| LE PROPHTE JSUS (PSL)
 |
Le
plus vieux
manuscrit de Nouveau Testament jamais
retrouv
(125 aprs J.-C.). Le Nouveau Testament
tait
alors crit en grec, qui tait parl
dans la partie
orientale de l'Empire. |
Les messagers envoys par Dieu
pour avertir
les hommes et leur porter la bonne annonce de
l'au-del
durent faire face au cours de leur mission
de nombreux
obstacles, ainsi qu' l'hostilit des
mcrants qui
voulaient les empcher de prcher la religion
de Dieu.
Ces mcrants pensaient qu'ils pourraient
dtourner
les gens de la voie des prophtes en
multipliant les
complots, les calomnies et toutes sortes de
perscutions.
Jsus (psl) ne fait pas exception la rgle et
endura toutes
les preuves auxquelles taient habituellement
confronts
les messagers. Ainsi, il fut soumis aux
attaques de
l'autorit occupante romaine paenne et de
l'lite religieuse
juive. Il lutta contre ces deux puissances
hostiles
la religion authentique, en dpit du faible
nombre
de croyants qui le soutenaient.
La naissance miraculeuse de Jsus (psl)
(psl),
son enseignement de la religion authentique,
les miracles
qu'il accomplit, amenrent certaines personnes
de son
poque reconnatre en lui le Messie tant
attendu et
lui porter un amour fervent. Cet amour, et
la critique
justifie qu'il exprimait vis--vis de
l'tablissement
juif, conduisirent ce dernier, ainsi que les
autorits
romaines, conspirer contre lui et attenter
sa
vie. Mais Dieu rduisit leur complot nant
en l'levant
auprs de Lui.
Avant d'tudier plus en dtail la
vie et
le combat de Jsus (psl), il est utile de voir ce
que disent
les diffrentes sources dont nous disposons
son sujet.
Nos sources sur la vie de
Jsus (psl)
La vie de Jsus (psl) nous est connue
travers
diffrentes sources. La premire est le Coran,
qui n'a
connu aucune altration depuis sa rvlation
et ne contient
aucune contradiction. Pour cette raison, les
informations
apportes par les autres sources ne seront
prises en
compte que dans la mesure o elles ne
contredisent pas
le Coran. Pour les points qui ne sont pas
sujets contradiction
avec le Coran, comme les donnes historiques
ou archologiques,
l'on utilisera la Bible et les autres sources
de cette
poque. Les hadiths du Prophte Mohammad ainsi
que les
commentaires et explications des savants
islamiques
constituent des sources prendre en compte
galement.
La Bible, il est vrai, est une
source importante,
tant donn qu'elle livre de nombreuses
informations
sur la vie de Jsus (psl), mais les altrations
qu'elle a
connues lui ont fait perdre son authenticit.
Certaines
parties sont conformes la religion vritable
mais
d'autres passages sont compltement forgs.
C'est pourquoi
parmi les mentions bibliques de la vie de
Jsus (psl) relatives
ses enseignements et son combat, seules
celles qui
ne contredisent pas le Coran doivent tre
considres
comme des documents historiquement fiables.
On estime que la rdaction du
Nouveau Testament
dbuta 30 ou 40 ans aprs la mort de Jsus (psl), en
l'an
63 de l're chrtienne. Mais ces premiers
crits ne
nous sont pas parvenus. Les plus anciens que
nous ayons
notre disposition datent des troisime et
quatrime
sicles. Les lettres de Paul, qui ont donn au
Christianisme
sa forme actuelle, furent crites avant le
Nouveau Testament
(52-63 aprs J.-C.)
Par ailleurs, des historiens
comme Flavius
Josphe (37-100? aprs J.-C.), Philo (20 avant
J.-C.-50),
et Tacite (56-120 aprs J.-C.) ont consacr de
brefs
chapitres de leurs uvres la question. Mme
s'ils
n'ont pas beaucoup crit sur la figure de
Jsus (psl) en tant
que telle, leurs crits contiennent des
informations
trs utiles sur la priode. Enfin, les
fouilles archologiques
ont permis de mieux connatre le contexte dans
lequel
vcut Jsus (psl) et les vnements qui eurent lieu
son
poque.
La Palestine l'poque de
Jsus (psl)
|
Une
peinture
reprsentant les jardins suspendus de
Babylone,
l'une des sept merveilles du monde
antique |
Du vivant de Jsus (psl), le bassin
mditerranen
tait entirement sous domination romaine.
