est ce que l'on peut toucher des mains et voir des yeux. Ci-dessus, nous
avons mentionn que les organes de nos sens nous induisent en erreur et not que,
scientifiquement, nous ne pourrons jamais atteindre la ralit du monde externe.
L'univers des perceptions que nous habitons peut aussi s'expliquer en utilisant
les rves par analogie. Dans vos rves, vous pouvez aussi "toucher de vos mains
et voir de vos yeux", mais en ralit, vous n'avez pas plus de mains que d'yeux,
ni quoi que ce soit que l'on pourrait toucher ou voir. Il n'y a pas de ralit
matrielle qui donne vie ces choses si ce n'est votre esprit. Vous tes simplement
l'objet d'illusions.
Qu'est-ce qui spare la
vie relle du rve? Est-ce le fait que la vie relle est sans interruption et
que les rves sont discontinus, ou plutt qu'il y a des rapports de cause effet
diffrents dans les rves? Fondamentalement, ce ne sont pas des diffrences importantes.
En fin de compte, les deux formes d'existence prennent vie dans notre esprit.
Si nous sommes en mesure de nous mouvoir aisment
dans un monde irrel dans nos rves, il en est de mme pour le monde dans lequel
nous vivons veills. Lorsque nous sortons d'un rve, il n'y a pas de raison logique
de ne pas penser que nous n'entrons pas dans un rve plus long qui s'appelle "vie
relle". La raison qui nous pousse considrer notre rve comme une fantaisie
et le monde comme "rel" n'est que le rsultat de nos habitudes et prjugs.
Ce qui conduit dire que nous pouvons
trs bien nous rveiller de la vie sur terre, que nous pensons vivre en ce moment,
tout comme nous sortons d'un rve. Cet aspect de la question est trs important
et ncessite absolument qu'on y rflchisse.
Pour vous, la ralit c'est tout ce
que l'on peut toucher des mains et voir des yeux. Dans vos rves, vous pouvez
aussi "toucher de vos mains et voir de vos yeux", mais en ralit vous n'avez
pas plus de mains que d'yeux, ni quoi que ce soit que l'on puisse toucher ou voir.
Il n'y a pas de ralit matrielle qui donne vie ces choses si ce n'est votre
esprit. Vous tes simplement l'objet d'illusions.
Qu'est-ce
qui spare la vie relle des rves? En fin de compte, les deux formes d'existence
prennent vie dans notre esprit. Si nous sommes en mesure de nous mouvoir aisment
dans un monde irrel dans nos rves, il en est de mme pour le monde dans lequel
nous vivons veills. Lorsque nous sortons d'un rve, il n'y a pas de raison logique
pour ne pas penser que nous n'entrons pas dans un rve plus long qui s'appelle
"vie relle".
La raison pour laquelle nous
considrons que notre rve est imaginaire et notre vie "relle" n'est que le rsultat
de nos habitudes et de nos prjugs. Ce qui conduit dire que nous pouvons trs
bien nous rveiller de la vie sur terre, que nous pensons vivre en ce moment,
tout comme nous sortons d'un rve.
Il
est donc utile d'aller plus loin dans la rflexion au sujet de l'exemple des rves.
Une personne peut prouver des vnements trs ralistes dans le rve. Elle peut
rouler en bas l'escalier et se casser la jambe, tre victime d'un srieux accident
de la route, tre crase sous un autobus, ou manger un gteau et tre rassasie.
Des vnements semblables ceux expriments dans nos vies quotidiennes sont
aussi vcus dans nos rves avec la mme intensit que dans la ralit, provoquant
au rveil les mmes sentiments en nous. Cela nous montre que les perceptions comme
le got, le ontact, ou le sentiment de solidit ne peuvent jamais tre la preuve
de l'existence relle de la matire car ces sentiments sont prouvs dans les
rves avec la mme acuit. Cependant, les matrialistes qui tiennent la matire
pour l'tre absolu n'arrivent pas du tout saisir cet aspect des choses. Et pour
prouver l'existence de la matire, ils citent les mmes exemples que ceux ci-dessus.