L'Empire
romain tait alors son apoge sur le plan
militaire
et culturel. Il avait hrit en effet des
apports de
la civilisation grecque et s'en tait servi
pour porter
les arts et notamment l'architecture un haut
niveau
de progrs. Il n'est pas surprenant de voir
que les
Romains de l'poque se considraient comme
suprieurs
toutes les autres nations et voulaient
imposer leur
mode de vie aux pays conquis.
La religion romaine tait
polythiste.
Les dirigeants de Rome utilisaient cette
pluralit religieuse
pour asseoir leurs ambitions et ne s'y
attaquaient pas
tant que cela n'interfrait pas avec leurs
intrts
politiques et la prennit de l'Empire. Au
contraire,
ils encourageaient ces croyances religieuses
en faisant
construire des temples et riger des statues
partout
dans l'Empire. leurs yeux, la religion tait
un outil
servant inspirer la loyaut au peuple et
le contrler.
Ce n'tait qu'un concept abstrait qui n'tait
que trs
indirectement reli au monde.
Le pays o Jsus (psl)
vit le
jour tait une nation de faible importance.
Elle se
trouvait la priphrie des grands empires
antiques
qui se faisaient continuellement la guerre:
l'gypte,
l'Assyrie, Babylone, la Perse et la Syrie.
Dans ces
conditions, elle ne pouvait garder longtemps
son indpendance:
partir de l'expulsion de Babylone (586-538
avant J.-C.)
les Juifs se retrouvrent sous domination
trangre.
l'poque hellnistique (3),
ils furent domins par les gyptiens, puis les
Syriens
et enfin par les Romains. Ce n'est que plus
tard qu'ils
purent tablir un royaume juif autonome. Les
Maccabes,
grande famille sacerdotale, organisrent une
rbellion
(167-142 avant J.-C.) qui aboutit la
cration d'un
royaume juif qui dura 80 ans. La famille
rgnante, les
Asmonens, exerait une grande influence mais
le royaume
ne survcut pas aux farouches rivalits qui
divisaient
ses membres. Le gnral romain Pompe, qui
avait obtenu
la cessation des combats entre les factions en
guerre
entra en Palestine en prenant Jrusalem en 63
avant
J.-C. et rduisit l'tat juif la province de
Jude.
Le roi asmonen Hyrcan II jouissait d'une
autonomie
rduite sous le contrle du gouverneur romain.
partir
de ce moment-l, le ressentiment l'gard de
ce gouvernement
paen ne fit que crotre au sein de la
communaut juive.
En 37 avant J.-C., Rome abolit ce royaume et
nomma Hrode
Ier (Hrode le Grand), le gendre d'Hyrcan II,
nouveau
"roi de Jude".
Le souci principal des autorits
romaines
en Palestine tait de collecter les impts.
Les Juifs
s'taient vu imposer de lourds impts et Rome
avait
organis une machine d'tat qui lui tait
loyale. Hrode
1er (73-4 avant J.-C.), connu pour son
admiration pour
la culture hellnistique fit en sorte de se
faire proclamer
roi des Juifs avec l'aide de Rome et en
profitant des
difficults de Rome et du changement dans le
paysage
politique qui avait beaucoup volu depuis
l'assassinat
de Csar (44 avant J.-C.). Il tendit le
territoire
de la province juive jusqu' occuper toute la
Palestine.
 |
la fin du premier sicle de l're
chrtienne,
Rome contrlait une grande partie de
l'Europe
de l'ouest, de l'Afrique du nord et de
l'Asie
de l'ouest. L'Empire tait bien desservi
par un
rseau routier et portuaire qui favorisa
l'essor
du Christianisme. (Ci-dessus: l'Empire
romain
en 117.) |
Hrode Ier gouverna la Palestine
avec le
soutien de Rome de 37 4 avant J.-C. Aprs sa
mort,
Rome ne tint aucun compte de la requte des
Juifs qui
refusaient de voir rgner une dynastie issue
d'Hrode
et divisa la province entre ses fils. L'un
d'eux, Hrode
Antipas fut nomm ttrarque de Galile par
Rome et il
rgna de 4 avant J.-C. 39 aprs J.-C. Selon
les sources
historiques, le ministre de Jsus (psl) eut lieu
sous le
rgne de cet homme qui tait au moins aussi
tyrannique
que son pre.
Comme nous l'avons dit
prcdemment, les
Romains ne s'immisaient pas gnralement dans
les affaires
juives. Mais tous les gouverneurs romains
n'adhraient
pas ce principe. Ponce Pilate en
particulier, le procurateur
en place l'poque de Jsus (psl) tait de ceux-l.
Son gouvernement
(26-36 aprs J.-C.) fut marqu par la tyrannie
et la
cruaut, ce qui entrana son dpart.
|
D'aprs
l'vangile
selon Matthieu, Jsus (psl) naquit
lorsqu'Hrode Ier
(Hrode le Grand) rgnait sur la
Palestine (37-4
avant J.-C.). La forteresse d'Hrode,
qui est
un sanctuaire qui lui est ddi fut
construite
8 km au sud de Jrusalem: elle
comprenait un
palais o Hrode fut incinr. Mais sa
tombe n'a
toujours pas t retrouve. |
Les sectes juives l'poque
de Jsus (psl)
Les Juifs taient confronts un
autre
problme: les querelles des diffrentes sectes
juives.
Jusqu'au deuxime sicle avant J.-C., un tel
problme
ne s'tait jamais pos. Mais pendant le sicle
qui prcda
la venue de Jsus (psl), les Juifs se divisrent et
adoptrent
diffrentes conceptions propos de l'essence
et de
la vritable signification du Judasme. Outre
les livres
de l'Ancien Testament et les diffrentes
interprtations
des lois religieuses, des facteurs politiques
nouveaux
et surtout l'immixtion de Rome, jourent un
grand rle
dans le dveloppement du sectarisme. Lorsqu'on
lit les
crits de l'poque, ceux notamment de Flavius
Josphe,
le fameux historien, on voit que plusieurs
courants
de pense existaient alors au sein du peuple
juif.
Quatre coles de pense taient
particulirement
influentes. L'une d'entre elles tait celle
des Sadducens,
qui s'taient allis au gouvernement romain,
et de ce
fait taient progressivement devenus la classe
puissante
et la plus fortune. Ce courant prvalait chez
les Juifs
aiss et pouvait tre compar un parti
politique.
Ses lois religieuses taient inspires des
cinq premiers
livres de l'Ancien Testament, la Torah, qui
taient
interprts selon une perspective
exclusivement pratique:
les Sadducens rejetaient en effet des dogmes
aussi
fondamentaux que l'existence d'une vie aprs
la mort,
de l'enfer et du paradis. Leur dmarche tait
diamtralement
oppose celles des Pharisiens,
"conservateurs", qui
menaient en gnral un train de vie plus
modeste. Le
courant pharisien avait t fond par des
religieux
qui avaient jou un rle important dans la
prservation
et la dfense de la foi juive. Mais plus tard
des scissions
entre les Pharisiens avaient surgi.
Les Zlotes formaient le
troisime groupe
et se distinguaient par leur appel une
rsistance
arme contre Rome et les Juifs collaborateurs.
Ils se
mirent organiser des attentats et autres
actes de
violence envers les autorits romaines et
juives qu'ils
considraient comme tant ennemies de la loi
divine.
Mais leur mouvement s'teignit rapidement.
Enfin, il
y avait les Essniens qui se consacraient
l'adoration
et la mditation dans des grottes et qui
nous sont
aujourd'hui mieux connus grce aux manuscrits
de la
Mer morte dcouverts en 1947. Selon certains
chercheurs,
il s'agissait d'une branche du Pharisasme.
Comme nous
le verrons dans les chapitres suivants, il
semble y
avoir un consensus chez les chercheurs sur le
fait que
les Essniens taient trs proches de Jsus (psl).
D'aprs les sources historiques
et certains
passages bibliques, Jsus (psl) s'tait lanc dans
une grande
lutte farouche contre les mouvements idoltres
et paens
et prchait la religion de Dieu au moyen de
paraboles
persuasives.
Les Essniens et les
Manuscrits de la Mer
morte
la diffrence des autres
groupes, les
Essniens taient des gens plus pieux, plus
ports vers
le domaine spirituel. Ils partageaient la mme
croyance
que le peuple: le Messie viendrait bientt, il
corrigerait
les drives des Enfants d'Isral et librerait
la Terre
Sainte de l'occupation romaine. Les membres de
cette
secte taient totalement hostiles la
civilisation
hellnistique et l'autorit romaine et
s'efforaient
de vivre selon la loi mosaque. Ils
s'isolaient du monde
extrieur en vivant dans des grottes dans
l'arrire-pays
jordanien et en passant leurs temps
travailler sur
les critures afin d'attendre le Messie dans
la ferveur
et le recueillement.
 |
Les premiers manuscrits appartenant aux Essniens
furent trouvs dans des jarres scelles.