Selon leur raisonnement fourbe, le sentiment de douleur, lorsqu'ils donnent un
coup de pied une pierre ou sont gifls, le sentiment de satit quand ils mangent
un gteau, ou la fuite des gens la vue d'un autobus sur la chausse afin de
ne pas tre renverss, sont pour eux la preuve de l'existence de la matire. Le
point qu'ils n'arrivent pas comprendre consiste en ce que la douleur qu'ils
ressentent quand ils donnent un coup de pied une pierre, le got qu'ils obtiennent
quand ils mangent un gteau et les perceptions de duret et d'agonie physique
ressenties lors d'un accident d'autobus se forment aussi dans l'esprit.
Une personne qui rve qu'elle a t renverse par un
autobus peut ouvrir ses yeux dans un hpital nouveau dans son rve et comprendre
qu'elle est handicape, mais ce n'est qu'un rve. Elle peut aussi rver qu'elle
meurt dans un accident de voiture, les anges de la mort prennent son me et sa
vie dans l'au-del commence. (Ce dernier vnement est vcu de la mme manire
dans cette vie, qui, comme le rve, est une perception)
Cette
personne peroit trs brusquement les images, les sons, les sentiments de solidit,
la lumire, les couleurs et tous les autres sentiments se rapportant l'vnement
qu'elle vit dans son rve. Les perceptions de son rve sont aussi naturelles que
celles de la vie "relle". Le gteau qu'elle mange dans son rve la rassasie mme
si ce n'est qu'une perception ressentie dans le rve. Et, en ralit, cette personne
est couche dans son lit ce moment. Il n'y a aucun escalier, pas de circulation
ou de bus prendre en compte. La personne qui rve prouve et voit des perceptions
et des sentiments qui n'existent pas dans le monde externe. Le fait est que dans
nos rves, nous prouvons, voyons et ressentons les vnements sans corrlation
physique avec "le monde externe" et cela rvle trs clairement que "le monde
externe" de nos vies veilles consiste aussi totalement en de simples perceptions.
Que cela soit dans un rve, ou dans la vie quotidienne, toutes les choses que
l'on voit, prouve et ressent sont des perceptions.
Prenons
l'exemple de l'accident d'autobus: si les nerfs de la personne accidente, allant
de ses cinq sens son cerveau, taient connects au cerveau d'une autre personne,
avec une connexion parallle, l'heure o l'autobus la percute, il aurait aussi
touch, en mme temps, cette personne assise chez elle. Tous les sentiments vcus
par la victime de l'accident seraient prouvs par la personne assise chez elle,
exactement comme une chanson diffuse par deux haut-parleurs diffrents connects
au mme magntophone. Cette personne sentirait, verrait et prouverait le freinage
de l'autobus, l'impact des images de son entre en salle d'opration, la duret
du moule de pltre et la faiblesse de son bras.
Toute
autre personne relie aux nerfs de cet homme vivrait l'accident de son dbut
la fin. Si l'accident tombe dans le coma, elle tomberait dans le mme coma. Par
ailleurs, si toutes les perceptions se rapportant l'accident de la route taient
enregistres et si toutes ces perceptions taient transmises quelqu'un plusieurs
reprises, l'autobus le renverserait plusieurs fois.
Ainsi,
laquelle de ces propositions de bus percutant ces gens est-elle relle? La philosophie
matrialiste n'a aucune rponse cohrente cette question. La bonne rponse est
qu'ils prouvent tous l'accident de la route dans tous ses dtails dans leurs
propres esprits.
Le mme principe s'applique
aux exemples du gteau et de la pierre. Si les nerfs des organes des sens de la
personne, qui a prouv de la satit et senti son estomac plein aprs avoir mang
un gteau, taient relis en parallle au cerveau d'une autre personne, cette
dernire se sentirait aussi repue quand la premire personne mangeait son gteau
et tait rassasie. Si les nerfs du matrialiste, qui a senti la douleur au pied
alors qu'il donnait un violent coup la pierre, taient relis en parallle
une autre personne, celle-ci ressentirait la mme douleur.