Les premiers
manuscrits trouvs dans la grotte no.
11. |
Flavius Josphe leur a consacr
des passages
dans son uvre, mais lorsque les savants se
rendirent
compte que les manuscrits dcouverts en 1947
dans les
grottes de Qirbet Qumran prs du rivage
occidental de
la Mer morte appartenaient aux Essniens, ils
devinrent
le groupe le mieux connu de tous et
l'interprtation
des manuscrits accrut leur importance
historique. Des
fouilles ultrieures ont permis la dcouverte
de 600
manuscrits et d'autres crits en aramen,
hbraque
et grec.
Ce groupe vivait dans l'attente
du Messie,
attente fonde sur la lecture de critures et
cherchaient
prparer son arrive. Ceci prouve bien que
la vraie
religion tait encore vivante et suivie,
malgr les
efforts entrepris pour en dtourner les gens.
L'attente du "sauveur" chez
les Juifs
L'Ancien
Testament contient
un certain nombre de mentions de la venue du
Messie.
Ces rvlations, sur lesquelles nous
reviendrons plus
tard, avaient un tel impact sur les gens que
le Messie
taient devenu pour eux gage de salut. Quand
Mamonide
(1135-1204), le fameux thologien juif qui
vivait en
Andalousie (Espagne musulmane) travailla sur
les dogmes
du Judasme, il consacra un de ses treize
articles de
foi la venue du Messie. On y lit: "Je
crois totalement que le Messie viendra, et,
mme s'il
tarde, je continue le croire."4
Selon le Judasme, Dieu enverra
un chef
aux Enfants d'Isral une poque o ils
seront au plus
bas sur le plan politique et religieux pour
les secourir
sur les deux plans. Ce chef, en tant que
Messie, apprendra
aux Enfants d'Isral croire exclusivement en
Dieu
et leur permettra de remporter la victoire
contre leurs
ennemis.
Certains livres de l'Ancien
Testament mentionnent
frquemment ce sauveur et dcrivent la vertu,
la justice
et la flicit qui rgneront son poque. Par
exemple;
le Livre d'sae voque le grand sens de la
justice
du Messie, sa crainte du Seigneur et sa
perspicacit,
ainsi que le bonheur qu'il apportera aux
Enfants d'Isral:
Puis un rameau sortira du tronc
d'sa,
et un rejeton natra de ses racines. L'esprit
de l'ternel
reposera sur lui: esprit de sagesse et
d'intelligence,
esprit de conseil et de force, esprit de
connaissance
et de crainte de l'ternel. Il respirera la
crainte
de l'ternel; il ne jugera point sur
l'apparence, il
ne prononcera point sur un ou-dire.Mais il
jugera les
pauvres avec quit, et il prononcera avec
droiture
sur les malheureux de la terre; il frappera la
terre
de sa parole comme d'une verge, et du souffle
de ses
lvres il fera mourir le mchant. La justice
sera la
ceinture de ses flancs... Le loup habitera
avec l'agneau,
et la panthre se couchera avec le chevreau;
le veau,
le lionceau, et le btail qu'on engraisse,
seront ensemble,
et un petit enfant les conduira. La vache et
l'ourse
auront un mme pturage, leurs petits un mme
gte;
et le lion, comme le buf, mangera de la
paille. Le
nourrisson s'battra sur l'antre de la vipre,
et l'enfant
sevr mettra sa main dans la caverne du
basilic. Il
ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma
montagne
sainte; car la terre sera remplie de la
connaissance
de l'ternel, comme le fond de la mer par les
eaux qui
le couvrent. (sae 11: 1-9)
Cette attente du Messie s'accrut
encore
sous le rgne tyrannique d'Hrode 1er.
Un
peu partout sur le territoire juif fleurirent
des mouvements
qui se prparaient pour son arrive et en
faisaient
l'annonce au peuple. Mais cette agitation
tait perue
comme une menace par les Romains et par Hrode
parce
qu'elle visait le pouvoir romain et
l'administration
juive. Un courant aussi puissant pouvait
inciter le
peuple tout entier se soulever contre la
domination
paenne. Pour prvenir ces dsordres, les
autorits
prirent des mesures. Selon la Bible, c'est
des fins
prventives qu'Hrode ordonna le meurtre de
tous les
garons juifs gs de deux ans et moins.
L'vangile
selon Matthieu dit:
Jsus (psl) tant n Bethlehem en
Jude, au
temps du roi Hrode, voici que des mages
[hommes sages]
d'Orient arrivrent Jrusalem, et dirent:
"O est
le roi des Juifs qui vient de natre? Car nous
avons
vu son toile en Orient, et nous sommes venus
pour l'adorer."
Le roi Hrode, ayant appris cela, fut troubl,
et tout
Jrusalem avec lui. Il assembla tous les
principaux
sacrificateurs et les scribes du peuple, et il
s'informa
auprs d'eux o devait natre le Christ. Ils
lui dirent:
" Bethlehem en Jude; car voici ce qui a t
crit
par le prophte: 'Et toi, Bethlehem, terre de
Juda,
tu n'es certes pas la moindre entre les
principales
villes de Juda, car de toi sortira un chef qui
patra
Isral, mon peuple'." Alors Hrode fit appeler
en secret
les mages, et s'enquit soigneusement auprs
d'eux depuis
combien de temps l'toile brillait. Puis il
les envoya
Bethlehem, en disant: "Allez, et prenez des
informations
exactes sur le petit enfant; quand vous
l'aurez trouv,
faites-le-moi savoir." Alors Hrode, voyant
qu'il
avait t jou par les mages, se mit dans une
grande
colre, et il envoya tuer tous les enfants de
deux ans
et au-dessous qui taient Bethlehem et dans
tout son
territoire, selon la date dont il s'tait
soigneusement
enquis auprs des mages. Alors s'accomplit ce
qui avait
t annonc par Jrmie, le prophte: on
entendit des
cris Rama, des pleurs et de grandes
lamentations:
Rachel pleure ses enfants, et n'a pas voulu
tre console,
parce qu'ils ne sont plus. (Matthieu 2: 1-8,
16-18)
Un des signes du Messie est qu'il
sera
un descendant de David, ce qui est le cas de
Jsus (psl) comme
le dit la Bible. (2 Timothe 2: 8)
Les sectes croyaient au Messie de
diffrentes
manires. Certaines pensaient que le Messie
serait un
prophte sauveur, non pas un tre surhumain
mais un
homme comme les prophtes David, Salomon, ou
Mose.
En d'autres termes, il serait un serviteur
loyal de
Dieu, quelqu'un qui, comme l'enseigne la
Bible, " respirera
la crainte de l'ternel" (sae 11: 3). Les
Essniens
annonaient qu'il accomplirait des miracles
lors de
sa venue: il relverait ceux qui sont tombs,
gurirait
les malades, librerait les esclaves et
rveillerait
les morts. Comme les Juifs voyaient d'aprs
les informations
dont ils disposaient que son arrive
approchait, de
nombreux groupes, dans le dsert et dans les
villes,
prparaient ce grand vnement.
Les opprims ont besoin d'un
sauveur
Le Coran voque plusieurs
reprises la
situation des hommes, qui, victimes de la
tyrannie et
de l'oppression, attendent un sauveur pour les
librer
de leurs peines. Notre Seigneur dit:
Et qu'avez vous ne pas
combattre dans
le sentier de Dieu, et pour la cause des
faibles: hommes,
femmes et enfants qui disent: "Seigneur!
Fais-nous sortir
de cette cit dont les gens sont injustes, et
assigne-nous
de Ta part un alli, et assigne-nous de Ta
part un secoureur."
(Sourate an-Nisa', 4: 75)
Ce verset dit que les nations
auxquelles
Dieu envoya des messagers connaissaient une
situation
sociale ou morale difficile avant l'arrive de
ces messagers.
Ceux qui les suivaient accdaient
l'abondance, l'aisance
et au bonheur. Mais aprs leur dpart,
certains revenaient
vers leurs bas instincts et se dtournaient de
la religion.