Alors,
quel est le gteau (ou quelle pierre) rel? La philosophie matrialiste n'est,
nouveau, pas en mesure de rpondre de faon cohrente cette question. La rponse
correcte et cohrente est que les deux personnes ont mang le gteau dans leur
esprit et sont rassasies; et les deux personnes ont entirement prouv dans
leur esprit le moment o la pierre tait frappe.
Dans
ce cas, il n'est pas possible l'homme de transcender ses sens et de s'en librer.
Comme dans les exemples mentionns ci-dessus, il est possible de faire en sorte
d'exposer l'me d'un homme tous types d'vnements physiques bien qu'il n'ait
aucun corps physique, aucune existence matrielle et ne pse matriellement rien
du tout. Il n'est pas possible pour un tre humain de le comprendre, car il pense
que les images tridimensionnelles sont relles, tant certain de leur existence
car, comme tout le monde, il dpend de ses organes sensoriels. Il est aussi clairement
attest dans ces exemples qu'il n'y a aucune diffrence fondamentale entre des
rves et la vie relle. De ce fait, nous ne serons jamais srs que la vie que
nous menons en ce moment n'est pas une sorte de rve.
Pourquoi
ne peuvent-ils pas comprendre?
Le sujet que
nous avons expliqu jusqu'ici est une des plus grandes vrits jamais rvle
toute votre vie durant. En prouvant que le monde matriel dans son ensemble est
en ralit un "tre d'ombre", ce sujet est la clef la comprhension de la ralit
de Dieu et de Sa cration, mais aussi la comprhension qu'Il est le seul tre
absolu.
Celui qui comprend ce sujet se rend
compte que le monde n'est pas l'espce de lieu que la plupart des gens croient
tre. Le monde n'est pas l'endroit absolu o se mne une vraie existence comme
le supposent ceux qui errent sans but dans les rues, se battent dans les pubs,
se montrent dans les cafs luxueux, passent leurs vies en vaines discussions,
se vantent de leurs proprits, sont rattraps par leurs passions misrables et
gostes ou qui consacrent leurs vies des buts vains. Le monde n'est qu'un ensemble
de perceptions, qu'une illusion. Tous les gens auxquels nous avons fait allusion
plus haut, et peu importe les positions et rangs qu'ils occupent, ne sont que
des tres fantmes qui voient ces perceptions dans leur esprit et, cependant,
en restent inconscients.
Les vrits proposes ici sont aussi dfinitives qu'une
loi physique ou qu'une formule chimique. Lorsque ncessaire, les gens peuvent
rsoudre les problmes mathmatiques les plus difficiles et comprendre des sujets
qui semblent, priori, trs durs comprendre. Mais ds que l'on dit aux mmes
personnes que la matire n'est rien d'autre qu'une image forme dans le cerveau,
elles sont peu disposes l'accepter. C'est un cas extrme d'insouciance. Comprendre
le sujet en question est aussi facile que de rpondre des questions comme "combien
font deux fois deux?" ou "quel ge avez-vous?" ou aussi ais quelqu'un qui boit
un verre d'eau et aurait rpondre la question: "Avec quoi buvez-vous de l'eau?".
Car ce sont des faits compltement dmontrs aujourd'hui par la science.
Dans le domaine de la mdecine, si vous demandez un
spcialiste comment l'il fonctionne, il peut vous expliquer de faon dtaille
les sujets techniques que nous avons abords. Il ne reconnatra, cependant pas,
ce qui est vident en soi comme consquence de ces donnes techniques; il n'admettra
jamais que "effectivement, l'image est forme dans son cerveau, qu'il lui est
donc impossible d'avoir une ide de ce qui se passe l'extrieur". Et, si vous
demandez cette personne: "O est la lune?", elle regardera le ciel et dira:
"La lune est des millions de kilomtres". En fait, elle ne dira jamais: "La
lune est en ralit dans mon cerveau". Elle feint l'ignorance, parce qu'accepter
ce fait ou le reconnatre ouvertement la met face un autre fait d'une autre
nature. Si tout n'est qu'illusion forme dans le cerveau dont elle prend connaissance,
alors il y a un Crateur Qui lui permet de voir ces images.