Ils se mettaient adorer des idoles qu'ils
associaient
au culte de Dieu. Dans le Coran, Dieu parle de
la loyaut
de Ses messagers, de leur sincrit et de leur
dvotion,
puis Il dcrit ceux qui abjurent la foi:
Voil ceux que Dieu a combls
de faveurs,
parmi les prophtes, parmi les descendants
d'Adam, et
aussi parmi ceux que Nous avons transports en
compagnie
de No, et parmi la descendance d'Abraham et
d'Isral,
et parmi ceux que Nous avons guids et
choisis. Quand
les versets du Tout Misricordieux leur
taient rcits,
ils tombaient prosterns en pleurant. Puis
leur succdrent
des gnrations qui dlaissrent la prire et
suivirent
leurs passions. Ils se trouveront en
perdition. (Sourate
Maryam, 19: 58-59)
Dieu rprimande ces gens car
ils s'taient
loigns de la religion et ne se demandaient
jamais
quelles fins ils avaient t crs, ni
quelles taient
leurs responsabilits envers leur Crateur.
Pour les
punir, Il leur a retir Sa bndiction et leur
a inflig
de lourdes preuves: "Et quiconque se dtourne
de Mon
rappel, mnera certes, une vie pleine de
gne..." (Sourate
Ta Ha, 20: 124)
|
Si les habitants des
cits avaient cru et avaient
t pieux, Nous leur aurions
certainement accord
des bndictions du ciel et de la terre.
Mais
ils ont dmenti et Nous les avons donc
saisis,
pour ce qu'ils avaient acquis.
(Sourate
al-A'raf,
7:96)
Or, jamais tu ne trouveras de changement
dans
la rgle de Dieu, et jamais tu ne
trouveras de
dviation dans la rgle de Dieu.
(Sourate Fatir,
35:43) |
Tout au long de l'histoire les
hommes soumis
des situations difficiles sur le plan social
ou politique
ont appel de leurs vux la venue d'un sauveur
qui corrigerait
les drives du systme et rtablirait la
justice, la
paix et la scurit, et les guiderait vers le
droit
chemin. Les socits modernes sont confrontes
aux mmes
difficults aujourd'hui: dclin, dcadence,
dgnrescence
morale. Les gens vivent dans une profonde
misre et
aspirent une vie plus morale et plus
heureuse. Par
le pass, Dieu envoya des sauveurs aux hommes
qui avaient
connu la dgradation sociale et leur accorda
une existence
pleine d'abondance, d'aisance et de richesse.
Dans le
verset suivant, Il rvle qu'Il comblera de
bienfaits
les hommes qui Le craignent et respectent les
limites
qu'Il a tablies:
Si les habitants des cits
avaient cru
et avaient t pieux, Nous leur aurions
certainement
accord des bndictions du ciel et de la
terre. Mais
ils ont dmenti et Nous les avons donc saisis,
pour
ce qu'ils avaient acquis. (Sourate al-A'raf,
7: 96)
Notre Seigneur nous rappelle une
vrit
capitale dans ce verset: la moralit est la
seule voie
qui puisse nous mener la srnit, au
bonheur, au
bien-tre et la prosprit. Il en tait
ainsi dans
le pass, il en sera de mme dans l'avenir. L
o la
moralit islamique est absente, il ne peut y
avoir de
justice, de scurit, ni de confiance. Telles
sont les
lois de Dieu, comme le dit ce verset:
Or, jamais tu ne trouveras de
changement
dans la rgle de Dieu, et jamais tu ne
trouveras de
dviation dans la rgle de Dieu. (Sourate
Fatir, 35:
43)
Nous vivons une poque de
dcadence, o
le dclin, moral comme matriel, atteint toute
chose;
la perversit spirituelle est monnaie
courante, l'instabilit
politico-sociale est devenue la norme et le
foss entre
riches et pauvres n'a jamais t aussi grand.
Parmi
les vrits que nous rvle le Coran, figure
celle-ci:
Dieu nous accorde toujours une issue au terme
de telles
priodes, la morale islamique rgnera un jour
sur le
monde et la vraie religion triomphera des
croyances
forges par l'homme:
Ils veulent teindre avec
leur bouche la
lumire de Dieu, alors que Dieu ne veut que
parachever
Sa lumire, quelque rpulsion qu'en aient les
mcrants.
C'est Lui qui a envoy Son Messager avec la
bonne direction
et la religion de la vrit, afin qu'elle
triomphe sur
toute autre religion, quelque rpulsion qu'en
aient
les associateurs. (Sourate at-Tawba, 9: 32-33)
Dieu a toujours assist les
peuples croyants
et continuera secourir Ses fidles car c'est
une promesse
qu'Il a faite Ses serviteurs fidles:
Ceux qui ont t expulss de
leur demeure,
- contre toute justice, simplement parce
qu'ils disaient:
"Dieu est notre Seigneur." - Si Dieu ne
repoussait pas
les gens les uns par les autres, les ermitages
seraient
dmolis, ainsi que les glises, les synagogues
et les
mosques o le nom de Dieu est beaucoup
invoqu. Dieu
soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa
religion).