C'est
la raison pour laquelle celui qui a pass de longues annes tudier, connu pour
avoir atteint le plus haut degr de spcialisation dans son propre domaine, de
qui beaucoup de gens prennent conseil sur divers sujets et qui se vante de son
intelligence, ne peut pas comprendre une ralit aussi vidente. Ce sujet rappelle
ce genre de personnes la religion, le souvenir de Dieu, Son infinie puissance
qui domine tout et qu'Il est le Propritaire unique de toutes choses. C'est pour
cette raison que Satan tente d'influencer les gens ne pas penser ce sujet.
C'est ainsi qu'il a agi avec les gens de Saba comme nous le rapporte le Qor'an,
" le Diable leur a embelli leurs actions, et les
a dtourns du droit chemin, et ils ne sont pas bien guids."
(Sourate Enneml - 27, verset 24), car Satan tente d'loigner les gens de cette
vrit.
Ceux qui subissent l'influence des suggestions
de Satan sont avilis et sont dans l'incapacit de voir la pure vrit qui est
face eux. Leur situation est semblable celui qui prtend que les images du
film sur l'cran"existent rellement" et tente mme
d'intervenir dans son droulement. Et, en ralit, il n'y a aucune diffrence
entre ceux-l et celui qui tend la main pour manger d'un plat de nourriture qu'il
voit la tlvision, le croyant rel. Il est vident que la condition de ceux
qui essayent de fuir ce sujet est "un cas extrme dinsouciance". En effet, leur
insouciance provient du fait de leur incroyance, privs qu'ils sont de la sagesse
de Dieu. Dans le Qor'an, il est dit que les incroyants "
ont des curs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas.
Ils ont des oreilles, mais n'entendent pas. Ceux-l sont comme les bestiaux, mme
plus gars encore. Tels sont les insouciants." (Sourate El A'araf - 7, verset
179)
Le message contenu dans le verset est un
miracle du Qor'an. En effet, Dieu fait rfrence, dans le Qor'an, des personnes
d'un trs haut niveau de connaissance, qui peuvent matriser des sujets techniques
mais ne peuvent saisir l'vidence concernant la nature relle de la matire bien
qu'elle leur soit dcrite de diverses faons. Les versets suivants annoncent mme
le destin qui les attend:
[Mais] ceux qui
ne croient pas, cela leur est gal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront
jamais. Allah a scell leurs curs et leurs oreilles; et un voile pais leur couvre
la vue; et pour eux il y aura un grand chtiment. (Sourate El Baqara - 2, versets
6-7)
D'un autre ct, il faut savoir que Dieu
permet certaines personnes de saisir ce sujet. Nanmoins, ceux qui fuient la
vrit aujourd'hui doivent savoir que ce fait scientifique pourrait voir, dans
un dlai de quelques annes, l'adhsion gnrale, partout dans le monde. Les gens
viendront certainement comprendre qu'ils vivent dans un monde imaginaire mis
en scne pour eux comme dans une pice de thtre. Et, un moment que Dieu a
dtermin, Il enlvera le voile des yeux des gens et leur montrera qu'Il est l'Etre
le plus proche d'eux, que toute chose, Sa seule exception, est "un rve". Tout
le monde comprendra dans sa totalit cette ralit du secret de la matire, ainsi
que d'autres vrits transmises par le Qor'an.
Conclusion
Le sujet que nous avons expliqu jusqu'ici est
une des plus grandes vrits qui vous sera jamais communique de toute votre vie.
Vous pourrez l'approfondir au moyen d'une rflexion
personnelle. Pour cela, vous devez vous concentrer, consacrer votre attention
et mditer sur la manire de voir les objets qui sont autour de vous et la faon
dont vous ressentez leur contact. Si vous y rflchissez attentivement, vous pourrez
sentir que l'tre intelligent qui voit, entend, touche, pense et lit ce livre
en ce moment n'est qu'une me, qui voit sur un cran les perceptions qu'on appelle
"matire". Celui qui saisit cela peut considrer qu'il s'est affranchi du monde
matriel, qui leurre la majeure partie de l'humanit, et tre entr dans le domaine
de la vraie vie.
Cette ralit a t comprise
par un certain nombre de distes et de philosophes travers les ges. Des intellectuels
musulmans comme l'Imam Rabbani, Mouhyiddin Ibn 'Arabi et Mawlana Jami l'ont comprise
partir des signes du Qor'an et en utilisant leur raison. Certains philosophes
occidentaux comme George Berkeley ont saisi la mme ralit par la raison. L'Imam
Rabbani a crit dans ses Maktubat (Lettres) que l'Univers matriel dans son ensemble
tait une "illusion et une supposition (perception)" et que le seul tre absolu
est Dieu:
"Dieu la substance de ces tres qu'Il
a crs est simplement le nant Il a tout cr dans la sphre des sens et des
illusions L'existence de l'Univers est dans la sphre des sens et des illusions
et ce n'est pas matriel En ralit, il n'existe rien l'extrieur, l'exception
du Glorieux Etre (Qui est Dieu)." 21
L'Imam Rabbani a clairement affirm que toutes les images
proposes l'homme ne sont que des illusions et qu'elles n'ont pas d'originales
"l'extrieur".
"Ce cycle imaginaire est interprt
dans l'imagination. Il est visualis au point o il en est dpeint, mais avec
l'esprit de l'il. A l'extrieur, il donne l'impression d'tre vu avec nos yeux.
Mais, ce n'est pas le cas. Il n'a pas de signifiant, et ne laisse aucune trace
l'extrieur. Aucune circonstance ne permet de le voir. Mme le visage d'une
personne reflte dans un miroir est identique. Il n'a aucune consistance l'extrieur.
Il ne fait aucun doute que sa consistance et son image sont dans l'IMAGINAIRE.
Et Dieu sait mieux." 22
Mawlana
Jami a expos le mme fait, qu'il a dcouvert en s'intressant aux signes du Qor'an
et en utilisant son intelligence: "Tous les phnomnes de l'Univers sont des sensations
et des illusions. Ils sont soit comme des reflets dans les miroirs ou des ombres".
Cependant, le nombre de ceux qui ont compris
cette ralit travers l'histoire a toujours t restreint. Les grands savants,
l'image de l'Imam Rabbani, ont affirm qu'il pourrait tre plus sage de ne pas
en informer les masses, parce que la plupart des gens ne sont pas en mesure d'en
comprendre le sens.
A l'poque o nous vivons,
cela est tabli comme un fait empirique par l'ensemble des preuves cumules par
la science. Le fait que l'Univers est un tre d'ombre est, pour la premire fois
dans l'histoire de l'humanit, dcrit d'une faon aussi concrte, claire et explicite.
Et pour cette raison, le 21me sicle sera un
tournant historique, ds le moment o tout le monde comprendra les ralits divines.
Tous seront conduits par foules entires vers Dieu, le seul Etre Absolu. Les credo
matrialistes du 19me sicle seront relgus aux oubliettes de l'histoire, l'existence
de Dieu et Son pouvoir crateur seront admis. L'"a-spacialit" (l'inexistence
de l'espace) et l'intemporalit seront comprises; bref, l'humanit rejettera les
voiles, les leurres et les superstitions sculaires qui l'ont embrouille.
La marche de l'histoire ne saurait tre dtourne de
son cours par n'importe quel tre d'ombre.
1.
Orhan Hanerlioglu, Dsnce Tarihi (History of Idea), Remzi Kitabevi, Istanbul:
1987, p.432 2. Orhan Hanerlioglu, Dsnce Tarihi (History of Idea), Remzi
Kitabevi, Istanbul: 1987, p.447 3. Frederick Vester, Denken, Lernen, Vergessen, vga, 1978, p.
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