Dieu est assurment Fort et Puissant, ceux
qui, si Nous
leur donnons la puissance sur terre,
accomplissent la
Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le
convenable
et interdisent le blmable. Cependant, l'issue
finale
de toute chose appartient Dieu. (Sourate
al-Hajj,
22: 40-41)
Le Prophte Jean (Yahya)
Selon le Nouveau Testament, Jean
(connu
comme Jean-Baptiste dans la tradition
chrtienne) commena
sa prdication peu de temps avant l'apparition
de Jsus (psl)
et il y annonait la venue prochaine du
Messie. Il devint
naturellement le plus fervent partisan de
Jsus (psl).
La naissance de Jean fut un
miracle comme
le relate le Coran:
... C'est un rcit de la
misricorde de
ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie.
Lorsqu'il
invoqua son Seigneur d'une invocation secrte,
et dit:
" mon Seigneur, mes os sont affaiblis et ma
tte s'est
enflamme de cheveux blancs. [Cependant], je
n'ai jamais
t malheureux [du] en te priant, mon
Seigneur.
Je crains [le comportement] de mes hritiers,
aprs
moi. Et ma propre femme est strile.
Accorde-moi, de
Ta part, un descendant qui hrite de moi et
hrite de
la famille de Jacob. Et fais qu'il te soit
agrable,
mon Seigneur." (Sourate Maryam 19: 1-6)
Le rcit de la naissance de Jean
dans l'vangile
selon Luc est conforme au contenu de ces
versets. (Luc,
1: 11-16)
Jean tait un serviteur loyal
craignant
Dieu et un guide pour son peuple. Dieu fait
son loge
dans le Coran en ces termes:
... " Yahya [Jean], tiens
fermement au
Livre (la Thora)!" Nous lui donnmes la
sagesse alors
qu'il tait enfant, ainsi que la tendresse de
Notre
part et la puret. Il tait pieux, et dvou
envers
ses pre et mre; et ne fut ni violent ni
dsobissant.
Que la paix soit sur lui le jour o il naquit,
le jour
o il mourra, et le jour o il sera ressuscit
vivant!
(Sourate Maryam, 19: 12-15)
Jean, que le Nouveau Testament
qualifie
aussi de serviteur loyal de Dieu, tait un
croyant plein
de crainte envers son Dieu. Il mettait les
Juifs en
garde contre leur vanit, les invitait
suivre la loi
divine et s'abstenir de commettre des
pchs. L'vangile
selon Luc rapporte une conversation entre Jean
et des
Juifs qui taient venus l'couter:
Il disait donc ceux qui
venaient en foule
pour tre baptiss par lui: "Race de vipres,
qui vous
a appris fuir la colre venir? Produisez
donc des
fruits dignes de la repentance, et ne vous
mettez pas
dire en vous-mmes: 'Nous avons Abraham pour
pre!'
Car je vous dclare que de ces pierres Dieu
peut susciter
des enfants Abraham. Dj mme la cogne est
mise
la racine des arbres: tout arbre donc qui ne
produit
pas de bons fruits sera coup et jet au feu."
La foule
l'interrogeait, disant: "Que devons-nous donc
faire?"
Il leur rpondit: "Que celui qui a deux
tuniques partage
avec celui qui n'en a point, et que celui qui a
de quoi
manger agisse de mme." Il vint aussi des
publicains
[collecteurs d'impts] pour tre baptiss, et
ils lui
dirent: "Matre, que devons-nous faire?" Il
leur rpondit:
"N'exigez rien au-del de ce qui vous a t
ordonn."
Des soldats aussi lui demandrent: "Et nous,
que devons-nous
faire?" Il leur rpondit: "Ne commettez ni
extorsion
ni fraude envers personne, et contentez-vous
de votre
solde." (Luc 3: 7-14)
Selon le Nouveau Testament, Jean
disait
ceux qui l'coutaient prcher que "le temps
est accompli"
(Marc 1: 15). Celui qui est prdit dans le
verset "il
vient aprs moi celui qui est plus puissant
que moi"
tait sur le point d'arriver (Marc 1: 7). |